Amazonie: Merkel fait volte-face sur l'accord UE-Mercosur

Le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et l'acteur américain Harrison Ford assitent à la Conférence Protection Amazonie à l'ONU, le 23 septembre 2019. (Ludovic MARIN/AFP)
Le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et l'acteur américain Harrison Ford assitent à la Conférence Protection Amazonie à l'ONU, le 23 septembre 2019. (Ludovic MARIN/AFP)
Short Url
Publié le Mardi 25 août 2020

Amazonie: Merkel fait volte-face sur l'accord UE-Mercosur

  • Ce vaste accord de libre échange a été signé l'an passé entre l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), mais pour pouvoir définitivement être validé, il doit encore être ratifié par tous les parlements nationaux
  • Mais la chancelière allemande a désormais de « fortes inquiétudes » concernant la « déforestation continue« et « les incendies », qui se sont multipliés ces dernières semaines en Amazonie

BERLIN: La chancelière allemande Angela Merkel a pour la première fois émis vendredi de « sérieux doutes » sur l'avenir du vaste accord commercial entre l'UE et les pays sud-américains du Mercosur, face à la menace écologique pesant sur la forêt amazonienne au Brésil.

« Nous avons de sérieux doutes sur le fait que l'accord pourra être appliqué comme prévu, lorsque l'on voit la situation » en Amazonie, a affirmé le porte-parole de la chancelière, Steffen Seibert.

Ce vaste accord de libre échange a été signé l'an passé entre l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), mais pour pouvoir définitivement être validé, il doit encore être ratifié par tous les parlements nationaux, ce qui n'est pas le cas.

Le Parlement autrichien, et très récemment le Parlement néerlandais, ont rejeté l'accord sous sa forme actuelle. D'autres pays comme la Belgique, la France, l'Irlande ou le Luxembourg se sont montrés récalcitrants.

Jusqu'ici, l'Allemagne figurait parmi les grands promoteurs de cet accord. Les propos tenus par son gouvernement vendredi ajoutent à l'irritation côté européen. 

Car le texte concentre les attaques des écologistes, qui craignent son impact sur l'environnement.

Dans leur viseur : la plus grande ouverture des marchés européens à la viande sud-américaine, alors que l'élevage est responsable de 80% de la déforestation en Amazonie, selon l'association WWF.

Pour répondre à ces critiques, un chapitre couvrant notamment la « conservation des forêts »  avait été intégré au texte final.

« Sceptiques » 

Mais la chancelière allemande a désormais de « fortes inquiétudes »  concernant la « déforestation continue«  et « les incendies », qui se sont multipliés ces dernières semaines en Amazonie.

« Nous sommes sceptiques » , a affirmé Steffen Seibert. « Dans ce contexte » , Berlin se « pose de sérieuses questions sur l'application comme prévue«  de l'accord, et notamment de cette clause. « L'Amazonie concerne le monde entier » , a-t-il ajouté.

C'est la première fois qu'Angela Merkel émet de telles critiques sur cet accord.

L'été dernier, la multiplication des feux dans la plus grande forêt tropicale du monde avait suscité l'émotion de la communauté internationale.

Le président français Emmanuel Macron avait menacé de ne pas ratifier l'accord, si le gouvernement brésilien de Jair Bolsonaro ne prenait pas les mesures nécessaires pour protéger la forêt.

Or, les incendies ont progressé de 28% en juillet, par rapport à juillet 2019.

La prise de position d'Angela Merkel intervient au lendemain d'une rencontre de la chancelière avec les responsables du mouvement Fridays for future, notamment Greta Thunberg, à Berlin.

« Angela Merkel a approuvé nos critiques de l'accord avec le Mercosur, et ne compte pas le signer », a aussi affirmé sur Twitter Luisa Neubauer, figure de proue du mouvement en Allemagne, qui a participé à la réunion.

L'accord avait été à l'origine soutenu par l'Allemagne et sa puissante industrie exportatrice, notamment automobile, qui y voyait l'opportunité de nouveaux débouchés. 

Réagissant aux propos de la chancelière, l'organisation des chambres de commerce et de l'industrie (DIHK) a ainsi défendu un accord « qui pourrait donner l'impulsion dont a besoin urgemment l'économie, pendant la crise actuelle ».

Mais les préoccupations écologiques, largement partagées dans l'opinion allemande, prennent un poids de plus en plus important dans le pays, où des manifestations rassemblent régulièrement des milliers de jeunes militants.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Short Url
  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Short Url
  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.