Déforestation liée aux importations: l'UE 2e responsable mondial après la Chine

Entre 2005 et 2017, les huit principales économies de l'UE (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, France, Belgique et Pologne) ont été responsables de 80% de la «déforestation importée» du bloc. (Photo, AFP)
Entre 2005 et 2017, les huit principales économies de l'UE (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, France, Belgique et Pologne) ont été responsables de 80% de la «déforestation importée» du bloc. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 14 avril 2021

Déforestation liée aux importations: l'UE 2e responsable mondial après la Chine

  • Via ses importations de soja, d'huile de palme, de bœuf, mais aussi de produits du bois, de cacao et de café, l'UE a contribué indirectement à la disparition de 203 000 hectares de forêts tropicales
  • Le commerce international de produits agricoles a entraîné en 2017 l'élimination de 1,3 million d'hectares de forêt tropicale et l'émission de 740 millions de tonnes de CO2

BRUXELLES: Les importations de l'UE étaient responsables en 2017 de 16% de la déforestation liée au commerce international dans le monde, ce qui fait en le 2e plus gros responsable de «déforestation importée» du globe après la Chine, dénonce mercredi un rapport de WWF.

Via ses importations de soja, d'huile de palme, de bœuf, mais aussi de produits du bois, de cacao et de café, l'UE a contribué indirectement, en 2017, à la disparition de 203 000 hectares de forêts tropicales, converties en terres agricoles, selon l'organisation environnementale.

C'est l'équivalent de 116 million tonnes de CO2, soit le total des émissions de gaz à effet de serre émis par la Belgique la même année, précise le rapport, fondée sur l'analyse fine d'images satellitaires et de statistiques agricoles et commerciales.

Au total, le commerce international de produits agricoles a entraîné en 2017 l'élimination de 1,3 million d'hectares de forêt tropicale et l'émission de 740 millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent d'un cinquième des émissions de l'UE sur l'année.

Devant l'UE, les importations de la Chine représentaient 24% de cette déforestation. A l'inverse, l'impact était bien moindre pour les importations de l'Inde (9%), des Etats-Unis (7%) et du Japon (5%).

Entre 2005 et 2017, les huit principales économies de l'UE (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, France, Belgique et Pologne) ont été responsables de 80% de la «déforestation importée» du bloc, précise le rapport, la France causant à elle seule via ses importations la disparition de 26.300 hectares par an en moyenne.

«La déforestation tropicale et la conversion des écosystèmes associées aux importations sont une mesure quantifiable, et ne peuvent plus être ignorées», insiste Michael Lathuillière, responsable de l'équipe de «cartographie des chaîne d'approvisionnement» à l'Institut de l'environnement de Stockholm.

Ses données --qui ont nourri le rapport de WWF-- établissent «des liens clairs entre la consommation de l'UE, notamment de soja et de bœuf, et la disparition non seulement de forêts mais également de zones humides et prairies en Amérique du sud», insiste-t-il.

De fait, en 2018, quelque 23% des importations européennes de soja --essentiellement destinées à la nourriture d'élevage-- provenaient de la savane du Cerrado (Brésil/Paraguay/Bolivie), l'une des régions les plus menacées du continent, selon WWF.

«Pour l'heure, l'UE fait partie du problème, mais avec la législation appropriée, nous pouvons être une partie de la solution», soutient Anke Schulmeister-Oldenhove, responsable de l'ONG en charge des forêts.

Les eurodéputés ont voté en octobre un rapport réclamant à la Commisison européenne un tour de vis de l'UE contre la déforestation, en renforçant la traçabilité des produits susceptibles d'y contribuer et en exigeant que Bruxelles en tienne compte dans ses accords commerciaux.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.