Emmanuel Macron utilise le Liban comme porte d'entrée vers l'Iran

Emmanuel Macron utilise le Liban comme porte d'entrée vers l'Iran
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Emmanuel Macron utilise le Liban comme porte d'entrée vers l'Iran

Emmanuel Macron utilise le Liban comme porte d'entrée vers l'Iran
  • Je pense que Macron n'a pas fait de faux pas, mais qu’il a plutôt fait le bon pas pour conduire le pays dans la mauvaise direction. Il savait exactement ce qu'il faisait
  • Pour comprendre la position de Macron sur le Hezbollah, il est important d’analyser son attitude envers l’Iran. Si nous regardons ses antécédents, nous pouvons voir ses efforts incessants pour se rapprocher de Téhéran

Faisal Abbas, le rédacteur en chef d’Arab News, a écrit cette semaine un article dans lequel il explique que le président français, Emmanuel Macron, a fait un « faux pas » sur le Liban malgré ses « bonnes intentions ».

Je pense que Macron n'a pas fait de faux pas, mais qu’il a plutôt fait le bon pas pour conduire le pays dans la mauvaise direction. Il savait exactement ce qu'il faisait, et ses efforts n'étaient pas tant motivés par de bonnes intentions que par le désir de marquer des points politiques.

Sur le plan international, il espère que son rôle au Liban lui donnera l’opportunité de jouer un rôle plus important, notamment en tant que médiateur entre l'Iran et les États-Unis. Tandis que, au niveau national, cela l'aidera à augmenter sa popularité, en chute libre comme l’ont montré les résultats des récentes élections municipales.

Son deuxième voyage au Liban en tant que « sauveur » du pays cette semaine a débuté par une visite à Fairouz, la diva que les Libanais adorent et qui représente tout ce qu'ils aiment de leur pays.

Lors de sa visite, il a déclaré que le Hezbollah représente une partie du peuple libanais, mais il a néanmoins ajouté qu'il prévoyait « d’instruire » le groupe sur ses « responsabilités ».

Le Hezbollah n'a pas besoin d’instruction, Monsieur le Président, il sait exactement ce qu'il fait et est pleinement conscient des dangers dans lesquels il entraîne le pays.

L’initiative de Macron, enrobée de l’expression à la mode « gouvernement d’unité », est une manœuvre pour tendre la main au Hezbollah et lui donner une légitimité au niveau international.

Pour comprendre la position de Macron sur le Hezbollah, il est important d’analyser son attitude envers l’Iran. Si nous regardons ses antécédents, nous pouvons voir ses efforts incessants pour se rapprocher de Téhéran et jouer un rôle de médiateur entre ce dernier et les États-Unis. Il a tenté, lors du sommet de l'ONU en septembre de l'année dernière, de négocier une rencontre entre Donald Trump et Hassan Rohani. Ce dernier a refusé, insistant sur la condition préalable que les Américains assouplissent leurs sanctions contre la République islamique. Un mois plus tôt, il avait tenté de mettre en relation Trump et le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, lors du sommet du G7 à Biarritz, en France.

Lorsque l'explosion du port de Beyrouth s'est produite le 4 août, il a été le premier dirigeant à se précipiter au Liban et à exprimer sa solidarité avec son peuple. Il a marché parmi les gens dans les zones gravement touchées. À la suite de son voyage, il a appelé Trump à alléger les sanctions contre le Hezbollah, en utilisant comme prétexte qu'il fait le jeu de l'Iran.

Cependant, le choix de l’ambassadeur de la France au Liban – Bruno Foucher, ancien ambassadeur de Paris à Téhéran – montre que, même avant l’explosion, sa politique à l’égard du Liban impliquait un engagement avec le Hezbollah dans le cadre d’une politique globale d’engagement avec l’Iran.