Un cycliste professionnel lorrain d’origine algérienne, Nacer Bouhanni, victime de propos racistes sur le net; un incendie criminel d’une mosquée à Nantes; une journaliste, Nadiya Lazzouni, musulmane, menacée de mort par courrier; un néo-nazi projetant un attentat sur une mosquée au Mans; le centre islamique de Rennes vandalisé et tagué avec des inscriptions racistes… L’actualité du racisme antiarabe et islamophobe va bon train en ce mois d’avril confiné et incertain. Chaque semaine apporte son lot d’incidents racistes à la liste déjà bien fournie, en pleine crise liée au Covid-19.
Mais le plus tragique s’est passé le 23 avril. Il s’agit du meurtre d’une fonctionnaire de police, Stéphanie Monfermé, âgée de 49 ans, mère de deux enfants, dans le sas d’entrée du commissariat de Rambouillet. Le meurtrier, Jamel Gorchene, abattu par les policiers, un Tunisien âgé de 36 ans, chauffeur-livreur, était un inconnu des services de police, récemment radicalisé à l’islam. Entré clandestinement en France, il avait été finalement régularisé. Ses proches ont évoqué des troubles du comportement et dépressifs. Il avait sollicité une consultation psychiatrique en février.
L’attentat a soulevé l’indignation et souligné la vulnérabilité de la France face aux attaques d’individus isolés radicalisés qui sèment la terreur depuis 2015.
Après Charlie Hebdo, les tueries du Stade France et du Bataclan, la décapitation de l’enseignant Samuel Paty... les citoyens sont excédés par cette barbarie. Personne n’a oublié que le 29 octobre dernier, dans la basilique de Nice, un autre Tunisien, Brahim Aouissaoui, 21 ans, avait sauvagement tué au couteau un homme et deux femmes. Le 14 juillet 2016, Nice avait été endeuillée par l’attentat d’un autre Tunisien, qui avait fait 86 morts sur la promenade des Anglais.

