Comment le régime iranien pourrait mettre en place une stratégie pour sauver les apparences

Comment le régime iranien pourrait mettre en place une stratégie pour sauver les apparences
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Comment le régime iranien pourrait mettre en place une stratégie pour sauver les apparences

Comment le régime iranien pourrait mettre en place une stratégie pour sauver les apparences
  • La meilleure option pour le régime iranien serait d’absorber la colère du peuple sans la confronter et de tenir compte de ses revendications plutôt que de les repousser
  • M. Zarif pourrait mener la transition et appliquer les réformes dont le pays a besoin, en donnant, avant tout, le droit aux femmes de choisir si elles veulent porter ou non le hidjab

Le régime iranien est mis au pied du mur. Malgré la répression, les manifestations ne se calment pas et la pression internationale augmente. Comment le régime iranien peut-il donc atténuer la colère? Une opération à l’étranger pourrait être une option, mais cela conduirait probablement à la destruction du pays et à la chute du régime. Une autre possibilité serait d’apaiser ses voisins et les États-Unis; cependant, les voisins de l’Iran ne font que très peu confiance au régime des mollahs. La meilleure option serait de trouver un moyen de sauver les apparences, en absorbant la colère du peuple sans la confronter et en tenant compte de ses revendications plutôt que de les repousser.

Les gens qui connaissent bien le régime savent que ce n’est pas un monolithe. Certaines personnes sont dogmatiques. Le Guide suprême, Ali Khamenei, est définitivement dogmatique, mais tout le monde ne l’est pas. Certains sont nationalistes et pragmatiques. Ils ne veulent absolument pas voir le régime s’effondrer, car ils savent qu’un effondrement se traduirait par un conflit interne et conduirait au chaos. Leur principal objectif est de préserver l’État et la cohésion du pays. Pour y parvenir, le régime doit faire des concessions. Bien que cela puisse marquer le début de la fin du régime, cela pourrait aussi signifier la survie de l’État et de ses institutions.

Bien que les pays de la région détestent le régime iranien, ils ne voudraient cependant pas d’un Iran fragmenté. Le scénario cauchemardesque serait que le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) se divise en dix ou vingt milices, sans que personne ne sache qui fait quoi et que les mandataires se retrouvent sans dirigeant. Au moins, pour le moment, avec les mandataires de l’Iran – le Hezbollah, les Houthis et les Hachd al-Chaabi – il existe une référence, qui est le régime de Téhéran.

L’Iran peut faire pression sur eux et leur imposer ce qu’il veut, mais s’il n’y a pas d’interlocuteur, qu’adviendra-t-il de ces mandataires? Ils pourraient être affaiblis et disposés à négocier, mais il est très peu probable qu’ils se défassent de leur comportement prédateur. Ils se tourneront probablement vers le crime organisé pour se financer et conserver leur autorité, ce qui rendrait la situation encore plus problématique.

Jusqu’à présent, l’Iran s’est abstenu de prendre le Golfe directement pour cible. Si le régime se décompose en plusieurs groupes, la situation demeurera-t-elle inchangée? Il existe de nombreux risques non identifiables et des inconnues, comme l’a indiqué un jour l’ancien secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, en décrivant la situation en Irak. Par ailleurs, l’Irak est le principal exemple qui montre comment l’effondrement d’un État a entraîné des combats internes et du sectarisme, favorisant l’apparition d’un incubateur pour le terrorisme. Aussi, nous devons nous rappeler que l’Iran dispose d’un arsenal de missiles considérable. Le Golfe, Israël et les États-Unis verraient-ils cet arsenal passer des mains d’un État central à plusieurs acteurs non étatiques qu’ils ne connaissent probablement pas et ne peuvent pas détecter?