Sophie Scholl, icône de la Résistance allemande récupérée par les anti-masques

Le Premier ministre bavarois Markus Soeder est assis sous le buste de Sophie Scholl lors d'une commémoration à l'occasion du 100e anniversaire de l'antifasciste Sophie Scholl dans l'escalier de l'Université Ludwig Maximilian à Munich, le 7 mai 2021.  (Peter Kneffel / POOL / AFP)
Le Premier ministre bavarois Markus Soeder est assis sous le buste de Sophie Scholl lors d'une commémoration à l'occasion du 100e anniversaire de l'antifasciste Sophie Scholl dans l'escalier de l'Université Ludwig Maximilian à Munich, le 7 mai 2021. (Peter Kneffel / POOL / AFP)
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Publié le Samedi 08 mai 2021

Sophie Scholl, icône de la Résistance allemande récupérée par les anti-masques

  • Le 22 février 1943, cette jeune femme et son frère aîné, Hans Scholl, tous deux membres d'un petit groupe nommé la "Rose blanche", sont guillotinés à la prison bavaroise de Stadelheim, dans la foulée d'un procès expéditif
  • En 2003, les Allemands l'avaient désignée en quatrième position d'un classement des "meilleurs" d'entre eux, juste derrière Konrad Adenauer, Martin Luther et Karl Marx

BERLIN : "J'ai l'impression d'être Sophie Scholl car je résiste depuis des mois": l'étudiante allemande, née il y a 100 ans et exécutée par les Nazis, est devenue une icône que tente de s'approprier la mouvance anti-masques. 

Le 22 février 1943, cette jeune femme et son frère aîné, Hans Scholl, tous deux membres d'un petit groupe nommé la "Rose blanche", sont guillotinés à la prison bavaroise de Stadelheim, dans la foulée d'un procès expéditif.

Leur crime? Avoir jeté dans l'enceinte de l'université de Munich des tracts critiquant la guerre menée par le IIIe Reich. Protestants membres dans leur adolescence d'organisations nazies, ils étaient écœurés par les conflits menés par Adolf Hitler, en particulier à l'Est.

Plus que les autres membres du petit groupe, Sophie Scholl, née il y a tout juste 100 ans, le 9 mai 1921, est devenue une des personnalités les plus admirées en Allemagne. Les photos la montrant souriante, coupe de cheveux à la garçonne, sont reproduites dans d'innombrables documents pédagogiques, films, expositions.

Parmi les "meilleurs"

Des centaines d'écoles et de rues portent son nom dans tout le pays. En 2003, les Allemands l'avaient désignée en quatrième position d'un classement des "meilleurs" d'entre eux, juste derrière Konrad Adenauer, Martin Luther et Karl Marx.

Pas étonnant dans ce contexte que la classe politique se réfère volontiers à cette étudiante en biologie martyre du nazisme.

La candidate écologiste Annalena Baerbock, l'une des favorites pour la succession d'Angela Merkel à la chancellerie à l'automne, l'a récemment désignée parmi ses "héroïnes". Carola Rackete, ex-capitaine du navire de sauvetage de migrants Sea-Watch 3, a elle assuré que Sophie Scholl serait si elle vivait encore une "antifa", en lutte contre la xénophobie et l'extrémisme.

De l'autre côté du spectre politique, l'AfD n'avait pas hésité en 2017 à affirmer que la jeune femme "voterait" forcément pour ce parti d'extrême droite.

Cette tentative d'appropriation a trouvé un nouvel écho avec la pandémie et le mouvement anti-masques, très actif en Allemagne et peu rétif à l'utilisation de symboles du nazisme.

Des manifestants ont ainsi arboré des étoiles jaunes avec les mots "Non vacciné". D'autres, vêtus d'uniformes de prisonniers de camps de concentration, ont brandi des pancartes "La vaccination rend libre", détournement de l'inscription "Le travail rend libre" à l'entrée d'Auschwitz. Certains se sont comparés à Anne Frank, autre victime emblématique de la barbarie nazie.

"Les adeptes des théories conspirationnistes se fantasment dans un rôle de victime, visant à diaboliser et délégitimer le champ démocratique", explique à l'AFP Samuel Salzborn, référent de la ville de Berlin pour la lutte contre l'antisémitisme.

"Abomination"

Mais c'est la référence à Sophie Scholl qui revient avec insistance, culminant avec la vidéo, devenue virale, d'une manifestante affirmant à Hanovre en novembre depuis un podium être "comme Sophie Scholl" en résistant contre les restrictions. Cette comparaison avait suscité un tollé jusqu'au sein du gouvernement d'Angela Merkel.

Son portrait a été également brandi dans des rassemblements anti-restrictions. Cet amalgame est "une abomination", a réagi samedi le Comité international d'Auschwitz, estimant que Sophie Scholl restait "une épine dans la chair du peuple allemand".

"C'est une mauvaise utilisation du nom de Sophie Scholl", a de son côté réagi samedi dans la presse allemande le neveu de la résistante, Jörg Hartnagel, "rejetant clairement ces tentatives d'assimiler les manifestations contre les règles d'hygiène à la résistance".

Dans un pays où le terrorisme d'extrême droite est érigé en menace numéro un, avec un record de crimes et délits xénophobes et antisémites en 2020, ce type de récupération est perçu comme un symptôme alarmant par des chercheurs.

L'historien Jens-Christian Wagner, membre de la fondation de l'ancien camp de Buchenwald, ne cache pas son "inquiétude" devant la perte de "conscience historique" d'une partie des Allemands, que montre selon lui l'appropriation de Sophie Scholl.

"Il n'y a pratiquement plus de témoins contemporains" de l'époque nazie, souligne auprès de l'AFP M. Wagner. "Ils ne peuvent plus se défendre lorsqu'ils sont instrumentalisés ou lorsque l'extrême droite réécrit l'Histoire et le présent par une inversion de la culpabilité. Ca m'inquiète", confie-t-il.


Des pourparlers indirects en cours entre les États-Unis et l’Iran, dit le Pakistan

Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
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  • M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais du Pakistan"
  • "Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X

ISLAMABAD: Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar.

M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais de messages transmis par le Pakistan".

"Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X.

"Des pays frères comme la Turquie et l'Égypte, entre autres, apportent également leur soutien à cette initiative", a-t-il ajouté.

Les déclarations de M. Dar constituent la première confirmation officielle de la part d'Islamabad que le Pakistan joue un rôle de facilitateur.

Islamabad a été présenté comme un médiateur potentiel, compte tenu de ses liens anciens avec l’Iran voisin et avec les États-Unis, ainsi que de son réseau de contacts dans la région.

Le Premier ministre Shehbaz Sharif et M. Dar sont tous deux en contact régulier avec de hauts responsables du gouvernement iranien, ainsi qu'avec leurs alliés du Golfe, notamment l’Arabie saoudite.

Le puissant chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, est lui aussi impliqué dans ces efforts diplomatiques et a parlé au président américain Donald Trump dimanche dernier, ont indiqué des responsables.

Mais le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'avait "pas l'intention de négocier" et comptait "continuer à résister".

L'Iran veut "mettre fin à la guerre à ses propres conditions", a-t-il souligné. "Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation".


Trump affirme que l'Iran veut un accord pour mettre fin à la guerre

Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran. (AFP)
Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran. (AFP)
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  • "Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire" par crainte de "se faire tuer par les leurs"
  • "Ils ont aussi peur qu'on les tue", a lancé Donald Trump, au 27e jour d'un conflit qui embrase le Moyen-Orient et menace l'économie mondiale.

TEHERAN: Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran.

"Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire" par crainte de "se faire tuer par les leurs", a affirmé le président américain mercredi soir devant un parterre de parlementaires républicains réunis mercredi soir à Washington.

"Ils ont aussi peur qu'on les tue", a-t-il lancé, au 27e jour d'un conflit qui embrase le Moyen-Orient et menace l'économie mondiale.

Plus tôt dans la journée de mercredi, la Maison Blanche avait prévenu que Donald Trump était "prêt à déchaîner l'enfer" si Téhéran faisait "encore un mauvais calcul".

Aucune information n'est disponible sur le ou les dirigeants iraniens en charge des négociations évoquées par Washington.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'a "pas l'intention de négocier" et compte "continuer à résister".

Une proposition américaine pour faire taire les armes, qui, selon des médias américains et israéliens, contient quinze points, a été transmis à l'Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais.

"Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation", a noté M. Araghchi à la télévision d'Etat.

L'Iran veut "mettre la fin à la guerre à ses propres conditions", a-t-il souligné.

Les initiatives diplomatiques se sont multipliées ces derniers jours pour tenter de mettre un terme à une guerre devenue "hors de contrôle", selon les termes du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Sans toutefois d'ouverture diplomatique jusqu'ici, même si Pékin a dit jeudi voir "des signaux en faveur de négociations" émis à la fois par les Etats-Unis et l'Iran.

Le conflit sera au menu jeudi d'une réunion en France des chefs de la diplomatie du G7, qui ne seront rejoints que vendredi par l'Américain Marco Rubio.

"Ce qui m’inquiète le plus dans cette guerre, c’est qu’il n’y a pas eu de consultation, il n’y a pas de stratégie, il n’y a pas d’objectif clair et, le pire de mon point de vue, c’est qu’il n’y a pas de stratégie de sortie", a lâché le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius, en visite en Australie.

Installations détruites 

Sur le terrain, les attaques se poursuivent dans un sens et dans l'autre. Tôt jeudi, l'armée israélienne a indiqué avoir achevé des "frappes à grande échelle" sur des infrastructures non spécifiées dans plusieurs zones d'Iran, dont Ispahan dans le centre du pays.

Israël a également dit faire l'objet d'une nouvelle attaque de missiles iraniens. L'Arabie saoudite, le Koweït et Bahreïn, où les infrastructures énergétiques et les intérêts américains sont régulièrement ciblés, ont aussi dit faire face à de nouvelles attaques.

L'armée américaine a assuré avoir endommagé ou détruit "plus des deux tiers" des installations de production de drones et de missiles ainsi que des chantiers navals iraniens, et "92%" de la flotte iranienne.

Le quasi blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d'environ 60% des cours du brut depuis le début de l'attaque israélo-américaine le 28 février.

Jeudi, les cours du baril de pétrole, tant du Brent, référence mondiale, que du WTI, référence américaine, remontaient à nouveau après un léger repli la veille, alors que l'Iran a dit autoriser le passage de navires de pays "non-hostiles".

Dépendant quasiment entièrement de pétrole transitant par Ormuz, le Japon a annoncé jeudi devoir puiser pour la deuxième fois dans ses réserves stratégiques.

Israël poursuit par ailleurs son intervention contre le Hezbollah pro-iranien au Liban, où ses frappes ont fait plus d'un million de déplacés depuis que ce pays a été entraîné dans la guerre.

Jeudi, l'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été grièvement blessé mercredi par un tir de mortier tiré en direction de ses troupes au Liban.

 

 


Iran: Trump fait soudain miroiter une fin du conflit et un «changement de régime»

Donald Trump, ravissant les marchés et prenant de court la communauté internationale, a annoncé lundi que les Etats-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens non identifiés, parmi lesquels il espère trouver un futur dirigeant compatible avec Washington. (AFP)
Donald Trump, ravissant les marchés et prenant de court la communauté internationale, a annoncé lundi que les Etats-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens non identifiés, parmi lesquels il espère trouver un futur dirigeant compatible avec Washington. (AFP)
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  • Des médias iraniens, citant le ministère des Affaires étrangères, ont démenti lundi l'existence de négociations entre Washington et la République islamique
  • Donald Trump a précisé dans son message sur Truth Social que les discussions "continueraient cette semaine" et a surtout fait part d'un report "de cinq jours" de toute frappe sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran

PALM BEACH: Donald Trump, ravissant les marchés et prenant de court la communauté internationale, a annoncé lundi que les Etats-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens non identifiés, parmi lesquels il espère trouver un futur dirigeant compatible avec Washington.

Le président américain a parlé sur son réseau Truth Social de "très bonnes et productives discussions pour une cessation totale" des hostilités.

Interrogé par téléphone par l'AFP, il a assuré peu après que "tout se passait très bien" avec Téhéran.

Des médias iraniens, citant le ministère des Affaires étrangères, ont démenti lundi l'existence de négociations entre Washington et la République islamique.

Donald Trump a précisé dans son message sur Truth Social que les discussions "continueraient cette semaine" et a surtout fait part d'un report "de cinq jours" de toute frappe sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran.

Khamenei "indisponible" 

Après cette volte-face, il a longuement parlé aux journalistes avant de quitter la Floride pour un déplacement rapide à Memphis (sud), mais ses propos ont suscité plus de questions qu'ils n'ont apporté d'éclaircissements.

Il a évoqué des "points d'accord majeurs" lors de négociations menées sans le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qu'il a dit être "indisponible".

"Nous négocions avec des gens que je trouve très raisonnables, très solides (...) Ils sont très respectés et peut-être que l'un d’entre eux sera celui que nous cherchons", a-t-il dit.

"Il y a automatiquement un changement de régime" parce que "tous les représentants du régime ont été tués", a encore déclaré le président américain lors de ce dialogue au pied de l'avion.

Le milliardaire, comme souvent quand il évoque l'Iran, a donné l'exemple du Venezuela, où les Etats-Unis ont capturé l'ancien dirigeant Nicolas Maduro et traitent depuis avec l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez, qu'il présente régulièrement comme une interlocutrice "formidable".

Uranium enrichi 

Le républicain, coutumier des déclarations contradictoires, a aussi menacé de "continuer à bombarder allègrement" l'Iran si les discussions échouaient, et dit qu'il ne "garantissait rien" quant à une fin des hostilités, débutées le 28 février par des frappes israélo-américaines, suivies de ripostes iraniennes.

"Nous voulons l'uranium enrichi" des Iraniens, a aussi déclaré Donald Trump, mais sans préciser comment il comptait en prendre possession.

Son message sur Truth Social, écrit intégralement en lettres capitales, a eu au moins un effet immédiat, celui de faire baisser le cours du pétrole et grimper les marchés.

"JE SUIS CONTENT DE RAPPORTER QUE LES ETATS-UNIS D'AMERIQUE ET LE PAYS DE L'IRAN ONT EU, CES DEUX DERNIERS JOURS, DE TRES BONNES ET PRODUCTIVES DISCUSSIONS POUR UNE CESSATION TOTALE ET COMPLETE DE NOS HOSTILITES AU MOYEN-ORIENT", a annoncé Donald Trump sur sa plate-forme.

Il avait donné samedi à l'Iran un ultimatum de 48 heures pour rouvrir le détroit d'Ormuz avant de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, et n'avait pas fait état récemment de négociations.

Mines 

Il a précisé que le moratoire de cinq jours sur des frappes sur les sites énergétiques dépendait "DU SUCCES DES REUNIONS ET DES DISCUSSIONS EN COURS", en concluant son annonce par sa formule habituelle: "MERCI DE VOTRE ATTENTION".

Les dernières annonces venues auparavant du Moyen-Orient ne laissaient pas présager d'un apaisement.

Défiant l'ultimatum émis samedi par le président américain, l'Iran a menacé lundi de poser des mines navales dans le Golfe.

Tôt lundi, l'armée israélienne a elle annoncé mener "une large vague d'attaques" à Téhéran, où des agences iraniennes ont signalé des explosions. D'après Fars, les frappes ont touché le nord, le centre, l'est et l'ouest de la capitale.