Le 15 juin dernier, un article de Julien Bouissou, dans le quotidien français Le Monde, surprenait par un mélange d’ignorance et de naïveté. Le titre de ce papier était: «En Arabie saoudite, la féminisation spectaculaire de la population active serait l’une des conséquences du Covid-19».
Le contenu de l’article est très factuel et s’appuie sur une étude du célèbre think tank américain Brookings Institution, proche du parti démocrate, qui note que le taux d’activité des femmes en Arabie saoudite entre 2018 et 2020 a bondi de 64%. Le taux d’emploi serait, lui, passé de 19,7 à 33%.
Il y aurait donc lieu de se réjouir car, comme l’article le décrit, dans tous les autres pays du monde, la période récente a vu au contraire la destruction de très nombreux emplois féminins.
Mais non. Comme trop souvent quand on parle de l’Arabie saoudite des bureaux de Paris ou de Washington, on ne peut pas se contenter de saluer ce qui n’est que le résultat d’une série de réformes économiques et sociales. Ainsi, quand on lit l’article du Monde, si les femmes sont entrées sur le marché du travail en Arabie saoudite, ce serait à cause… de la Covid! Oui, vous avez bien lu, les chercheurs américains, relayés par Le Monde, pensent sincèrement que les femmes saoudiennes ont massivement remplacé les travailleurs immigrés indiens ou pakistanais expulsés pour cause de pandémie.

