C'est l'UE, et non Meloni, qui menace la démocratie

C'est l'UE, et non Meloni, qui menace la démocratie
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C'est l'UE, et non Meloni, qui menace la démocratie

C'est l'UE, et non Meloni, qui menace la démocratie
  • C'est la façon tordue dont les supporters de l'UE raisonnent qui les voue à l'échec
  • Le PIB italien par habitant est aujourd'hui inférieur à celui enregistré avant que le pays n'adopte l'euro en 1999

En les côtoyant tout au long de ces années, j'ai pu constater que les supporters intellectuels de l'UE qui comptent parmi les analystes géopolitiques – souvent financés par l'institution même qu'ils sont censés analyser avec impartialité – sont aussi nombreux que peu informés.

Dans ma société spécialisée en risque politique, on dit pour rire que si Bruxelles est «favorable» à une idée – confier sa sécurité énergétique aux Russes, prédire avec confiance que l'Europe émergera comme la superpuissance dominante de notre nouvelle ère, ou ignorer la menace que représente la Chine – nous devrions instinctivement parier contre cette même idée, tellement les analystes se trompent. Blague à part, il y a deux raisons concrètes pour lesquelles les analystes de l'UE se trompent si fréquemment.

D'abord, c'est la façon tordue dont les supporters de l'UE raisonnent qui les voue à l'échec. D'après eux, si le succès de la politique européenne confirme la progression de Bruxelles, l'échec implique que le bloc est sur la voie de la réussite. Le succès signifie certes que l'UE va dans la bonne direction. Quant à l'échec, il suggère, dans une forme bizarre d'hégélianisme, que Bruxelles va inévitablement «apprendre» de ses erreurs et qu'elle apportera immédiatement et rationnellement les corrections nécessaires, pour progresser vers des horizons plus cléments. Comme toujours, ces enthousiastes ne dupent qu'eux-mêmes.

L'autre problème est que ces analystes confondent l'analyse avec leurs souhaits, en d'autres termes ce qu'ils voudraient qu'il se passe. Les défenseurs de Bruxelles vantent invariablement le glas du populisme, l'ennemi juré de l'UE, parce qu'il incarne dans toute l'Europe ce que Bruxelles déteste le plus: il est nationaliste, méfiant à l'égard des experts, et démocratique plutôt qu'axé sur les élites.

Ainsi, les supporters de l'UE pensaient sincèrement (mais à tort) que le populisme européen s'éteindrait à la suite de la pandémie, lorsque la nécessité vitale de la suprématie des technocrates deviendrait évidente (du moins pour eux). Cependant, ces experts ont maintes fois eu tort, que ce soit en surestimant l'efficacité des mesures de confinement, en affirmant la primauté quasi-religieuse du port du masque ou en négligeant totalement les droits économiques, sociaux et démocratiques, tout cela au service d'une dictature de la santé.

Par ailleurs, avec l'invasion de l'Ukraine, ces mêmes experts ont estimé que le populisme allait prendre fin, parce que la coopération internationale (une force supposée de Bruxelles) s'imposait d'elle-même dans ce conflit. Une fois de plus, les supporters de l'UE se sont trompés, tandis que les populistes ont appris que les intérêts nationaux et géostratégiques spécifiques d'un pays étaient primordiaux, et qu'il était nécessaire d'avoir une armée – deux domaines qui ne relèvent pas de la compétence de l'UE.