Virus: les vaccins Pfizer et AstraZeneca efficaces contre le variant indien (étude)

Des flacons vides de vaccins de Pfizer-BioNTech et AstraZeneca contre Covid-19, le 20 avril 2021 / AFP
Des flacons vides de vaccins de Pfizer-BioNTech et AstraZeneca contre Covid-19, le 20 avril 2021 / AFP
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Publié le Dimanche 23 mai 2021

Virus: les vaccins Pfizer et AstraZeneca efficaces contre le variant indien (étude)

  • Selon l'étude de PHE le vaccin Pfizer/BioNTech était efficace à 88% contre la maladie symptomatique du variant indien deux semaines après la deuxième dose, comparé à 93% d'efficacité contre le variant anglais
  • Le sérum d'AstraZeneca est efficace à 60%, contre 66% contre le variant anglais qui avait été détecté dans le Kent

LONDRES : Les vaccins de Pfizer/BioNTech et d'AstraZeneca/Oxford se révèlent presque aussi efficaces contre le variant indien du coronavirus que contre le variant anglais, a indiqué samedi une étude des autorités de santé en Angleterre, Public Health England (PHE). 

Selon l'étude de PHE, qui a été menée entre le 5 avril et le 16 mai, le vaccin Pfizer/BioNTech était efficace à 88% contre la maladie symptomatique du variant indien deux semaines après la deuxième dose, comparé à 93% d'efficacité contre le variant anglais. 

Sur la même période, le sérum d'AstraZeneca est efficace à 60%, contre 66% contre le variant anglais qui avait été détecté dans le Kent. 

Le ministre de la Santé, Matt Hancock, s'est félicité de ces résultats qu'il a qualifié de "novateurs", au moment où le gouvernement compte sur sa campagne de vaccination pour se protéger d'une poussée du variant indien qui met en péril la poursuite de son plan de déconfinement.

Pour enrayer la propagation de ce variant B.1.617.2, qui risque de devenir "dominant" selon les autorités sanitaires, l'intervalle entre les deux doses de vaccin (jusqu'à trois mois) a été réduit à huit semaines pour les personnes de plus de 50 ans et les plus vulnérables, et le dépistage a été renforcé dans les zones touchées (surtout le nord-ouest de l'Angleterre et certaines parties de Londres). 

Les deux vaccins étudiés sont efficaces à 33% contre la maladie symptomatique provoquée par le variant indien trois semaines après l'injection de la première dose, contre environ 50% face au variant du Kent, selon PHE. 

Le génome du coronavirus a été séquencé pour 12.675 cas pris en compte dans cette étude, dont 1.054 étaient des cas de variant indien. 

Selon les données de PHE, au moins 2 889 cas du variant indien ont été enregistrés en Angleterre entre le 1er février et le 18 mai. Parmi eux, 104 cas ont conduit à une visite aux urgences, 31 ont nécessité une hospitalisation et six ont entraîné un décès. 

"Deux doses de l'un ou l'autre vaccin offrent des niveaux élevés de protection contre la maladie symptomatique du variant B.1.617.2", a indiqué Mary Ramsay, responsable de l'immunisation à PHE. "Nous nous attendons à ce que les vaccins soient encore plus efficaces pour prévenir les hospitalisations et les décès", a-t-elle ajouté.

Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé en Europe par le virus avec plus de 127 000 morts, plus de 7 adultes sur 10 ont reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19 et plus de 4 sur 10 ont reçu deux doses.


La rivalité entre grandes puissances alimente la course folle à l'armement dans le Pacifique

Le sous-marin d'attaque rapide de classe Virginia USS Illinois (SSN 786) est vu à la base commune Pearl Harbor-Hickam le 13 septembre 2021. (Photo de l'US Navy via AP)
Le sous-marin d'attaque rapide de classe Virginia USS Illinois (SSN 786) est vu à la base commune Pearl Harbor-Hickam le 13 septembre 2021. (Photo de l'US Navy via AP)
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  • « Il y a une petite frénésie à s'armer dans la région indo-pacifique », souligne John Delury, professeur à l'université Yonsei (Corée du Sud)
  • Cette activité exceptionnelle traduit une volonté de la région de dépenser sans compter pour se doter des dernières et meilleures technologies en matière d'armement, selon les experts

SYDNEY : Les tests de missiles et achats d'armes cette semaine dans la région Pacifique ont mis en lumière l'intensification de la course à l'armement dans cette partie du globe dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine et les Etats-Unis.

"Il y a une petite frénésie à s'armer dans la région indo-pacifique", souligne John Delury, professeur à l'université Yonsei (Corée du Sud). "On a l'impression que tout le monde s'y met".

Cette semaine, en l'espace de 24 heures, la Corée du Nord a tiré deux missiles balistiques embarqués, la Corée du Sud son premier missile balistique depuis un sous-marin et, de son côté, l'Australie annonçait l'achat de sous-marins américains à propulsion nucléaire et de missiles de croisière à la pointe de la technologie.

Cette activité exceptionnelle traduit une volonté de la région de dépenser sans compter pour se doter des dernières et meilleures technologies en matière d'armement, selon les experts.

L'an dernier, à elle seule, la région Asie-Pacifique a dépensé plus d'un demi-milliard de dollars américains en matière de défense, selon les données de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.

"On voit vraiment une tendance à la hausse depuis 20 ans", a expliqué à l'AFP Lucie Beraud-Sudreau, de cet Institut. "L'Asie est vraiment la région où cette tendance est la plus perceptible".

Mme Beraud-Sudreau souligne la concordance entre une croissance économique rapide -- qui fait entrer plus d'argent dans les caisses du gouvernement -- et un changement dans la "perception des menaces" pesant dans la région.

Big brothers

A elle seule, la Chine représente environ la moitié de ce montant, avec un budget annuel consacré à la défense en constante hausse depuis 26 ans, qui a permis de faire de l'Armée populaire de libération (APL) une force militaire moderne.

Pékin consacre désormais un montant estimé à 252 milliards de dollars par an à sa défense -- soit un budget en hausse de 76% par depuis 2011 -- ce qui lui permet de projeter ses forces dans toute la région et rivaliser ainsi directement avec les Etats-Unis.  

Les dépenses en matière de défense de l'Australie, de l'Inde, du Japon, de la Corée du Sud et dans le reste de la région augmentent également à un rythme rapide.

Michael Shoebridge, ancien responsable des services de renseignement de la défense australienne, aujourd'hui membre de l'Institut australien de stratégie politique, estime que ces dépenses sont réalisées en réaction à la Chine.

"La compétition en matière militaire est entre la Chine et les autres pays partenaires qui veulent dissuader Pékin  de recourir à la force", selon lui.

"Cette réaction ne fait que s'amplifier, notamment depuis que Xi (Jinping) est président. Il entend clairement utiliser tout le pouvoir acquis par la Chine de manière assez coercitive et agressive".

Aujourd'hui, près de 20% des dépenses dans la région en matière de défense sont consacrées aux achats d'équipement, notamment de moyens maritimes et de dissuasion à longue portée destinés à persuader Pékin - ou tout autre adversaire - que le coût d'une attaque serait trop élevé.

Pour M. Shoebridge, la décision historique de l'Australie de faire l'acquisition d'au moins huit sous-marins à propulsion nucléaire et de missiles de croisière Tomahawk illustre cette théorie de dissuasion: "Cela vise à accroître le coût d'un éventuel conflit militaire pour la Chine et permet de contrecarrer assez efficacement les moyens mis en place par l'APL".

Il estime également que les dépenses de la Corée du Sud "sont autant motivées par la Chine que par la Corée du Nord". "Il n'y a aucune explication à la décision (de Séoul de construire) un porte-avions par rapport à la Corée du Nord".

De même, "la modernisation militaire de l'Inde est clairement motivée par la puissance militaire croissante de la Chine", souligne M. Shoebridge. 

De son côté, la Chine - qui aime à qualifier sa relation avec les Etats-Unis de "rivalité entre grandes puissances" - les accuse d'alimenter la course aux armements.

Selon le Global Times, quotidien chinois au ton résolument nationaliste, Washington "polarise de manière hystérique son système d'alliance". 

Si la peur de la Chine est le moteur des dépenses de défense dans la région, les Etats-Unis semblent vouloir accélérer le processus, en aidant activement les alliés régionaux à se renforcer.

Alors que la Chine et le Japon "allaient de l'avant" avec leurs programmes de défense, M. Delury estime que Washington a "aidé et encouragé" les alliés à faire de même "sous prétexte de dissuader la Chine". 


Iran: Amnesty dénonce "l'impunité" face aux morts suspectes en prison

En juillet, Amnesty et d'autres ONG ont exhorté les membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à mettre en place un mécanisme d'enquête pour recueillir et analyser les preuves des crimes les plus graves commis dans la République islamique.( AP).
En juillet, Amnesty et d'autres ONG ont exhorté les membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à mettre en place un mécanisme d'enquête pour recueillir et analyser les preuves des crimes les plus graves commis dans la République islamique.( AP).
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  • Les autorités iraniennes "se sont abstenues d'établir les responsabilités dans au moins 72 cas de morts en détention depuis janvier 2010" malgré des informations indiquant qu'ils étaient dus au recours à la "torture ou autres mauvais traitements"
  • Le 24 août, le chef des prisons a reconnu qu'un "comportement inacceptable" s'était tenu dans une prison de Téhéran après la publication à l'étranger de vidéos prétendument obtenues par des pirates informatiques montrant des violences contre des détenus

NICOSIE: Amnesty International a dénoncé le "climat d'impunité" systémique en Iran face à la mort en détention d'au moins 70 personnes en dix ans malgré des informations indiquant que nombre de ces décès étaient liés à l'usage de la torture.


Les autorités iraniennes "se sont abstenues d'établir les responsabilités dans au moins 72 cas de morts en détention depuis janvier 2010" malgré des informations indiquant qu'ils étaient dus au recours à la "torture ou autres mauvais traitements, ou à l’usage illégal d’armes à feu et de gaz lacrymogène par des agents de l’Etat", a déclaré Amnesty dans un communiqué publié mercredi. 


Le dernier cas recensé concerne Yasser Mangouri. Sa mort a été annoncée à sa famille le 8 septembre par des agents du Renseignement dans le nord-ouest de l'Iran, a rapporté l’organisation. 


M. Mangouri est mort "dans des circonstances suspectes" qui illustrent "le climat général d’impunité qui incite les forces de sécurité à bafouer le droit à la vie des prisonniers sans craindre d’en subir les conséquences", a déclaré Heba Morayef, directrice à Amnesty.


Le 24 août, le chef des prisons a reconnu qu'un "comportement inacceptable" s'était tenu dans une prison de Téhéran après la publication à l'étranger de vidéos prétendument obtenues par des pirates informatiques montrant des violences contre des détenus.


D'après Amnesty, les vidéos ont "offert des preuves troublantes de coups, de harcèlement sexuel et d'autres mauvais traitements infligés aux prisonniers". 


Des "tortures physiques et autres mauvais traitements" ont causé la mort de 46 des 72 détenus, selon le communiqué. 


Quinze autres sont morts après l'usage, par des gardiens de prison, d'armes à feu et de gaz lacrymogène pour réprimer des mouvements de protestation liés à la santé pendant la pandémie de Covid-19, selon la même source.


Les onze derniers cas sont morts dans "des circonstances suspectes", a déclaré l'ONG en précisant ne pas disposer de plus d'informations. 


"Les autorités iraniennes expliquent généralement les morts en détention par des suicides, des overdoses ou des maladies (...) sans mener d'enquête indépendante et transparente", a-t-elle ajouté. 


En juillet, Amnesty et d'autres ONG ont exhorté les membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à mettre en place un mécanisme d'enquête pour recueillir et analyser les preuves des crimes les plus graves commis dans la République islamique.


L'Iran se défend souvent contre les accusations de l'ONU et des ONG sur le mauvais traitement des prisonniers. 

 


Plongée à l'intérieur de Pul-e-Charkhi, plus grande prison afghane désormais vide

Des membres des talibans montent la garde à l'intérieur de la prison de Pul-e-Charkhi à Kaboul le 16 septembre 2021. BULENT KILIC / AFP
Des membres des talibans montent la garde à l'intérieur de la prison de Pul-e-Charkhi à Kaboul le 16 septembre 2021. BULENT KILIC / AFP
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  • Elle fut l'un des endroits les plus honnis des talibans, où des milliers d'entre eux étaient détenus alors qu'ils combattaient le gouvernement afghan
  • La prison de Pul-e-Charkhi, dans l'Est de Kaboul, est désormais vide, les islamistes ayant ouvert ses portes quand ils ont pris la capitale

KABOUL : Elle fut l'un des endroits les plus honnis des talibans, où des milliers d'entre eux étaient détenus alors qu'ils combattaient le gouvernement afghan. La prison de Pul-e-Charkhi, dans l'Est de Kaboul, est désormais vide, les islamistes ayant ouvert ses portes quand ils ont pris la capitale.

Des uniformes de gardiens gisent au sol, abandonnés en pleine débandade des anciennes autorités. Dans les cellules, des vêtements, des chaussures, des radios, des casseroles... les prisonniers s'étant souvent éclipsés avec les seules affaires qu'ils portaient sur le dos.

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Un membre des talibans monte la garde à l'intérieur de la prison de Pul-e-Charkhi à Kaboul le 16 septembre 2021.
BULENT KILIC / AFP

Des repas non terminés pourrissent sur place, recouverts de mouches. Des ordures sont éparpillées par terre et dans les cages d'escalier de la prison. L'odeur, ajoutée à celle des latrines fétides, écoeure.

Les talibans qui contrôlent désormais Pul-e-Charkhi affirment que les 11 blocs de l'aile principale abritaient chacun 1.500 détenus, au sein d'une prison construite à l'origine pour en accueillir 5.000. 

Nombre de fondamentalistes y étaient retenus prisonniers, entourés de voleurs, de criminels endurcis ou encore de combattants du groupe jihadiste Etat islamique.

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Un membre des talibans inspecte l'intérieur de la prison de Pul-e-Charkhi à Kaboul le 16 septembre 2021.
BULENT KILIC / AFP

Le slogan du drapeau de l'EI est d'ailleurs peint en noir sur le mur d'une cellule. Dans une cage d'escalier, les mots "Etat islamique" sont gravés dans le plâtre.

Le nouveau régime afghan affirme que des recherches sont en cours pour retrouver les prisonniers de Daech (acronyme arabe de l'EI). Car les talibans et l'EI ne s'entendent guère. Leurs hommes ont durement combattu dans l'Est du pays.

Lieu d'horreur

La construction de Pul-e-Charkhi, la plus grande prison d'Afghanistan, a commencé dans les années 1970. L'endroit a été critiqué par des groupes de défense des droits de l'homme du fait des conditions de vie parfois exécrables des détenus.

Des dortoirs exigus abritaient 15 à 20 prisonniers, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des foulards servaient de rideaux pour assurer un minimum d'intimité.

Aux murs, du papier peint représentant des couchers de soleil sous les tropiques, les trois couleurs rouge, vert et noir de l'ancien drapeau afghan - que les talibans ont remplacé par leur propre pavillon blanc où s'inscrit en noir la profession de foi musulmane.

La salle de prière, où des dizaines de tapis sont soigneusement repliés, est indubitablement l'endroit le mieux rangé de l'établissement, dont une autre pièce a été transformée en une petite madrassa (école coranique).

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La salle de prière, où des dizaines de tapis sont soigneusement repliés, est indubitablement l'endroit le mieux rangé de l'établissement, dont une autre pièce a été transformée en une petite madrassa (école coranique). BULENT KILIC / AFP

Près d'une entrée, un bureau est complètement brûlé - il ne reste que la structure en acier d'une couchette de gardien. La pièce a été incendiée pour détruire les papiers concernant les prisonniers, affirment les talibans présents. 

Un mur est criblé d'impacts de balles, là où, selon les gardes, d'anciens policiers gouvernementaux ont ouvert le feu à la veille de la prise du contrôle du pays par les talibans à la mi-août, tuant plusieurs prisonniers talibans, poursuivent les islamistes. Des accusations que l'AFP n'a pu vérifier.

Pul-e-Charkhi était "un lieu d'horreur", lance Mawlawi Abdulhaq Madani, un combattant taliban âgé de 33 ans, heureux que ses camarades aient tous quitté les lieux. 

A l'extérieur, des chats et des chiens errent sur la route qui entoure le vaste complexe circulaire, bordé d'un mur de quatre mètres de haut, surmonté de fils barbelés et ponctué de miradors... désormais inutiles.