Danone a trouvé son nouveau patron: Antoine de Saint-Affrique

Le Français Antoine de Saint-Affrique prendra le 15 septembre la direction générale de Danone (Photo, AFP).
Le Français Antoine de Saint-Affrique prendra le 15 septembre la direction générale de Danone (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 18 mai 2021

Danone a trouvé son nouveau patron: Antoine de Saint-Affrique

  • L'ancien patron, Emmanuel Faber, a été désavoué au terme d'une fronde d'actionnaires combinée à des divisions au sein du conseil d'administration
  • Le nouveau directeur général du géant français du yaourt, de la nutrition infantile et des eaux en bouteille, aura la lourde tâche de retrouver le chemin de la croissance

PARIS: Le Français Antoine de Saint-Affrique prendra le 15 septembre la direction générale du géant français Danone, propriétaire des marques Actimel ou Evian et récemment ébranlé par une crise de gouvernance et l'éviction de son ex-PDG star, Emmanuel Faber.

Sa nomination a été actée lundi par le conseil d'administration deux mois après la réunion qui avait abouti au désavoeu définitif de son prédécesseur, au terme d'une fronde d'actionnaires combinée à des divisions au sein du conseil.

« La décision du conseil d'administration de ce soir est l'aboutissement d'un processus de sélection rigoureux », souligne le groupe dans un communiqué.

Le nouveau directeur général du géant français du yaourt, de la nutrition infantile et des eaux en bouteille, aux 100 000 salariés dans le monde, aura la lourde tâche de retrouver le chemin de la croissance.

Mais aussi de tourner la page d'une « crise de gouvernance douloureuse », selon les mots du président du conseil d'administration Gilles Schnepp, lors de l'Assemblée générale des actionnaires fin avril. 

« Je suis fier et honoré de rejoindre et de bientôt diriger une entreprise qui a toujours été une source d'inspiration pour moi », a déclaré de Saint-Affrique.

Il se dit aussi « impatient d'écrire, avec tous les Danoners [surnom des salariés de Danone], le comité exécutif et le conseil, le prochain chapitre de notre croissance et du développement de [la] mission d'entreprise » de Danone.

Jusqu'ici de Saint-Affrique, 56 ans, était directeur général du groupe zurichois Barry-Callebaut, qui fournit du cacao et des préparations à base de chocolat aux géants de l'alimentation que sont Unilever, Nestlé ou Mondelez ainsi qu'aux professionnels de la pâtisserie.

Son départ de ce géant du cacao avait été annoncé le mois dernier, alimentant les spéculations sur une arrivée prochaine chez Danone.

Avant cela, de Saint-Affrique a passé une grande partie de sa carrière dans la multinationale des produits de grande consommation Unilever, jusqu'à présider, de 2011 à 2015, sa branche alimentation. 

Il a aussi travaillé quelque temps chez Danone à la fin des années 1990, comme vice-président marketing de la société Amora Maille, alors propriété du groupe.

Profil rassurant

Son bilan chez Barry-Callebaut a été salué. Avec lui, le groupe a connu une phase d'expansion, aussi bien « en terme de croissance que de trésorerie », a souligné Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel.

De quoi présenter un profil rassurant aux actionnaires qui tenaient Emmanuel Faber pour responsable de performances commerciales et financières jugées insuffisantes.

Parmi eux, le fonds d'investissement américain Artisan Partners, troisième actionnaire de Danone avec environ 3% du capital, n'a pas souhaité commenter la nomination de son successeur.

Le fonds londonien Bluebell Capital Partners n'a pas non plus souhaité faire de commentaire. 

Soutenu par l'imminence de l'annonce, le titre de Danone a progressé dans la journée de 1,29% à la Bourse de Paris, à 58,29 euros, dans un CAC 40 en léger repli.

Faber - qui cumulait les fonctions de président-directeur général - avait été remplacé le 15 mars à la présidence du conseil d'administration par Gilles Schnepp. Et Danone s'était mis en quête d'un nouveau directeur général.

« Nous sommes unanimement convaincus qu'Antoine de Saint-Affrique est un leader exceptionnel du secteur des biens de consommation. Son parcours et son bilan en matière d'innovation et de résultats sont remarquables », affirme Schnepp, cité dans le communiqué. 

« Il aura toute la latitude qui est celle d'un directeur général pour apprécier et orienter la stratégie de Danone pour le futur », a ajouté Schnepp.

Les syndicats du groupe s'étaient inquiétés devant la déstabilisation puis le départ d'Emmanuel Faber, réputé prôner un capitalisme plus vert et plus social.

Depuis, le conseil d'administration a répété son adhésion au plan Local First initié par l'ex-PDG, qui réorganise les activités du groupe par régions et prévoit 1.850 suppressions de postes dans le monde, dont 458 en France.

Le conseil s'est aussi dit attaché au statut d' « entreprise à mission » de Danone, adopté l'an dernier, qui enjoint le groupe à poursuivre des objectifs extrafinanciers, notamment en matière de préservation de l'environnement. 


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

Short Url

Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.