Nancy Pelosi appelle à un «boycott diplomatique» des JO de Pékin

La présidente démocrate de la chambre basse du Congrès américain, Nancy Pelosi (Photo, AFP).
La présidente démocrate de la chambre basse du Congrès américain, Nancy Pelosi (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 19 mai 2021

Nancy Pelosi appelle à un «boycott diplomatique» des JO de Pékin

  • La présence de dirigeants mondiaux en Chine alors qu'un génocide est en cours est inacceptable pour la représentante démocrate
  • La répression des musulmans ouïghours du Xinjiang et des opposants politiques à Hong Kong figurent parmi les exactions commises par Pékin

WASHINGTON: La présidente démocrate de la chambre basse du Congrès américain, Nancy Pelosi, a appelé mardi à un « boycott diplomatique » des Jeux olympiques d'hiver 2022 à Pékin pour dénoncer les violations des droits humains en Chine.

« On ne peut pas faire comme si tout allait bien face à l'organisation des Jeux olympiques en Chine », a-t-elle affirmé lors d'une audition consacrée aux droits humains et à Pékin, au moment où les appels à boycotter les Jeux se multiplient aux Etats-Unis.

« Malheureusement, nous sommes ici parce que la Chine continue à écraser les dissidences politiques », a ajouté Pelosi, troisième personnage de l'Etat, ajoutant que les Etats-Unis se devaient de « dénoncer les violations des droits humains en Chine ».

« Faisons un boycott diplomatique si les jeux Olympiques sont organisés », a-t-elle dit.

« Ne faisons pas l'honneur au gouvernement chinois de recevoir des chefs d'Etat », a-t-elle expliqué.

La présence de dirigeants mondiaux en Chine « alors qu'un génocide est en cours (...) fait poser la question : ‘quelle autorité morale aurez-vous pour parler des droits humains partout dans le monde ?’ », a-t-elle demandé.

Pékin a déjà organisé les Jeux d'été en 2008.

Lors de cette audition, des militants des droits humains ont dénoncé la répression des musulmans ouïghours dans la région du Xinjiang et des opposants politiques à Hong Kong.

L'organisation des Jeux offre à des régimes autoritaires l'occasion « d'effacer leurs crimes, de stimuler leur image à l'étranger et de renforcer leurs alliances », a affirmé Samuel Chu, du Hong Kong Democracy Council, un groupe basé aux Etats-Unis.

Il a appelé le Comité international olympique à « faire ce qu'il n'a pas et refusé de faire avant, interdire à la Chine de participer et d'organiser des évènements majeurs indéfiniment ».

Rayhan Asat, un avocat d'origine ouïghoure dont le frère est actuellement détenu dans un camp de prisonnier a estimé que le soutien aux JO-2022 « suggèrent que nous nions la souffrance du peuple ouïghour ».

La directrice générale du Comité olympique américain (USOPC), Sarah Hirshland, a pour sa part plaidé contre un boycott, expliquant que les Jeux étaient importants dans le contexte de la fin de la pandémie.

« Le monde a passé plus d'un an isolé, en quarantaine, et inquiet », a-t-elle affirmé dans une lettre à la commission. La vue de « milliers de sportifs venus du monde entier devant la flamme olympique et paralympique marquera le moment de l'émergence après les difficultés de l'année passée ».

« Nous sommes troublés par la situation en Chine », a-t-elle admis, tout en estimant qu'un boycott sportif « n'était pas la solution aux problèmes géopolitiques ».

« Les boycotts des Jeux de 1980 et 1984 ont entaché l'histoire olympique et montré qu'utiliser les Jeux comme un outil politique était un erreur », a-t-elle ajouté.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.