*Ce texte a été publié sur le blog de Médiapart, comme le mentionne Human Rights Watch
PARIS : La France doit utiliser son influence au Liban afin d’assurer une enquête indépendante et internationale sur l’explosion du 4 aout dernier. Les démarches des politiciens libanais pour ne confier les enquêtes qu'aux institutions locales sont inacceptables. Leur incapacité à établir des responsables par le passé, ainsi que la méfiance populaire des institutions officielles, en sont la preuve.
Alors que le Liban souffre encore des conséquences de l’explosion du 4 août dernier dans le port de Beyrouth, la France se doit d’utiliser l’influence considérable dont elle bénéficie dans ce pays afin d’assurer la mise en place d’une enquête indépendante et internationale concernant ce tragique incident. Les démarches des politiciens libanais pour ne confier les enquêtes qu’aux institutions locales sont inacceptables. L’incapacité, maintes fois observée par le passé, des autorités libanaises à établir des responsabilités en ce qui concerne les défaillances gouvernementales, ainsi que la méfiance généralisée de la population envers les institutions officielles, en sont la preuve.
Le pouvoir judiciaire n’a pas la crédibilité requise pour mener à bien une enquête transparente. Les interférences politiques sont habituelles et ce depuis des années, y compris dans des cas documentés par Human Rights Watch. Des indices préliminaires suggèrent que certains juges auraient été informés que le nitrate d’ammonium, qui a provoqué l’explosion, était négligemment stocké dans le port.
Le président Emmanuel Macron a été le premier responsable politique étranger à arriver sur les lieux et à promettre une aide internationale. Après avoir visité une zone dévastée et avoir écouté des personnes affectées, il a été remarquablement direct en appelant à un « changement profond » et à un « ordre politique nouveau », alertant la classe politique libanaise que « le temps des responsabilités » était arrivé.

