La romancière saoudienne Ghada Aboud nous parle d’identités

La romancière saoudienne Ghada Aboud, lauréate du prix AFAC, à l'affiche des rencontres littéraires internationales de la Villa Gillet (Capture d'écran/Villa Gillet)
La romancière saoudienne Ghada Aboud, lauréate du prix AFAC, à l'affiche des rencontres littéraires internationales de la Villa Gillet (Capture d'écran/Villa Gillet)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

La romancière saoudienne Ghada Aboud nous parle d’identités

  • L’auteure de l’excellent « Bipolar », un roman qui explore le thème de la bipolarité et son traitement dans les médias, partage avec Arab News en français ses projets et ses objectifs
  • Ghada Aboud attribue l’autonomisation des Saoudiennes au plan Vision 2030 «qui a donné à des femmes hautement qualifiées et hautement éduquées la chance qu'elles méritent »

BEYROUTH : Mardi dernier, 25 mai, trois brillantes jeunes auteures du Golfe, Ghada Aboud (Arabie saoudite), Laila Al-Motawa (Bahreïn) et Alia Bin Musabeh Al Shamsi (Émirats Arabes Unis), engageaient en direct un débat entre elles sur la thématique des « regards féminins ». L’échange avait démarré fort, avec un quasi rejet par les trois conférencières d’une quelconque écriture « féminine ». « Je crois que l'art franchit les frontières du genre, de l'ethnie, des origines pour nous unir sous la seule bannière de l’humanité. Il n'y a pas de catégorie connue sous l’appellation de ‘littérature masculine’, par conséquent, il n’y a pas lieu d’en parler non plus au féminin » a relevé Ghada Aboud.  Cette discussion avait lieu dans le cadre du célèbre festival littéraire international de la Villa Gillet à Lyon.

« Construire des ponts d’empathie »

La romancière saoudienne Ghada Aboud, lauréate du prix AFAC, avait été invitée par l'Alliance française d'Arabie saoudite à y participer. Par ailleurs consultante indépendante, journaliste et présentatrice d'une émission de télévision axée sur la promotion des artistes saoudiennes, l’auteure de l’excellent « Bipolar », un roman qui explore le thème de la bipolarité et son traitement dans les médias, partage avec Arab News en français ses projets et ses objectifs. Son nouveau roman qui traite de la problématique de l’identité en fait partie. « Mon objectif principal dans tous mes domaines d’activité est de créer une chance pour les connexions humaines et de construire des ponts d'empathie et de compréhension. J'aspire à sensibiliser notre communauté locale et le monde international au fait que, quelles que soient nos différences, nous partageons tous des valeurs humaines et nous pouvons nous relier les uns aux autres dans l'humanité. Ainsi, je travaille à ouvrir des portes et des canaux pour une compréhension mutuelle à travers une communication positive. Un autre objectif plus élevé pour moi est de jouer un rôle positif dans la présentation de Saoudiens créatifs, de toucher le monde et de faire connaître mon pays à travers son riche patrimoine artistique et culturel, et ses hautes valeurs humaines » affirme la romancière qui précise : «lorsque L’Alliance France en Arabie saoudite m'a contacté pour représenter les écrivains saoudiens au Festival international de littérature Villa Gillet, j'ai salué cette opportunité car elle correspond à ma volonté d'être présente en tant que voix saoudienne dans la communauté culturelle et artistique internationale, et de contribuer à y construire des ponts et promouvoir l’empathie ».

Individualisme contemporain et obsession de la compétition

Quand on demande à Ghada Aboud ce qui a motivé l’écriture et le sujet de son roman « Bipolar », elle répond que, ne souffrant pas elle-même de bipolarité, elle a choisi cette thématique comme une métaphore. « J’ai toujours été intéressée par le bien-être mental, en tant que facteur de base qui reflète la valeur de notre vie quotidienne. J'étais préoccupée par l'individualisme contemporain et l’obsession de la compétition. La profusion d’ouvrages de développement personnel, les listes de ‘Top 10’ ne nous laissent aucune chance de mener une vie équilibrée. Les gens risquent de plus en plus de tomber en dépression ou de devenir maniaques pour maintenir leur succès et leur dignité. Je me suis mise à suspecter la vague de sensibilisation aux maladies mentales : s’agit-il vraiment de sensibiliser à ces maladies ou d’en faire le marketing ? Les personnes qui souffrent vraiment ont besoin d'un espace sûr de compréhension et d'expression qui ne commercialise pas leur lutte. ‘Bipolar’ est une tentative de trouver une réponse et lancer un appel à une réelle compréhension, à la compassion humaine sur ce sujet dans la course folle où nous sommes entrainés ». La réponse des lectrices et lecteurs ne s’est d’ailleurs pas faite attendre. Ghada Aboud se dit reconnaissante pour tous les messages qu’elle a reçus de différents pays arabes, d'Irak, d'Algérie ou d’Égypte : « Je suis très reconnaissante à tous les lecteurs qui sont venus me parler personnellement lors d'une conférence ou lors de salons du livre et m'ont dit combien ce roman exprimait de choses qu'ils voulaient dire, combien il leur a donné d’espoir et la confiance d’être dignes d'amour », ajoute-t-elle, heureuse aussi d’avoir été comprise par les lecteurs saoudiens,  familiers avec la littérature régionale et internationale.

Trois auteures du Golfe aux rencontres littéraires internationales de la Villa Gillet: Ghada Aboud (Arabie saoudite), Laila Al-Motawa (Bahreïn) et Alia Bin Musabeh Al Shamsi (Émirats Arabes Unis). (Capture d'écran/Villa Gillet)
Trois auteures du Golfe aux rencontres littéraires internationales de la Villa Gillet: Ghada Aboud (Arabie saoudite), Laila Al-Motawa (Bahreïn) et Alia Bin Musabeh Al Shamsi (Émirats Arabes Unis). (Capture d'écran/Villa Gillet)

L’auteure met cependant en garde contre la confusion entre romancier et psychologue : « L'écriture de ce roman m'a pris trois ans de recherches et d'entretiens. Je ne l'ai pas écrit sur une expérience personnelle. Je voulais adresser un message aux personnes souffrant de bipolarité ou de toute autre maladie mentale, leur dire qu'elles méritent d'être aimées, et aussi de sensibiliser les parents au rôle important que joue une famille dans les traumatismes infantiles et leurs conséquences » elle ajoute par ailleurs qu’elle voulait aussi attirer l’attention sur l'importance du diagnostic médical : « Il est impératif de s'abstenir de se diagnostiquer soi-même, au risque de s’identifier à sa star préférée qui aura annoncé sa lutte contre la maladie mentale ».

« Je suis reconnaissante envers Vision 2030 pour toute la diversité que nous voyons et intégrons dans notre société » affirme Ghada Aboud
« Je suis reconnaissante envers Vision 2030 pour toute la diversité que nous voyons et intégrons dans notre société », affirme Ghada Aboud

Un nouvel ouvrage sur l’importance des arts dans la définition d’une identité nationale

Animatrice d’une émission culturelle, Ghada Aboud nourrit aussi son écriture de ses rencontres avec des créatifs saoudiens de haut niveau. C’est cela qui la décide, quand elle décroche la bourse de littérature AFAC 2020, à explorer le thème de l’identité en mettant en avant « l’importance de l'art et de la littérature dans la définition de l'identité d'une nation », à l’heure où l’Arabie saoudite œuvre plus que jamais à valoriser son patrimoine culturel et artistique. « Le roman se déroule au début des années 80 et est un hommage aux grands artistes qui ont façonné notre patrimoine musical tels qu'Ibrahim Khafaji, Tarik Abdul Hakim, Fawzy Mahsoun, Omar Kadars qu’admire le célèbre chanteur Etab. Le roman décrit le parcours des artistes saoudiens et leur rôle clé dans la formation de l'identité saoudienne ainsi que les défis auxquels ils ont été confrontés dans les années 1980 ». Cet ouvrage, quasi achevé, cherche désormais son éditeur.

La Vision 2030, une chance pour les Saoudiennes

Quant à la romancière, elle se réjouit de ce que les femmes arabes et saoudiennes aient pu faire leurs preuves dans des carrières de premier plan. « Les Saoudiennes travaillent et sont désormais indépendantes financièrement » rappelle-t-elle, avec un bémol cependant pour son propre domaine, celui de l’écriture « qui a une réalité différente pour les hommes et les femmes. Il est difficile de maintenir son indépendance financière dans le domaine de l'écriture. C'est un défi auquel tous les écrivains de la région sont confrontés ». Ghada Aboud attribue cette avancée vers l’autonomie féminine au plan Vision 2030 « qui a donné à des femmes hautement qualifiées et hautement éduquées la chance qu'elles méritent ». « Je suis reconnaissante à Vision 2030 pour toute la diversité que nous voyons et intégrons dans notre société », ajoute celle pour qui « les héros / héroïnes les plus puissants sont les plus vulnérables et les plus incertains, mais continuent à se réveiller tous les jours avec l'idée de faire de leur mieux, même si ce mieux n'est pas suffisant ».

Enfin, si elle pouvait faire une différence dans ce monde, Ghada Aboud affirme qu’elle demanderait aux entreprises de minimiser les heures de travail, de donner aux individus la possibilité de passer du temps avec leurs familles et de permettre aux gens de prendre le temps de veiller à leur bien-être. « J'empêcherais aussi les médias de masse et les médias sociaux de déchaîner ce comportement de consommation extrême axé sur l'image et le succès en vendant des illusions de vies parfaites ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La télévision, option la plus populaire parmi les Saoudiens pour regarder la Coupe du monde

La Coupe du monde de la Fifa 2022 au Qatar. (Photo, AN)
La Coupe du monde de la Fifa 2022 au Qatar. (Photo, AN)
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  • Une étude de l’agence de publicité Digital Turbine révèle que 58 % des habitants du Royaume prévoient de regarder au moins certains matchs de la Coupe du monde à la télévision
  • Cependant, 86 % des Saoudiens ont déclaré qu'ils utiliseraient plus d'un appareil pour suivre les matchs, 55 % ayant l'intention d'utiliser leur smartphone au moins une partie du temps

DUBAÏ: À un peu plus de six semaines du coup d'envoi de la Coupe du monde de la Fifa 2022 au Qatar, les fans de football du monde entier attendent avec impatience le début de ces compétitions exceptionnelles.

Le fait qu'elle se déroule pour la première fois au Moyen-Orient ajoute une autre dose d'enthousiasme pour les fans de la région. Les Saoudiens sont impatients de voir comment leur équipe nationale jouera dans la phase de poules contre l'Argentine, le Mexique et la Pologne.

Il n'y a pas si longtemps, la seule manière de regarder les matchs de la Coupe du monde était la télévision, mais il existe aujourd’hui d’autres options, notamment les téléphones portables et les tablettes.

L’agence de publicité Digital Turbine a mené des recherches pour découvrir les préférences et les intentions des téléspectateurs du Royaume pour regarder la Coupe du monde et le football en général, ainsi que la manière dont les marques interagissaient avec le public.

Dans l’étude, 60% des personnes interrogées ont déclaré regarder les matchs de football au moins une fois par semaine, indiquant que ce sport est l'un des plus populaires du Royaume.

Compte tenu de la gamme d'options disponibles pour voir les matchs, 86 % des personnes interrogées ont affirmé qu'elles prévoyaient d'utiliser plus d'un appareil pour suivre la Coupe du monde, 58 % précisant qu'elles en regarderaient au moins une partie à la télévision, et 55 % en utilisant leur smartphone au moins une partie du temps.

Il n'est peut-être pas surprenant que 57% des personnes affirment avoir tendance à passer davantage de temps à utiliser des applications sportives pendant la Coupe du monde et les grandes compétitions similaires, souvent en regardant des matchs.

Pendant les matchs, 24 % des personnes interrogées ont déclaré avoir l'intention de consulter les applications d'actualités sportives, 23 % sur les applications de réseaux sociaux, 16 % utiliseront des applications mobiles de jeux de sport, et 16 % des applications de messagerie.

Il n'y a pas que les fans qui s'intéressent aux grands événements sportifs comme la Coupe du monde. Ils attirent également l'attention et les budgets marketing des marques qui cherchent à toucher un public aussi large que possible. À titre d’exemple, les dépenses publicitaires mondiales pour la Coupe du monde 2018 ont atteint 2,4 milliards de dollars (un dollar = 1,01 euro), les marques pouvant dépenser 200 millions de dollars pour un accord de parrainage officiel, selon une étude de la régie publicitaire Zenith.

Selon les recherches de Digital Turbine, la plupart des Saoudiens adoptent une attitude positive envers la publicité pendant la Coupe du monde. En effet, 80% ont affirmé envisager d'acheter un produit vu dans une publicité diffusée pendant les matchs, 36% indiquant qu'ils le feraient dans les deux à trois jours suivant la diffusion. Par ailleurs, 66% des sondés ont indiqué qu'ils seraient susceptibles de revoir en ligne une publicité diffusée pendant la Coupe du monde.

Bien que la recherche indique que le public du Mondial est généralement réceptif aux publicités pendant les matchs, celui-ci a certaines attentes et préférences pour un type de publicités. Par exemple, 59 % des personnes interrogées ont affirmé qu'elles préféreraient que les publicités soient drôles et 40 % ont précisé qu'il était plus important qu’elles soient porteuses d’émotion ou de réconfort.  

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gims présente son prochain album, où il reconnaît «ses erreurs»

Gims a dévoilé un premier titre de l’album, Maintenant, aux arrangements eighties. (Capture d'écran)
Gims a dévoilé un premier titre de l’album, Maintenant, aux arrangements eighties. (Capture d'écran)
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  • Le nouvel album de Gims, Les dernières volontés de Mozart, sortira le 2 décembre
  • Dans le premier titre qu’il a dévoilé, Maintenant, le chanteur fait un mea culpa

MONTRÉAL: Mercredi, Gims a annoncé son grand retour, avec la sortie le 2 décembre d’un nouvel album, Les dernières volontés de Mozart. 

L’auteur-compositeur-interprète et rappeur congolais, qui compte plusieurs millions d'albums écoulés depuis le début de sa carrière solo, n’avait pas sorti d’album depuis Le Fléau, il y a deux ans. 

Gims a dévoilé un premier titre de l’album: Maintenant. Un morceau aux arrangements des années 80,  en forme de mea culpa, où Gims revient sur ses «erreurs». «J'apprends des erreurs, je laisse faire/Je construis peu à peu je l'espère», chante-t-il. 

L'an dernier, Gims avait notamment était au coeur d'une polémique en demandant qu'on ne lui souhaite plus la bonne année. «C'est une façon de dire, écoutez, je pense que j'ai fait des conneries, comme plein d'entre nous, j'ai peut-être fait des mauvais choix, mais je suis obligé de continuer d'avancer», a-t-il confié à la radio française RTL. «J'apprends sur le tas», «je suis un artiste et surtout un humain», a-t-il ajouté. 

Le titre a connu un succès immédiat: le compteur s’est affolé rapidement, en quelques minutes, pour comptabiliser plus de 37 499 likes sur Instagram et 650 721 écoutes sur YouTube, preuve que ses admirateurs l’attendent impatiemment. 

Les dernières volontés de Mozart se veut être un hommage au compositeur du 18e siècle que Gims considère comme «un ovni, un ténor». L'album propose une vingtaine de morceaux très différents les uns des autres, avec en prime, quelques surprises...

 


Deux comédies musicales égyptiennes des années 1970 seront projetées au festival du film de la mer Rouge

Dans son dernier projet de restauration, le festival du film de la mer Rouge devrait projeter en décembre deux films cultes classiques égyptiens. (Photo fournie)
Dans son dernier projet de restauration, le festival du film de la mer Rouge devrait projeter en décembre deux films cultes classiques égyptiens. (Photo fournie)
Dans son dernier projet de restauration, le festival du film de la mer Rouge devrait projeter en décembre deux films cultes classiques égyptiens. (Photo fournie)
Dans son dernier projet de restauration, le festival du film de la mer Rouge devrait projeter en décembre deux films cultes classiques égyptiens. (Photo fournie)
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  • Les organisateurs ont annoncé que des versions restaurées de Méfie-toi de Zouzou et d’ Amours à Karnak seront projetées pendant le festival du film de la mer Rouge
  • Méfie-toi de Zouzou est devenu l'un des films les plus rentables de l'histoire du cinéma arabe et a fait de son couple d’acteurs principaux, Souad Hosni et Hussein Fahmi, des vedettes

DJEDDAH: Les cinéphiles peuvent se réjouir: ils assisteront à des projections de versions restaurées de deux classiques du cinéma musical égyptien, lors du deuxième Festival international du film de la mer Rouge à Djeddah, qui se tiendra en décembre.

En collaboration avec Arab Radio et Television Network, la société holding d'investissement pour le cinéma du ministère égyptien de la Culture, et Media Production City en Égypte, le festival présentera sur grand écran pour un public international Khali Balak min Zouzou («Méfie-toi de Zouzou»), qui date de 1972 et Gharam fil Karnak («Amours à Karnak»), sorti en 1967. 

Mohammed al-Turki, PDG du festival international de la mer Rouge se félicite de ces projections très attendues. «Notre festival s’enrichit de deux joyaux, des films qui ne représentent pas seulement des jalons majeurs dans l'histoire du cinéma égyptien, mais témoignent de l'éclat de grands artistes, comme la regrettée actrice Souad Hosni, la "Cendrillon du cinéma égyptien", et l'artiste aux multiples talents, Mahmoud Reda», affirme-t-il à Arab News

Reda, décédé en 2020, était un célèbre chorégraphe égyptien. Il était également l’esprit créatif qui se cachait derrière les chorégraphies de danse fantastiques dans un grand nombre de films, dont Agazet Nus el-SanaVacances en milieu d’année») et Harami el-WaraqaLe voleur du billet de loterie»).

«Nous voulions rendre hommage au grand chorégraphe Mahmoud Reda, décédé durant la pandémie. La restauration d’Amours à Karnak est une lettre d’amour du festival de la mer Rouge pour cet artiste exceptionnel qui a fait rayonner la danse égyptienne contemporaine à travers le monde», raconte à Arab News Antoine Khalifé, directeur des programmes arabes et des classiques du cinéma du festival.

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Dans Amours à Karnak, les séquences de danse de Reda constituent la clé de l'intrigue alors qu'un groupe de jeunes danseurs tente de frapper un grand coup dans le secteur du divertissement tout en luttant pour joindre les deux bouts. Par ailleurs, la danseuse principale Amina et le directeur de la troupe, Salah, commencent à éprouver l’un pour l’autre des sentiments amoureux, ce qui entraîne une série de malentendus qui compliquent les choses pour tout le monde.

Le film a été largement acclamé pour la position qu'il occupe dans l'histoire du cinéma arabe. Sa restauration et sa projection au festival sont destinées à rendre hommage à ses créateurs et interprètes, source d'inspiration pour les cinéastes en herbe et preuve du dynamisme et de l'importance de l'industrie cinématographique arabe au fil des ans.

«La préservation du patrimoine cinématographique est au cœur du festival de la mer Rouge depuis la première année», soutient Khalifé. «Nous avons commencé par restaurer les films du photographe et directeur de la photographie saoudien Safouh Naamani, puis nous avons travaillé pour mettre en valeur le travail de cinéastes importants tels que Khairy Béchara, Youssef Chahine et Raafat el-Mehy.»

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Méfie-toi de Zouzou, qui sera projeté au festival pour marquer les cinquante ans de sa sortie, est une histoire d'amour où s’imbriquent des sujets de société qui mettent en vedette Souad Hosni, l'une des actrices les plus aimées du monde arabe.

Elle interprète le rôle de Zouzou, une jeune femme à qui tout semble sourire: elle a réussi ses études, est populaire et intelligente. Cependant, sa véritable passion est de se produire sur scène, et elle pratique donc son métier le soir en chantant et en dansant pour les amis de sa mère lors de soirées privées.

Au vu de la nature scandaleuse de son travail dans l'Égypte des années 1970, elle essaie de garder sa vie d'interprète secrète. Cela semble fonctionner jusqu'à ce qu'elle tombe amoureuse d'un nouveau professeur d'université qui enseigne les arts théâtraux. La situation devient de plus en plus compliquée lorsque son fiancé apprend la romance en train de germer entre eux. 

Méfie-toi de Zouzou est devenu l'un des films les plus rentables de l'histoire du cinéma arabe et a fait de son couple d’acteurs principaux, Souad Hosni et Hussein Fahmi, des vedettes, tandis que la musique de Salah Jahin et Kamal el-Tawil, ne manquera pas de susciter des sentiments de nostalgie chez le public qui découvre la version restaurée du film, reflétant l'amour intemporel pour le cinéma arabe et égyptien.

«Cette année, nous ne pouvions pas manquer Méfie-toi de Zouzou, car il a eu un impact immense sur des générations, non seulement grâce à de magnifiques chansons et à la sublime Souad Hosni, mais surtout en raison de la modernité de l’histoire à l’époque de sa création», souligne Khalifé.

Al-Turki, lui-même producteur de films, insiste sur l'importance des projets de restauration de films dans la préservation de la culture et de la créativité arabes.

«Cette initiative a été prise par la Fondation du festival de la mer Rouge pour confirmer notre engagement et notre sens des responsabilités envers la préservation de ce précieux patrimoine cinématographique, et en reconnaissance de son importance dans la formation de la mémoire et de la conscience des cinéphiles», ajoute-t-il.

«En les ressuscitant et en les transmettant à de nouvelles générations d'artistes et de cinéastes, nous pouvons tous apprendre de ces chefs-d'œuvre restaurés, en profiter à nouveau à la lumière des techniques de restauration modernes, et même redonner un air de jouvence à notre inspiration, en faisant évoluer nos projets pour l'art cinématographique.»

«Cette démarche n'a pas été uniquement accomplie avec des objectifs cinématographiques mais également culturels. Les arts, et notamment le cinéma, sont les miroirs des sociétés, et dans leur restauration réside la préservation du patrimoine, la renaissance des civilisations et les pierres angulaires de leurs identités», soutient Al-Turki.

Les classiques égyptiens restaurés font partie d'un futur programme de films régionaux et internationaux qui seront projetés pendant le festival à Djeddah entre le 1er et le 10 décembre. Les organisateurs ont indiqué qu'il inclura un programme rétrospectif célébrant les grands noms du secteur, et présentera au public de nouvelles voix locales et internationales. Il vise à approfondir le discours et les échanges culturels à travers des concours cinématographiques, des masterclass et des ateliers.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com