Téhéran a menacé la Grèce de recourir à des «mesures punitives» pour le rôle qu’elle a joué dans la confiscation d'une cargaison de pétrole iranien transporté en contrebande. Quelques minutes plus tard, les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique ont saisi deux pétroliers battant pavillon grec dans le golfe Arabique.
Les actes de piraterie flagrants survenus la semaine dernière n'ont suscité que des «préoccupations» timides et des appels au calme de la part des gouvernements occidentaux. Ces agissements correspondent pourtant au comportement habituel de l'Iran. En effet, en 2019, un navire qui transportait clandestinement du pétrole pour le compte du régime d'Al-Assad en Syrie a été saisi à Gibraltar, et l'Iran a riposté de manière agressive: il s'est emparé d'un pétrolier britannique, ce qui a donné lieu à des négociations embarrassantes à l’issue desquelles le navire iranien a été autorisé à poursuivre son voyage.
Le régime des ayatollahs mène des attaques systématiques contre les navires du Golfe. Il lance des frappes de drones et de missiles contre les infrastructures pétrolières et les objectifs civils dans la région. Pourtant, le monde se contente de hausser les épaules.
L'Iran n'hésite pas à kidnapper des étrangers et des individus qui possèdent la double nationalité pour s’en servir comme une monnaie d'échange lucrative. Parmi ces personnes figure Nazanin Zaghari-Ratcliffe, détenue depuis 2016 pour des motifs fallacieux et libérée au mois de mars dernier. Pendant tout ce temps, Nazanin a subi des traitements inhumains qui se sont prolongés même après sa libération; les Gardiens de la révolution, de manière sadique, l'ont forcée à signer des aveux dérisoires avant de l’autoriser à retourner au Royaume-Uni.
Entre-temps, il est compréhensible que vous vous demandiez où en est la relance de l'accord nucléaire avec l'Iran. Robert Malley, l'envoyé du président Joe Biden, l'a clairement indiqué la semaine dernière: la reprise de cet accord piétine.
Au terme d'une année de négociations sinueuses à Vienne, M. Malley s'est dit «peu optimiste» quant à un éventuel accord. Pendant ce temps, l'Iran a continué à placer des équipements perfectionnés sur ses sites nucléaires et à enrichir de l'uranium à des niveaux de pureté record.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, les États-Unis n'ont pas prévu de plan B. M. Malley s'obstine à affirmer que «la seule option est la diplomatie». Au mois de février dernier, l'administration Biden a affirmé que les avancées nucléaires réalisées par l'Iran empêcheraient tout retour au plan de 2015 si un accord n’est pas conclu «dans les prochaines semaines». Près de quatre mois se sont pourtant écoulés depuis, et la diplomatie n’avance qu’au rythme des vœux pieux et des dérives stratégiques.

