La City finance deux fois plus d'émissions de CO2 que le Royaume-Uni n'en émet, selon des ONG

Le quartier financier de Canary Wharf, depuis l'intérieur du Sky Garden à Londres le 3 juillet 2019. (Photo / AFP)
Le quartier financier de Canary Wharf, depuis l'intérieur du Sky Garden à Londres le 3 juillet 2019. (Photo / AFP)
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Publié le Mardi 25 mai 2021

La City finance deux fois plus d'émissions de CO2 que le Royaume-Uni n'en émet, selon des ONG

  • «A ce jour, ni le gouvernement ni aucun régulateur n'a pris de mesures adéquates pour s'attaquer au problème des émissions mondiales financées par les institutions financières privées au Royaume-Uni»
  • La City est le quartier de Londres où se trouve le siège de la plupart des grandes banques installées au Royaume-Uni

LONDRES: Les émissions de CO2 financées par les banques et gestionnaires d'actifs au Royaume-Uni représentent près du double de celles rejetées par le pays, affirme mardi une étude de WWF et Greenpeace qui appelle Londres à exiger plus d'efforts du secteur.

«Le secteur financier va jouer un rôle vital dans le fait de déterminer si le monde va réussir la transition vers une économie faiblement carbonée durable», souligne l'étude.

«A ce jour, ni le gouvernement ni aucun régulateur n'a pris de mesures adéquates pour s'attaquer au problème des émissions mondiales financées par les institutions financières privées au Royaume-Uni et s'assurer qu'elles alignent leurs activités sur les ambitions» du pays, à savoir la neutralité carbone d'ici 2050, ajoute-t-elle.

«Nos résultats montrent que les émissions de CO2 associées aux sociétés financières analysées s'élèvent à 805 millions de tonnes», avec un peu plus de la moitié pour les banques, le reste pour les gestionnaires d'actifs, d'après leurs données publiées à partir de 2019, précisent WWF et Greenpeace. 

Cela représente «presque 1,8 fois les émissions produites à l'intérieur du Royaume-Uni», détaille l'étude.

C'est plus que les émissions de l'Allemagne et du Canada, relève l'étude, et un peu moins que celles de l'Iran, 8ème pays le plus émetteur de CO2, assure-t-elle en citant des données du site climatewatchdata.

L'étude porte sur 15 banques et dix gestionnaires d'actifs qui sont présents au Royaume-Uni mais pas tous des institutions britanniques.

La City est le quartier de Londres où se trouve le siège de la plupart des grandes banques installées au Royaume-Uni mais le terme évoque fréquemment l'ensemble du secteur financier du pays.

«Greenwashing»

L'étude n'inclut pas les assurances et dit donc sous-évaluer largement l'empreinte carbone de la finance britannique qui devrait, selon elle, être considérée comme un secteur à fortes émissions de carbone à l'instar des secteurs pétrolier, minier ou aérien.

«Au lieu de cela certaines banques et institutions financières prennent des engagements volontaires de réduire leurs émissions de CO2, dont beaucoup se sont révélées relever du "greenwashing"» et sont insuffisantes, poursuit l'étude.

«Prévoir une transition vers la neutralité carbone sans tenir compte du secteur financier est comme mettre un pansement à un patient qui a besoin d'une opération à cœur ouvert», fait valoir Tanya Steele, directrice exécutive de WWF.

Elle appelle le gouvernement britannique à «montrer la voie» à l'heure où il organise pour novembre à Glasgow la prochaine grande réunion environnementale internationale, la COP26, en exigeant des «institutions financières d'avoir un plan pour parvenir à la neutralité carbone incluant leurs investissements».

Un porte-parole de l'association sectorielle UK Finance a réagi à l'étude en assurant que «les établissements de prêts prennent leurs responsabilités envers la société très au sérieux et, aux côtés du gouvernement et de la Banque d'Angleterre, jouent un rôle prédominant dans la transition vers une finance à l'impact carbone neutre».

L'association rappelle que le mois dernier de grands acteurs de la finance ont affiché leur ambition d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, formant la Net Zero Banking Alliance, présidée par l'ex-gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney, devenu envoyé spécial de l'Onu pour le climat et l'un des organisateurs de la COP26.

Une initiative accueillie froidement par les ONG écologistes qui parlent de «diversion».

«Les services financiers reconnaissent avoir un rôle crucial à jouer pour faire face au changement climatique», a commenté Emma Reynolds, une responsable de l'organisation TheCityUK.

«À travers des produits tels que les obligations et prêts "verts" le secteur peut attirer le capital vers des produits durables. (...) Le secteur peut aussi faire mieux pour faire face à sa propre performance» environnementale «avec des objectifs sociaux écologiques et des engagements vers la neutralité carbone», ajoute-t-elle.

Elle admet cependant que «des défis importants persistent» comme «des incitations peu cohérentes, des désaccords sur les objectifs justes».

Un rapport d'une autre ONG écologiste, Reclaim Finance, accusait début mai les grandes banques britanniques, malgré leurs annonces en faveur de la neutralité carbone, d'être à «l'avant-garde du financement du pétrole, charbon et autres hydrocarbures».

Une autre étude menée par plusieurs ONG en mars avait pointé l'augmentation des financements accordés aux producteurs d'énergies fossiles par les grandes banques entre 2016 et 2020.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.