L'Australie veut se retirer d'un accord sur les Routes de la soie et enrage Pékin

Une vue de Sydney, Australie. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 22 avril 2021

L'Australie veut se retirer d'un accord sur les Routes de la soie et enrage Pékin

  • Les nouvelles Routes de la soie sont un vaste projet d'investissements dans les infrastructures inauguré en 2013 à l'initiative du président chinois Xi Jinping
  • Des projets pharaoniques qui inquiètent les rivaux régionaux de la Chine et les pays occidentaux qui y voient une manière pour Pékin d'augmenter son influence politique et économique

PEKIN : « Une provocation » : la Chine a fustigé mercredi la décision de l'Australie de vouloir révoquer un accord concernant le projet chinois des Routes de la soie, sur fond de vives tensions entre Pékin et Canberra.

Les nouvelles Routes de la soie sont un vaste projet d'investissements dans les infrastructures inauguré en 2013 à l'initiative du président chinois Xi Jinping. 

Il vise à améliorer les liaisons commerciales entre l'Asie, l'Europe, l'Afrique et même au-delà par la construction de ports, de voies ferrées, d'aéroports ou de parcs industriels.

Les projets sont financés via des investissements chinois ou des prêts de plusieurs centaines de milliards d'euros. 

Des projets pharaoniques qui inquiètent les rivaux régionaux de la Chine et les pays occidentaux qui y voient une manière pour Pékin d'augmenter son influence politique et économique.

L'Etat australien de Victoria a signé un accord pour se joindre à l'initiative chinoise.

La ministre australienne des Affaires étrangères Marise Payne a annoncé mercredi qu'elle le révoquerait, estimant qu'il est incompatible avec la politique étrangère de son pays, au moment où Canberra fait face à des tensions croissantes avec Pékin. 

La Chine a fustigé une décision « déraisonnable et provocatrice ».

Cela « montre que le gouvernement australien n'a aucune sincérité dans l'amélioration des relations » entre les deux pays, a regretté dans un communiqué l'ambassade de Chine en Australie.

Longue liste de griefs

Les relations bilatérales ont commencé à se détériorer en 2018, lorsque l'Australie a exclu le géant chinois des télécoms Huawei de la construction de son réseau 5G, au nom de la sécurité nationale.

Elles se sont depuis encore tendues lorsque le Premier ministre australien Scott Morrison a appelé l'an dernier à une enquête internationale sur les origines de l'épidémie de Covid-19. 

La Chine, premier pays touché par la pandémie, considère cette demande comme hostile et politiquement motivée.

Résultat, Pékin a pris ces derniers mois toute une série de mesures de rétorsion économique à l'encontre d'une dizaine de produits australiens, notamment l'orge, le boeuf et le vin.

Le vin australien est ainsi frappé par de lourdes surtaxes compensatoires, qui doublent voire triplent son prix depuis le mois dernier, à la suite d'une enquête antidumping.

Le dumping, dont Pékin accuse Canberra, est une pratique qui consiste notamment à vendre à l'étranger à des prix inférieurs à ceux pratiqués sur le marché national.

Avant le net refroidissement de leurs relations, l'Australie était en 2019 de loin le plus gros fournisseur de vin du géant asiatique. Et le pays bénéficiait d'une exemption de droits de douane.

Pékin invite par ailleurs les touristes et étudiants chinois à éviter l'Australie. Une recommandation justifiée par des incidents à caractère « raciste » contre des personnes d'origine chinoise.

« Accords incompatibles » 

A ce contexte tendu entre Pékin et Canberra s'ajoute un autre domaine de discorde : les médias.

Cheng Lei, une ex-présentatrice australienne de la télévision publique chinoise CGTN, est détenue depuis août au nom de la « sécurité nationale ». 

Deux reporters australiens, qui craignaient d'être arrêtés à leur tour, avaient fui le pays dans des conditions rocambolesques quelques semaines plus tard.

L'un s'était réfugié à l'ambassade d'Australie à Pékin, et l'autre au consulat d'Australie à Shanghai. Tous deux avaient reçu une convocation de la police et une interdiction formelle de quitter le territoire chinois. 

Canberra a adopté l'année dernière de nouvelles lois qui permettent d'annuler tout accord, considéré comme représentant une menace pour l'intérêt national, entre les représentants d'un Etat australien et des pays tiers. 

Mme Payne a estimé mercredi que des documents signés par l'Etat de Victoria avec la Chine en 2018 et 2019 entrent dans ces nouvelles prérogatives et peuvent donc être annulés. 

Ces accords sont « incompatibles avec la politique étrangère de l'Australie ou défavorables à nos relations étrangères », a affirmé dans un communiqué la cheffe de la diplomatie australienne.

Selon la constitution australienne, le gouvernement fédéral est responsable des affaires étrangères et de la défense. Les Etats et Territoires s'occupent quant à eux de domaines tels que la santé et l'éducation.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.