Al-Kazimi tente de trouver un juste équilibre pour préserver l'unité nationale de l'Irak

Le Premier ministre irakien, Mustafa al-Kazimi. (Archive/Reuters)
Le Premier ministre irakien, Mustafa al-Kazimi. (Archive/Reuters)
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Al-Kazimi tente de trouver un juste équilibre pour préserver l'unité nationale de l'Irak

Al-Kazimi tente de trouver un juste équilibre pour préserver l'unité nationale de l'Irak
  • Certains analystes de médias turcs ont laissé entendre que le président Recep Tayyip Erdogan n’était pas présent au somment afin d’éviter les critiques envers la politique de la Turquie dans divers pays du Moyen-Orient
  • L'Irak se bat actuellement pour consolider son unité nationale en essayant de maintenir les kurdes au sein de l'union

Le Premier ministre irakien, Mustafa al-Kazimi, a organisé le mois dernier un sommet pour «la coopération et le partenariat» à Bagdad, avec la participation du roi Abdallah de Jordanie; du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi; du président des EAU, cheikh Khalifa ben Sultan al-Nahyane; de l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani; et du président français, Emmanuel Macron, seul dirigeant non moyen-oriental à y participer.

Certains analystes de médias turcs ont laissé entendre que le président Recep Tayyip Erdogan n'y était pas présent afin d’éviter les critiques envers la politique de la Turquie dans divers pays du Moyen-Orient, dont l'Irak. D'autres ont déclaré qu'il ne voulait pas s'asseoir à la même table qu'Al-Sissi, qu'il continue de critiquer tout en courtisant l'Égypte en vue d’amorcer un dégel des relations avec Le Caire. Ou alors qu’il aurait d'autres priorités. La Turquie était représentée à ce sommet par son ministre des Affaires étrangères, Mevlut Çavuşoğlu.

Kazimi a dirigé le service national de renseignements irakien et connaît donc les subtilités de l'équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient. En tant que politicien non sectaire, il a réussi à garder ses distances avec l'Iran et essaie de maintenir l'Irak dans une position de non-alignement dans le cadre d'une politique de «zéro ennemi». Cette approche n'éliminera peut-être pas tous les problèmes de l'Irak, mais les atténuera certainement.

L'objectif principal de la réunion était de rechercher des moyens de surmonter les défis politiques, économiques et sécuritaires de l'Irak. Dans la politique intérieure, Kazimi pourrait introduire une politique moins influencée par les liens communautaires et trouver un équilibre entre les trois principaux groupes politiques – les kurdes, les chiites et les sunnites. C'est une politique dont l'Irak a grandement besoin, car ce pays a profondément souffert par le passé des divisions communautaires et ethniques. La menace est réelle et peut mettre en péril l'intégrité territoriale du pays si elle n’est pas correctement traitée. Les kurdes ont toujours été tentés d'accéder à l'indépendance, leur cause gagnant de plus en plus d’importance dans l'agenda international.

Après l'invasion de l'Irak en 2003, les États-Unis, mus par un sentiment anti-Saddam, ont diabolisé tout ce qui se rattachait au dictateur et notamment la structure baasiste qui était principalement composée de sunnites. Ils n'ont pas tenu compte du fait que la réduction du poids sunnite dans la politique intérieure conduirait en conséquence à la montée de l'influence chiite, c'est-à-dire de l'influence iranienne. Kazimi a fait de son mieux pour garder ses distances avec l'Iran, mais on ne sait toujours pas si l'intrusion de l'influence iranienne peut être contenue. La pénétration de l'Iran en Irak est profonde et peut ne pas être facile à déraciner.