Isère: l'homme suspecté d'avoir tiré sur les gendarmes mis en examen pour tentative de meurtre

Dans cette photo d'archive, le procureur Eric Vaillant (à gauche) s'entretient avec des journalistes aux côtés du procureur adjoint Boris Duffau (à droite) lors d'une conférence de presse le 15 octobre 2020 au palais de justice de Grenoble. (Photo / AFP)
Dans cette photo d'archive, le procureur Eric Vaillant (à gauche) s'entretient avec des journalistes aux côtés du procureur adjoint Boris Duffau (à droite) lors d'une conférence de presse le 15 octobre 2020 au palais de justice de Grenoble. (Photo / AFP)
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Publié le Lundi 24 mai 2021

Isère: l'homme suspecté d'avoir tiré sur les gendarmes mis en examen pour tentative de meurtre

  • «Il a reconnu avoir tiré à deux reprises, mais a contesté avoir visé les gendarmes, son intention étant de les effrayer et de leur faire quitter les lieux»
  • En proie à une «crise de panique» après que sa compagne lui a annoncé qu'elle le quittait, l'homme avait menacé de mettre fin à ses jours

LYON : Un homme armé qui s'était retranché chez lui en Isère jeudi soir après une rupture amoureuse puis avait tiré sur des gendarmes avant d'être interpellé, a été mis en examen pour tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique, a-t-on appris auprès du procureur de Grenoble. 

À l'issue de sa garde à vue, l'homme a été placé en détention provisoire. «Il a reconnu avoir tiré à deux reprises, mais a contesté avoir visé les gendarmes, son intention étant de les effrayer et de leur faire quitter les lieux», indique le procureur Eric Vaillant à propos du suspect, un homme de 51 ans.

En proie à une «crise de panique» après que sa compagne lui a annoncé qu'elle le quittait, l'homme avait menacé de mettre fin à ses jours. Il avait ensuite fait feu en direction de deux des cinq gendarmes qui approchaient son habitation pour tenter de le raisonner, sans les toucher ni les blesser.

Plusieurs dizaines de gendarmes avaient été déployés pour sécuriser la zone située autour de son domicile de Porte-des-Bonnevaux, une commune de 2 000 habitants située entre Grenoble et Vienne.

Le quinquagénaire s'était rendu vendredi vers 8H00 après une nuit de négociation ayant nécessité la mobilisation d'une unité spécialisée de la gendarmerie de Meylan, près de Grenoble, puis du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

La perquisition de son domicile a permis de découvrir trois armes dont celle utilisée, ainsi que des munitions, précise le parquet de Grenoble qui a repris l'affaire après celui de Vienne.


Paris: la visite du prince héritier saoudien, un geste fort qui illustre le dynamisme des relations bilatérales

Mohammed ben Salmane a ainsi débuté son séjour parisien en assistant, avec Macron, à la finale de l’Esports World Cup, une compétition initialement prévue à Riyad et délocalisée à Paris. (AFP)
Mohammed ben Salmane a ainsi débuté son séjour parisien en assistant, avec Macron, à la finale de l’Esports World Cup, une compétition initialement prévue à Riyad et délocalisée à Paris. (AFP)
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  • Paris et Riyad ont déjà mis en place une task force bilatérale consacrée aux interconnexions énergétiques et logistiques, qui se réunit au niveau ministériel pendant la visite
  • Mais la visite de ben Salmane ne se résume évidemment pas aux questions énergétiques. Le Moyen-Orient dans son ensemble est au centre des discussions

PARIS: En se rendant à Paris les 23 et 24 août - pour sa première visite à l’étranger depuis son déplacement à Washington en novembre 2025 - le prince héritier et Premier ministre saoudien Mohammed ben Salmane fait un choix diplomatique qui en dit beaucoup sur l’état des relations entre Paris et Riyad.

« C’est sa première visite à l’étranger depuis ce moment-là et donc il a choisi la France », souligne le palais de l’Élysée, qui estime que ce déplacement constitue « un signal important et un geste fort » qui témoigne du « dynamisme de la relation entre la France et l’Arabie saoudite ».

Ce choix intervient pourtant dans un contexte régional particulièrement tendu, avec la guerre avec l’Iran, qui se prolonge depuis plusieurs mois, la fermeture du détroit d’Ormuz et les perturbations des routes énergétiques et commerciales, qui placent la sécurité des approvisionnements au cœur des préoccupations européennes.

Dans ce contexte à risque, l’Arabie saoudite occupe une position stratégique, étant l’un des maillons essentiels des nouvelles routes permettant de relier le Moyen-Orient à l’Europe.

Paris et Riyad ont déjà mis en place une task force bilatérale consacrée aux interconnexions énergétiques et logistiques, qui se réunit au niveau ministériel pendant la visite.

L’objectif est d’identifier les projets prioritaires, de les financer et de permettre leur réalisation.

Il ne s’agit pas seulement de contourner le détroit d’Ormuz, mais de tracer des routes portuaires alternatives, de développer des projets de pipelines, qui seront renforcés ou doublés en volume, ainsi que des liaisons ferroviaires.

La France entend y associer ses entreprises et son expertise, l’enjeu étant de transformer une crise régionale en accélérateur de coopération.

Le Moyen-Orient au cœur des préoccupations bilatérales

Mais la visite de ben Salmane ne se résume évidemment pas aux questions énergétiques. Le Moyen-Orient dans son ensemble est au centre des discussions avec le président Emmanuel Macron, à commencer par l’Iran, le conflit israélo-palestinien, le Liban et la Syrie.

Le Liban occupe notamment une place importante, puisque la France et l’Arabie saoudite travaillent étroitement sur ce dossier et partagent, selon l’Élysée, une même volonté de soutenir la souveraineté du pays et ses autorités.

La Syrie constitue également un sujet majeur, notamment en ce qui concerne les enjeux énergétiques et logistiques.

Au-delà de cette convergence politique, les deux pays partagent d’autres ambitions.

Lundi, le président et le prince héritier coprésident pour la première fois le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien, créé lors de la visite du président français à Riyad à la fin de 2024.

Si cette première réunion intervient près de deux ans après la création du conseil, ce n’est pas faute de contacts, assure l’Élysée, en soulignant que « les contacts bilatéraux sont évidemment très étroits », et en évoquant les échanges réguliers entre les deux dirigeants et les nombreux travaux menés par les différents sous-comités ministériels.

La réunion de Paris donne simplement à cette relation le cadre politique au plus haut niveau qui lui manquait encore.

L’économie est aussi l’un des grands piliers de cette nouvelle étape. Un forum consacré aux investissements franco-saoudiens réunit à Paris les grands dirigeants français et une importante délégation économique saoudienne.

La logique est désormais de rapprocher les ambitions de la Vision 2030 saoudienne et celles de France 2030, d’autant plus que Riyad cherche à transformer son économie et à développer de nouveaux secteurs.

Paris, pour sa part, veut attirer davantage de capitaux étrangers. Le fonds souverain saoudien PIF ayant annoncé l’ouverture d’un bureau à Paris, l’Élysée espère voir se multiplier les investissements saoudiens en France.

La France veut également se positionner sur les grands projets du Royaume, notamment l’Expo 2030, qui se tiendra à Riyad. Là encore, l’objectif est de faire valoir l’expertise française dans des projets dont les dimensions dépassent largement les seuls marchés traditionnels.

La finale de l'Esports World Cup

Interrogée sur un éventuel investissement saoudien dans un parc d’attractions consacré à Dragon Ball Z en région parisienne, l’Élysée esquive en indiquant qu’aucune annonce n’est prévue à ce stade.

Pour ce qui est des accords attendus lundi, plusieurs signatures sont annoncées dans des secteurs aussi variés que le quantique, les transports, l’énergie ou encore la santé, et viennent consolider la relation économique entre les deux pays.

Le sport et le divertissement offrent une illustration de cette nouvelle relation, et ben Salmane a ainsi débuté son séjour parisien en assistant, avec Macron, à la finale de l’Esports World Cup, une compétition initialement prévue à Riyad et délocalisée à Paris.

« Les choses se sont bien passées à Paris », souligne l’Élysée, qui rapporte la satisfaction saoudienne concernant l’organisation, la participation et les résultats de l’événement. Pour Riyad comme pour Paris, l’opération apparaît donc comme « gagnante-gagnante ».

La culture constitue un autre terrain emblématique de ce rapprochement. La coopération franco-saoudienne autour d’AlUla, engagée depuis près d’une décennie, est présentée par l’Élysée comme l’un des piliers de la relation.

Il est donc clair que la relation franco-saoudienne ne repose plus sur un seul secteur, ni même sur une simple proximité politique, mais s’étend de la diplomatie régionale aux infrastructures, de l’énergie à l’intelligence artificielle, et du sport à la culture.


Le prince héritier saoudien assiste à la cérémonie de clôture de l’Esports World Cup à Paris

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président français Emmanuel Macron ont assisté à la cérémonie de clôture de l’EWC. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président français Emmanuel Macron ont assisté à la cérémonie de clôture de l’EWC. (SPA)
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  • La cérémonie célèbre les clubs, les joueurs et les moments inoubliables qui ont marqué l’EWC 2026

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président français Emmanuel Macron ont assisté dimanche à Paris à la cérémonie de clôture de l’Esports World Cup.

L’événement, qui réunit les meilleurs acteurs de l’esport, des jeux vidéo aux échecs, se tient pour la première fois en dehors de l’Arabie saoudite.

Les deux premières éditions de l’EWC avaient été organisées dans la capitale saoudienne avec un grand retentissement, mais un contexte géopolitique régional incertain a conduit à choisir un nouveau lieu pour 2026. Paris, désignée comme nouvelle ville hôte seulement en mai, s’est finalement révélée être un choix particulièrement inspiré.

La capitale française avait pour mission urgente de garantir une transition fluide de l’événement depuis Riyad. Depuis, Paris a démontré à quel point l’EWC est désormais devenu un événement mondial, attirant plus de 2 000 joueurs et 200 clubs issus de plus de 100 pays depuis son lancement le 3 juillet.

Dimanche, l’équipe chinoise All Gamers a battu le double champion Team Falcons, d’Arabie saoudite, pour remporter l’EWC dans la catégorie jeu vidéo. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Besancenot : l’incertitude mondiale renforce le partenariat stratégique entre Paris et Riyad

L’Autorité générale saoudienne des industries militaires (GAMI) a participé à Eurosatory 2026, le rendez-vous mondial de la défense et de la sécurité qui s’est tenu à Paris en juin dernier, afin de présenter les principales capacités industrielles et de services militaires du Royaume, illustrant les efforts déployés par celui-ci pour développer et soutenir le secteur. (Photo SPA)
L’Autorité générale saoudienne des industries militaires (GAMI) a participé à Eurosatory 2026, le rendez-vous mondial de la défense et de la sécurité qui s’est tenu à Paris en juin dernier, afin de présenter les principales capacités industrielles et de services militaires du Royaume, illustrant les efforts déployés par celui-ci pour développer et soutenir le secteur. (Photo SPA)
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  • Paris et Riyad renforcent leur partenariat stratégique face à un monde plus incertain et multipolaire
  • Le rapprochement s’étend à l’économie, à la culture et à la Vision 2030, au-delà des seuls enjeux diplomatiques

​​​​​PARIS : Il y a encore quelques années, la relation franco-saoudienne semblait avancer par à-coups, derrière les liens privilégiés que Paris entretenait avec d’autres capitales du Golfe. Aujourd’hui, le paysage est radicalement différent.

La visite d’État du président Emmanuel Macron en Arabie saoudite, en décembre 2024, a consacré cette évolution en donnant une dimension stratégique à une relation qui ne cesse depuis de s’élargir.

Mais pour comprendre ce rapprochement, il faut aussi regarder du côté de Washington, estime Bertrand Besancenot, ambassadeur de France au Qatar, puis en Arabie saoudite de 2007 à 2016. « C’est parce que Riyad s’interroge désormais sur la solidité de son partenariat américain que l’espace s’est ouvert pour de nouveaux partenaires, au premier rang desquels la France. »

« Il y a eu une période où les Saoudiens s’inquiétaient de la politique d’Obama vis-à-vis de l’Iran », rappelle Besancenot en réponse à Arab News en français, en référence à l’ancien président américain Barack Obama.

Le rapprochement entre Washington et Téhéran, qui avait culminé avec l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, avait alors nourri de profondes inquiétudes à Riyad. La situation s’était ensuite inversée lors du premier mandat de Donald Trump.

« Le prince héritier approuvait totalement à l’époque la politique de Trump de pression maximale sur l’Iran », souligne-t-il.

Mais cette proximité avec Washington n’a pas empêché une évolution de fond de la diplomatie saoudienne. Le royaume, souligne l’ancien diplomate, reste lié aux États-Unis par un partenariat stratégique qu’il n’est évidemment pas question d’abandonner, mais il ne veut plus en faire un partenariat exclusif.

Les interrogations sur la fiabilité des engagements américains, renforcées par les changements de politique d’une administration à l’autre, ont poussé Riyad à multiplier les alternatives.

« L’Arabie, comme les autres pays du Golfe, tout en voulant préserver son partenariat stratégique avec les États-Unis, se pose en même temps quelques questions sur la fiabilité des engagements du président Trump », analyse Besancenot. Cette incertitude constitue, selon lui, « une véritable opportunité pour tous ceux qui ont envie de travailler avec l’Arabie et les pays du Golfe ».

La réponse saoudienne est désormais parfaitement lisible et consiste à diversifier les relations sur le plan international.

La Chine a considérablement renforcé sa présence, la coopération avec la Russie s’est développée dans le domaine pétrolier, tandis que Riyad approfondit ses relations avec la Turquie, le Pakistan, l’Afrique du Sud et les pays européens. « Ils ne sont plus un pays sous tutelle américaine », résume Besancenot.

Cette nouvelle diplomatie donne à la France une carte particulière à jouer. « La France est considérée comme le pays européen le plus actif sur le plan politique au Moyen-Orient », observe-t-il. Paris dispose notamment d’une tradition diplomatique qui lui permet de parler à des interlocuteurs multiples et de défendre une certaine autonomie stratégique.

C’est précisément ce qui explique la convergence actuelle. Les deux pays se retrouvent sur plusieurs dossiers majeurs, indique Besancenot, tels que la sécurité du Golfe, l’Iran, le Liban, mais aussi la question palestinienne.

« Il y a toute une série de dossiers politiques qui sont coordonnés par les deux pays », explique-t-il, en rappelant que la France et l’Arabie saoudite sont aujourd’hui particulièrement engagées en faveur de la solution à deux États.

Cette convergence politique s’est accompagnée d’un rapprochement bilatéral qui n’est plus seulement diplomatique. La visite d’État de Macron à Riyad et AlUla, en décembre 2024, a constitué à cet égard un moment charnière.

Actuellement, les opportunités économiques sont considérables, à commencer par les infrastructures. « Nous avons des tas de choses à proposer », estime Besancenot, qui cite notamment les projets de transport reliant l’aéroport à Qiddiya, une future grande destination de loisirs, ainsi que les immenses besoins liés à l’Exposition universelle de Riyad en 2030.

Mais derrière les grands chantiers se trouve une transformation beaucoup plus profonde : celle de la société saoudienne elle-même. C’est sans doute ici que le rapprochement franco-saoudien prend une dimension particulièrement intéressante.

Car la Vision 2030 n’est pas uniquement un programme économique. « Tout ce qui est soft power est absolument au cœur du dispositif », explique-t-il. Tourisme, culture et sport sont autant de secteurs appelés à contribuer à la création d’emplois pour une population jeune, tout en participant à la diversification de l’économie.

Si AlUla en est l’un des exemples les plus visibles, le mouvement s’étend désormais aux festivals, aux jeux vidéo, au cinéma et aux échanges artistiques.

Peut-on pour autant parler d’une véritable révolution culturelle ? « La révolution est en cours », répond notre interlocuteur. Et les changements sont, de fait, spectaculaires, avec le recul de la ségrégation entre les sexes, le droit pour les femmes de conduire, la progression de leur présence dans le monde professionnel, la multiplication des festivals et l’ouverture des cinémas.

Cette transformation a également changé l’image de l’Arabie saoudite. « Il y a quelques années, on ne parlait que du Yémen », rappelle-t-il. « Aujourd’hui, quand on parle de l’Arabie, on parle des grands projets », de ses ambitions économiques, de ses initiatives politiques et de sa capacité à peser sur les affaires régionales.

Le changement d’image est donc indissociable du changement de stratégie. Riyad ne cherche plus seulement à être reconnu comme une puissance énergétique, mais veut devenir une puissance économique, politique, culturelle et touristique, capable de dialoguer simultanément avec Washington, Pékin, Moscou, Ankara, Islamabad et les capitales européennes.

C’est dans ce nouvel équilibre, souligne Besancenot, que la relation franco-saoudienne trouve aujourd’hui sa véritable raison d’être, d’autant que les deux pays ont compris qu’ils avaient intérêt à renforcer leur propre partenariat dans un monde devenu plus incertain et plus multipolaire.