Plan de relance : la cavalerie européenne en ordre de bataille

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban (G) est accueilli par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans le bâtiment du Berlaymont au siège de l'UE à Bruxelles, le 23 avril 2021. (François WALSCHAERTS / AFP / POOL)
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban (G) est accueilli par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans le bâtiment du Berlaymont au siège de l'UE à Bruxelles, le 23 avril 2021. (François WALSCHAERTS / AFP / POOL)
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Publié le Samedi 24 avril 2021

Plan de relance : la cavalerie européenne en ordre de bataille

  • La justice allemande a levé mercredi un gros obstacle en rejetant un recours qui menaçait la ratification du projet par Berlin. Puis jeudi, le Portugal a été le premier pays à déposer son dossier
  • L'Espagne et l'Italie devraient être les principaux bénéficiaires avec près de 70 milliards d'euros chacune, devant la France

BRUXELLES : Accusée de lenteur, l'UE franchira une étape importante la semaine prochaine pour débloquer les milliards d'euros promis face à la pandémie : une douzaine de pays doivent soumettre à Bruxelles leur plan de relance avec l'espoir de versements dès juillet.

La justice allemande a levé mercredi un gros obstacle en rejetant un recours qui menaçait la ratification du projet par Berlin. Puis jeudi, le Portugal a été le premier pays à déposer son dossier. "Cela a été une très bonne semaine", se réjouit un haut responsable européen. 

La semaine prochaine, "une douzaine" d'autres plans nationaux de relance, des documents de 50.000 pages en moyenne, doivent être présentés, a précisé cette source, dont celui de la France mercredi.

Cette étape permet à la Commission de démarrer l'examen formel des projets d'investissements et de réformes de chaque pays, qui doit durer deux mois, avant un feu vert du Conseil européen représentant les Etats membres, qui nécessitera jusqu'à quatre semaines supplémentaires.

"Notre objectif reste d'adopter tous les plans d'ici l'été", a déclaré jeudi la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Si tout va bien, "nous verrons l'argent s'écouler en juillet", avec le versement de préfinancements représentant 13% des aides totales, assure-t-on à la Commission. Un an après l'accord historique des Vingt-Sept.

Un projet historique 

D'une ampleur inédite, avec 672 milliards d'euros de subventions et de prêts, le mécanisme financé pour la première fois par un recours commun à l'emprunt, incarne la solidarité européenne face à la crise du Covid-19.

Mais l'Europe souffre de la comparaison avec les Etats-Unis où des aides plus massives ont été débloquées plus vite, tandis qu'une campagne de vaccinations plus rapide a permis à l'économie américaine de prendre un temps d'avance.

D'où des critiques.

"Je constate que la cavalerie américaine arrive à temps, que l'argent il est là, il est aux Etats-Unis. J'aimerais que la cavalerie européenne arrive aussi à temps", s'était agacé début avril le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire.

Jeudi, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a encore insisté sur "l'urgence" à mettre en oeuvre le plan de soutien.

L'Espagne et l'Italie devraient être les principaux bénéficiaires avec près de 70 milliards d'euros chacune, devant la France (près de 40 milliards).

Ces dernières semaines, la Commission a mené des discussions difficiles avec les pays membres sur les projets nationaux qui doivent respecter des critères précis. Le dépôt des premiers dossiers montre que des blocages politiques ont été dépassés.

Sur le volet investissements, au moins 37% des investissements doivent concerner l'environnement, notamment la lutte contre le changement climatique, et 20% la transition numérique.

L'argent va permettre de financer la rénovation thermique de bâtiments, des projets ferroviaires, des bornes de recharge pour véhicules électriques, des réseaux de télécommunications à haut débit ou encore des infrastructures de stockage des données...

L'objectif est de moderniser l'économie européenne, qui souffre de sous-investissements.

Réformes structurelles 

Mais, pour s'assurer du bon usage des deniers publics, la Commission demande aussi aux Etats membres de s'engager sur des réformes structurelles, avec un échéancier détaillé sur deux ans, dont le respect conditionnera le paiement des aides.

Sont potentiellement concernées la réforme en cours de l'assurance chômage en France, une réforme du marché du travail en Espagne, des réductions de dépenses publiques en Italie... Des "recommandations spécifiques" formulées en 2019 et 2020 par le Conseil européen.

Les négociations avec des Etats membres sont toujours en cours. Elles semblent particulièrement difficiles avec la Hongrie, dont le Premier ministre Viktor Orban est venu rencontrer vendredi Ursula von der Leyen à Bruxelles.

Budapest avait menacé l'an dernier de bloquer le plan de relance européen, tentant en vain d'empêcher que le respect de l'Etat de droit, pour lequel il est critiqué, conditionne le versement des aides.

Les questions d'Etat de droit ou de corruption sont "des éléments tout à fait centraux" des réformes requises, a souligné vendredi un responsable européen.

M. Orban a grand besoin des 7 milliards de subventions allouées à la Hongrie. Mais il dispose d'un atout dans sa manche. Son pays fait partie des neuf Etats membres n'ayant pas encore ratifié le plan de relance européen. Or aucun paiement ne sera possible sans le feu vert de tous.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
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  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.