Macron multiplie les signaux envers les jeunes

Blagues autour du foot, appel à Kylian Mbappé, concert de metal dans les jardins l'Elysée: Emmanuel Macron s'est livré comme promis au «concours d'anecdotes» des deux youtubeurs stars McFly et Carlito. (Photo, AFP)
Blagues autour du foot, appel à Kylian Mbappé, concert de metal dans les jardins l'Elysée: Emmanuel Macron s'est livré comme promis au «concours d'anecdotes» des deux youtubeurs stars McFly et Carlito. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 23 mai 2021

Macron multiplie les signaux envers les jeunes

  • La volonté du plus jeune président de la Ve République de s'adresser directement aux jeunes adultes paraît efficace auprès de sa cible
  • Le chef de l'Etat a lancé le Pass Sport, une aide de 50 euros par enfant destinée à faciliter l'inscription dans un club affilié à une fédération. 5,4 millions de jeunes y sont éligibles

PARIS: La diffusion dimanche d'une émission à l'Elysée avec McFly et Carlito, qui a dépassé les 3,4 millions de vues en quelques heures, n'est que le dernier d'une série de signaux adressés par Emmanuel Macron en direction des jeunes, à moins d'un an de la présidentielle. 

Le « concours d'anecdotes » du président avec le duo de youtubeurs stars, émaillé d'un appel à Kylian Mbappé et terminé par un mini-concert de metal dans les jardins du palais, conclut une semaine qui a vu les lancements successifs de mesures pour le sport et la culture, à grand renfort à chaque fois de séquences filmées au milieu de jeunes Français. 

Mercredi dans l'Aube, le chef de l'Etat avait lancé le Pass Sport, une aide de 50 euros par enfant destinée à faciliter l'inscription dans un club affilié à une fédération. 5,4 millions de jeunes y sont éligibles. 

Vendredi à Nevers, il concrétisait une promesse de campagne du candidat Macron, le Pass Culture doté de 300 euros et destiné aux 800 000 jeunes âgés de 18 ans. Les bénéficiaires pourront le dépenser en billets (cinéma, concert, spectacle, musée...), en biens culturels (livres, disques, instruments...), en cours de disciplines artistiques, en matériel des beaux-arts ou en services numériques (jeux vidéo, musique en ligne, certaines plateformes de SVOD, presse en ligne, ebooks...). 

S'attardant ensuite dans le chef-lieu de la Nièvre, le président a assisté à la fin d'un concert du groupe de rap 47Ter. « Je sais ce que cette épidémie et ces mois ont volé de moments de joie, d'insouciance. C'était juste très beau de vous voir être heureux. Ça va aller de mieux en mieux », a-t-il lancé, au pied de la scène, au jeune public qui lui réclamait un discours. 

Son pas de deux avec McFly et Carlito a, sans surprise, été dépeint comme futile par les oppositions. 

« Je ne pense pas qu'Emmanuel Macron est meilleur youtubeur que président de la République », a lancé sur France 3 le communiste Ian Brossat: « L'essentiel est d'apporter des réponses à la précarité des jeunes. Le reste ce sont des zouaveries ». 

« Je me moque de savoir comment il communique », a balayé pour sa part Thierry Mariani, tête de liste du RN aux régionales en PACA: « Le bilan de M. Macron, pour moi, les Français l'ont compris. Après il peut l'expliquer sur TikTok, sur Youtube ou je ne sais quoi, je pense que les Français l'ont jugé ».  

« Passage obligé » 

Les efforts de l'exécutif pour aller s'adresser aux jeunes là où ils se trouvent n'ont pas commencé cette semaine. En décembre, le président accordait une longue interview à Brut, prolongée par une séance de questions-réponses sur le compte Snapchat du média en ligne. 

La volonté du plus jeune président de la Ve République de s'adresser directement aux jeunes adultes paraît efficace auprès de sa cible. Selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche qui montre une hausse de 3 points de la cote de popularité présidentielle, Emmanuel Macron progresse particulièrement chez les plus jeunes, avec une cote de 51% chez les 18-24 ans, soit 8 points de plus qu'en avril. 

« Cela fait longtemps qu'il est populaire auprès des jeunes de 18 à 24 ans », commente Frédéric Dabi, le directeur général de l'Ifop, relevant que le chef de l’État fait moins bien chez les 25-34 ans, « la génération de l'insertion, ceux qui paient cash et en direct les effets de la crise ». 

Pour le sondeur, s'adresser aux jeunes est pour tous les candidats à l’Élysée « un passage obligé, déconnecté de toute stratégie électorale. C'est consubstantiel à toute campagne présidentielle, qui est un moment d'introspection nationale. On va parler de la France, on va parler de demain, et il n'y a rien de mieux que les jeunes pour se positionner dans une logique de projection ». Quant au président sortant, « son avantage sur les autres, et c'est une raison majeure de l'adhésion des jeunes Français à son égard, c'est qu'il est lui-même jeune ». Emmanuel Macron a 43 ans.

Pour autant, prévient Frédéric Dabi, « ce n'est pas dans cette génération que va se faire l'élection. Dans l'histoire d'une élection présidentielle, on n'a jamais vu le vote jeune être déterminant ». 


La France va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
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  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
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  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
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  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.