Liban: funérailles d'un membre du Hezbollah tué par des tirs israéliens à la frontière

Des membres du mouvement Hezbollah soutenu par l'Iran, entourent le cercueil de Mohamad Kassem Tahan, un collègue tué un jour plus tôt par les bombardements israéliens à la frontière avec le Liban lors d'une manifestation contre le dernier assaut sur la bande de Gaza, lors de ses funérailles dans le sud Village libanais d'Adloun. (AFP)
Des membres du mouvement Hezbollah soutenu par l'Iran, entourent le cercueil de Mohamad Kassem Tahan, un collègue tué un jour plus tôt par les bombardements israéliens à la frontière avec le Liban lors d'une manifestation contre le dernier assaut sur la bande de Gaza, lors de ses funérailles dans le sud Village libanais d'Adloun. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 15 mai 2021

Liban: funérailles d'un membre du Hezbollah tué par des tirs israéliens à la frontière

  • Samedi dans son village natal d'Adloun, l'avenue principale était envahie par des portraits de Tahhan, représenté souriant devant une reproduction du dôme du rocher à Jérusalem
  • Des membres du Hezbollah en uniforme militaire ont porté le cerceuil recouvert d'un drapeau jaune du mouvement chiite

ADLOUN : Des centaines de personnes dans le sud du Liban ont participé samedi aux funérailles d'un membre du Hezbollah, tué la veille par des tirs israéliens à la frontière lors d'une manifestation contre l'Etat hébreu, a constaté une correspondante de l'AFP.

Mohammad Kassem Tahhan, 21 ans, a succombé vendredi à ses blessures dans un hôpital du Sud libanais. Selon l'agence nationale d'information ANI, "deux obus" tirés par l'armée israélienne s'étaient abattus près des manifestants, dont certains ont tenté de franchir la frontière entre les deux pays voisins toujours officiellement en guerre.

Samedi dans son village natal d'Adloun, l'avenue principale était envahie par des portraits de Tahhan, représenté souriant devant une reproduction du dôme du rocher à Jérusalem.

Des membres du Hezbollah en uniforme militaire ont porté le cerceuil recouvert d'un drapeau jaune du mouvement chiite, a constaté une correspondante de l'AFP.

Brandissant des drapeaux aux couleurs de la Palestine ou du mouvement chiite, les centaines de participants ont scandé des slogans de soutien à la cause palestinienne.

"Vers Jérusalem nous allons, Martyrs par millions", "Mort à Israël", "Nous répondrons à l'appel de Jérusalem", ont notamment scandé les participants, selon la correspondante de l'AFP.

Le puissant mouvement chiite, ennemi juré d'Israël qu'il a combattu à plusieurs reprises, a salué vendredi la mémoire de Tahhan, tombé "en martyr".

La manifestation à laquelle Tahhan participait était organisée pour dénoncer les bombardements israéliens contre la bande de Gaza et soutenir les Palestiniens de Jérusalem. Des dizaines de Libanais s'étaient rassemblés vendredi dans la plaine de Khiam, faisant face à la localité israélienne de Metoulla, de l'autre côté de la frontière.

L'armée israélienne avait indiqué que ses chars avaient "tiré des coups de semonce sur des émeutiers qui ont traversé du Liban vers le territoire israélien."

Samedi encore, sous le regard de soldats libanais mobilisés pour éviter tout débordement, des réfugiés palestiniens photographiés par l'AFP dans le sud du Liban ont manifesté près du village frontalier de Maroun al-Ras, commémorant la Nakba du 15 mai, qui marque pour les Palestiniens la "catastrophe" qu'a représenté la création de l'Etat Hébreu en 1948.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Short Url
  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Short Url
  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.