En Amérique latine, les immigrés vénézueliens pris entre le marteau et l'enclume

Certains pays ont toutefois lancé des opérations d'intégration de leurs immigrés. (Photo, AFP)
Certains pays ont toutefois lancé des opérations d'intégration de leurs immigrés. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 15 mai 2021

En Amérique latine, les immigrés vénézueliens pris entre le marteau et l'enclume

  • Selon les statistiques, 3,1 des 5,5 millions d'immigrants sont sans papiers ou pas en règle
  • On accuse désormais les «Venecos» de l'insécurité, du chômage, des déficits publics, des problèmes dans les hôpitaux, et même des divorces

CARACAS: «La vérité sur les Vénézuéliens? Qu'on les vire tous comme des rats». Ce tweet fielleux est l'un de ceux recensés par le Baromètre de la xénophobie, mis en place par des universitaires et des ONG en Colombie pour suivre «la haine» contre les immigrés vénézuéliens.

Le rejet des Vénézuéliens qui ont émigré massivement de leur pays va grandissant en Amérique latine dans un contexte économique morose et de pandémie de coronavirus. 

Les départs de quelque 5,5 millions de vénézuéliens ont commencé après l'élection de Nicolas Maduro, héritier de Hugo Chavez décédé en 2013, et se sont intensifiés en 2014-2015. Le flux s'est ralenti mais ne s'est pas tari avec une hyperinflation synonyme de chute vertigineuse du pouvoir d'achat et huit années de récession économique.

«Au début, il y avait une immigration d'une classe moyenne, qui voyageait en avion, avait des papiers, des économies», explique Claudia Vargas Ribas, professeure de l'université Simon Bolivar de Caracas qui indique que la crise a ensuite poussé les classes pauvres vers une émigration plus précaire. 

«Le pire c'est le Pérou»

Selon les statistiques, 3,1 des 5,5 millions d'immigrants sont sans papiers ou pas en règle. 

«Quand ils venaient avec de l'argent on ne parlait pas des Vénézuéliens. Maintenant qu'ils travaillent au noir, sollicitent les services de santé ou d'éducation (...) il y a un certain rejet (...) des discours discriminants avec des traces de xénophobie», explique la chercheuse spécialiste des migrations.

On accuse désormais les «Venecos» d'être responsables de l'insécurité, de la délinquance, du chômage, des déficits publics, des problèmes dans les hôpitaux, et même des divorces !

Des discours xénophobes sont apparus au Chili, en Equateur, au Brésil, ou au Pérou.

Juan Emilio L., ouvrier vénézuélien de 31 ans, a fini par s'installer sans papiers au Chili après être passé par la Colombie, l’Equateur et le Pérou. 

«Ici au Chili, c'est plus fermé et c'est difficile d'avoir des papiers mais ils te laissent travailler et ne t'embêtent pas, ne te rejettent pas comme dans d'autres pays», raconte-t-il. 

«Le pire c'est le Pérou. Là-bas, ils ne peuvent pas nous voir même en peinture», dit-il. 

De nombreuses vidéos de Vénézuéliens se faisant insulter dans la rue circulent sur le web. 

Le Pérou, qui ne comptait que 60 000 Vénézuéliens avant la crise, en accueille désormais 1,2 million. 

Le président Pedro Pablo Kuczynski (2016-2018), actif sur le plan diplomatique contre le président Maduro, puis son successeur Martin Vizcarra, avaient ouvert les frontières aux Vénézuéliens. Mais depuis 2019, les autorités ont resserré la vis alors que le débat faisait irruption sur la scène politique. 

La lutte contre l’immigration a été au centre de la campagne présidentielle de 2021. Pedro Castillo, un nationaliste de gauche qui sera au deuxième tour le 6 juin, a promis d'expulser tous les clandestins dans les 72 heures suivant son éventuelle accession au pouvoir. «Que Maduro vienne chercher ses compatriotes délinquants (...) le 28 juillet (date de l'investiture), je prendrai un décret», a-t-il lancé.

La Colombie ou le Chili ont déjà médiatisé l'expulsion de Vénézuéliens en situation irrégulière ou ayant commis des délits.

Statut de réfugiés?

Claudia Vargas souligne l'écart entre le discours politique et la réalité des actes au Chili: «tu renvoies dans son pays une personne dont tu as dit dans ton discours politique qu'il courait un risque dans ce même pays». 

Certains pays ont toutefois lancé des opérations d'intégration de leurs immigrés. Ainsi, en Colombie, le président Ivan Duque, très hostile au pouvoir de Nicolas Maduro, a annoncé un plan de régularisation de près d'un million de migrants vénézuéliens.

La République dominicaine (11 millions d'habitants) espère régulariser les quelque 115 000 Vénézuéliens qu'elle considère comme une main d'oeuvre «qualifiée», selon le directeur de l'immigration Enrique Garcia, dans un pays où l'importante immigration haïtienne est décriée. 

La tendance reste la fermeture, estime Mme Vargas, citant la «militarisation de la frontière» équatorienne ou les exigences administratives comme «les passeports, les extraits de naissance, les timbres fiscaux», qui sont autant de «murs juridiques». 

Pour de nombreux observateurs et ONG, il faudrait accorder le statut de réfugiés aux immigrés vénézuéliens mais «cela représente une trop grande responsabilité juridique, politique et des moyens financiers que les pays n'ont pas», conclut-t-elle.

«Il faut que les pays assument l'option d'intégrer les Vénézuéliens, parce que l'immigration ne va pas s'arrêter tant que les causes demeurent». 


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"