France: Fatiha Gas, une spécialiste du numérique au ministère de la Justice

Fatiha Gas fait face à de nombreux obstacles avant de décrocher, quatre ans plus tard, un poste fixe dans une école d’ingénieur (Photo fournie)
Fatiha Gas fait face à de nombreux obstacles avant de décrocher, quatre ans plus tard, un poste fixe dans une école d’ingénieur (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 21 août 2020

France: Fatiha Gas, une spécialiste du numérique au ministère de la Justice

  • « Mon défi était de faire connaître les métiers du numérique et de travailler sur l’attractivité du secteur auprès des jeunes filles »
  • « À aucun moment je n’ai oublié que j’étais une femme dans un milieu d’hommes, et à aucun moment on ne m’a laissé oublier que j’étais d’origine algérienne »

Fatiha Gas, ex-directrice de l’École d’ingénieur en sciences et technologies du numérique (ESIEA), actuellement responsable Innovation et Prospective au ministère de la Justice, a entamé ses études supérieures à l’université de Bab Ezzouar à Alger. La Franco-Algérienne a poursuivi son cursus universitaire à Valenciennes en obtenant un diplôme d’études approfondies (DEA) en électronique appliquée à l’imagerie.

Titulaire d’un doctorat dans le domaine de la reconnaissance de formes et du traitement d’images, elle fait face à de nombreux obstacles avant de décrocher, quatre ans plus tard, un poste fixe dans une école d’ingénieur. « En plus de l’enseignement, je me suis occupée du département informatique, des programmes de formation et de tout le système d’information, nous confie Fatiha Gas. Dans cette école, j’ai développé des partenariats avec les entreprises, j’ai créé des programmes spécifiques de spécialisation et participé aux programmes d’échanges internationaux. »

Passionnée par son métier, Fatiha Gas avait pour ambition d’intégrer un grand groupe et de faire carrière à l’international. « À l’évidence, je n’y étais pas parvenue », nous raconte-t-elle. Mais, en quittant l’école, elle décide d’orienter sa carrière vers le conseil auprès des entreprises, des universités et des écoles pour « rapprocher ces deux mondes qui s’ignoraient », explique-t-elle.

En 2013, sollicitée par le directeur général d’un groupe d’études supérieures, elle est nommée à la direction de l’École d’ingénieur en sciences et technologies du numérique (ESIEA). « Une femme à la tête d’une école d’ingénieur dans le numérique c’est rare, mais c’est très utile pour attirer les jeunes filles. L’école avait besoin de se moderniser, mais aussi de se féminiser », nous confie-t-elle. 

Face aux défis

Fatiha Gas doit prendre ce double défi à bras-le-corps. Pour y parvenir, elle mène des actions à l’intérieur et à l’extérieur de l’École. Elle est présente sur tous les fronts et devient membre du bureau du programme Femmes du Numérique, une commission de Syntec Numérique ; pilote de la Commission diversité de la Conférence des Grandes Écoles ; membre du conseil d’administration et coprésidente de la Commission communication de Talents du Numérique. « Pour chacun de ces rôles, mon défi était de faire connaître les métiers du numérique et de travailler sur l’attractivité du secteur auprès des jeunes filles. Car elles étaient et restent peu nombreuses », nous confie-t-elle.

Pour changer le regard sur ce domaine et améliorer son attractivité auprès de la gent féminine, Fatiha Gas s’investit dans l’organisation de tables rondes et participe au pilotage du Plan mixité lancé par le gouvernement français. « Mon objectif restait le même : faire bouger les lignes, avoir de l’impact, contribuer au changement », confie-t-elle à Arab News en Français. 

Sa mission au sein de l’ESIEA prend fin en 2018. Fatiha se lance alors un nouveau défi : s’impliquer davantage dans la création de synergies des compétences et créer des partenariats dans le secteur de l’innovation et du numérique. « J’aime me lancer des défis et tirer les équipes vers le haut et j’aime ce que l’on peut faire avec le numérique pour faciliter la vie du plus grand nombre. Je suis restée une scientifique, mais je me suis intéressée au business et aux hommes », affirme-t-elle.

Finalement, c’est le ministère de la Justice qui lui confie la responsabilité de créer un laboratoire d’innovation, vecteur de transformations organisationnelles et numériques. « C’est un nouveau défi à relever, et de taille ! Ma mission couvre les partenariats avec les académies et les start-up, l’acculturation à l’innovation, au numérique et aux nouvelles méthodes de travail collaboratif et enfin l’accompagnement des agents pour la création de services numériques innovants à destination des usagers, ce que l’on appelle plus communément les start-up d’État ».


Un parcours semé d’embûches 

En conclusion, Fatiha rappelle que les différentes étapes de sa carrière n’ont pas été simples à franchir. « Raconté ainsi, mon parcours semble simple, facile. Il paraît couler de source, nous explique-t-elle. Pourtant, chaque étape a été semée d’embûches. Chaque poste a été arraché avec les dents, chaque gratification réclamée avec succès. Je n’ai rien obtenu facilement. Des personnes autour de moi m’ont aidée, ont facilité mon parcours, mais d’autres ont clairement été des freins à ma progression ou à mes objectifs. »

Pour expliquer les contraintes, Fatiha Gas revient sur le début de sa carrière : « Les débuts ont été durs, mais on apprend à serrer les dents et à “encaisser”. On apprend à détourner et à contourner, affirme-t-elle. À aucun moment je n’ai oublié que j’étais une femme dans un milieu d’hommes, et à aucun moment on ne m’a laissé oublier que j’étais d’origine algérienne. Un jour ou l’autre, cela revenait comme un boomerang. »

Fatiha Gas est convaincue que les défis sont les moteurs de la vie. Pour les relever « il faut faire confiance à son instinct, suivre son intuition, et s’accrocher. Pour toute porte qui se ferme, une autre s’ouvre. C’est une affaire d’équilibre. »

La scientifique, qui refuse le déterminisme, aime à croire qu’on peut refuser « ces cases dans lesquels la société nous met et dont elle nous empêche de sortir parce qu’elle a décidé que c’était celle-ci et pas une autre ». Elle se décrit comme une femme « foncièrement indépendante avec un esprit libre ». « Je veux pouvoir décider par moi-même. C’est dur parce que les murs et les obstacles sont là. Mais c’est dans cet esprit que je continuerai de relever les défis et d’influer », souligne-t-elle.

Enfin, Fatiha Gas souhaite transmettre un message fort pour encourager les jeunes, issus notamment de l’immigration ou des quartiers défavorisés, à avoir confiance en eux, en leur potentiel. « Ils doivent travailler et s’accrocher pour atteindre leur objectif. Rien n’est donné. Rien n’est facile. Ceux qui réussissent travaillent dur. Ils ne doivent laisser personne leur dire ce qui est bien ou pas pour eux, comme : “fais un bac pro, c’est largement assez bien pour toi”, “un bac S, n’y pense même pas, ce n’est pas pour toi !”, recommande-t-elle. Ces censures et autocensures viennent entraver le parcours des jeunes. » Bienveillante, elle délivre ce message : « Il faut contourner tout cela, aller de l’avant et ne jamais perdre de vue qu’“à cœur vaillant, rien d’impossible” », conclut-elle. 


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.


"La France vous aime", "l'Arménie avec l'Europe", clame Macron sur les lieux du séisme de 1988

Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron réaffirme à Gyumri l’amitié forte entre la France et l’Arménie, en évoquant la mémoire du séisme de 1988 et le soutien historique français
  • Il soutient une Arménie tournée vers l’Europe et la paix, malgré les tensions passées avec l’Azerbaïdjan, en insistant sur un partenariat durable

ARMENIE: "La France vous aime !", "l'Arménie avec l'Europe" : Emmanuel Macron a conclu mardi sa visite d'Etat dans cette ex-république soviétique sur un message appuyé d'amitié et pro-européen depuis Gyurmi, ville martyre du tremblement de terre de 1988.

"Personne n’a oublié ce jour de décembre 1988 où les horloges se sont arrêtées, où la ville a été touchée et où le monde s’est levé +pour toi Arménie+", a lancé le président aux milliers d'habitants réunis sur la place Vardanants, au coeur de la cité reconstruite, pour un concert franco-arménien.

Deuxième ville du pays, Gyumri a été détruite à 60% lors du séisme qui fit près de 26.000 morts le 7 décembre 1988. A proximité immédiate de la Turquie, elle abrite aussi toujours aujourd'hui une base russe, héritée de l'URSS.

"Pour toi Arménie", chanson emblématique écrite par Charles Aznavour pour les victimes du tremblement de terre, avait été entonnée juste avant sur scène par l'orchestre d'Etat et le Choeur académique national d'Arménie.

"L'héritage de Charles Aznavour demeure immense et précieux pour les peuples arméniens et français", a proclamé la présentatrice du concert entre deux interprétations.

Les artistes Patrick Fiori et Joyce Jonathan ont aussi ajouté à la touche française, avec en toile de fond des écrans géants aux couleurs de la France.

Le Premier ministre Nikol Pachinian, qui accompagnait le président, était aussi un peu en campagne dans cette ville symbole à un mois des élections législatives du 7 juin.

Les deux dirigeants se sont d'ailleurs prêtés à un long bain de foule après s'être inclinés devant le monument aux victimes du séisme sur une autre note de Charles Aznavour ("Emmenez-moi").

Le tremblement de terre avait alors eu une forte résonnance en France, pays qui abrite une importante diaspora arménienne (400.000 personnes).

La France "s’est mobilisée", dépêchant plus de 500 sapeurs-pompiers et militaires sur place, a rappelé Emmanuel Macron.

"Après l’enfer, après l’hiver, c’est un nouveau printemps", a-t-il salué, citant les paroles de "Pour toi Arménie", sans esquiver les "difficultés" du pays ces dernières années avec le long conflit territorial contre l'Azerbaïdjan, autre héritage de l'URSS.

Nikol Pachinian a conclu un accord de paix après la reconquête de l'enclave du Karabakh, majoritairement peuplée d'Arméniens, par Bakou en 2023, malgré le traumatisme ressenti dans la population.

"Comme Gyumri est là, avec ce nouveau visage, l’Arménie avance en paix, en stabilité, avec l’Europe", a estimé Emmanuel Macron sous les applaudissements.

"Comme nous étions là en décembre 1988, nous étions là dans les pires heures de 2020 (de la guerre, ndlr) et nous serons là aujourd'hui et demain à vos côtés. N'oubliez jamais que la France vous aime", a assuré Emmanuel Macron.