Mes concitoyens américains me posent souvent la question suivante: «Pourquoi les musulmans et les Arabes ne dénoncent-ils pas la violence?» Cela me choque, parce que je sais qu’ils le font constamment. Cette question traduit un racisme persistant, alimenté par la naïveté de la plupart des Américains.
Samedi dernier, un homme armé – identifié plus tard comme le ressortissant britannique Malik Faisal Akram – est entré dans une synagogue de Colleyville, au Texas, et a pris en otage quatre personnes, parmi lesquelles le rabbin de la congrégation, pendant près de onze heures. Il a exigé la libération d’Aafia Siddiqui, spécialiste en neurosciences pakistanaise, condamnée à quatre-vingt-six ans de prison pour avoir tenté d’assassiner un soldat américain en 2010, lors de sa détention. Elle est mariée au neveu de Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau présumé des attaques terroristes du 11-Septembre.
Au moment où la nouvelle de la prise d’otages a éclaté, les dirigeants islamiques et les congrégations de l’ensemble du pays ont dénoncé cet acte terroriste. Par ailleurs, ils ont prié pour la sécurité des otages, qui étaient tous juifs.
En 2018, Robert Gregory Bowers, 46 ans, avait tué onze personnes dans la synagogue Tree of Life de Pittsburgh. Immédiatement, les dirigeants des communautés musulmanes et arabes des quatre coins du pays avaient dénoncé la violence et exprimé leur soutien aux personnes touchées. La communauté musulmane a même recueilli près d’un million de dollars (1 dollar = 0,88 euro) pour aider les familles des victimes.
Ce ne sont là que deux exemples de la manière dont les peuples musulmans et arabes condamnent la violence. Il y en a beaucoup plus. Bien que des différences religieuses et politiques entre les Juifs, les Arabes et les musulmans puissent exister, l’opposition à la violence fait généralement l’unanimité.
Les extrémistes des deux bords pourraient exploiter la violence pour attiser la colère et tenter de tirer profit des différences politiques qui séparent les communautés. Cependant, mon soutien à la Palestine n’affaiblit pas mon soutien à Israël ou mon opposition à l’usage de la violence. Et la plupart des Arabes et des musulmans que je connais ressentent la même chose.
Nous pouvons avoir un débat enflammé sur les politiques d’Israël et de la Palestine sans pour autant accepter la violence contre l’autre. Pourquoi est-ce si difficile à croire? La majorité des chrétiens arabes et des musulmans sont pacifiques et partagent les mêmes valeurs que les juifs.
Après la prise d’otages de samedi dernier, des groupes antimusulmans et des personnalités de premier plan ont dénoncé la «haine islamique contre les juifs» et ils ont critiqué les dirigeants juifs qui intègrent les musulmans. Mais vous ne pouvez pas vous plaindre de stéréotypes – l’antisémitisme étant le meilleur exemple – en stigmatisant une autre religion, l’islam, pour justifier vos attaques.
Grâce à la solidarité interreligieuse, le bien peut triompher du mal
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Grâce à la solidarité interreligieuse, le bien peut triompher du mal

- Samedi dernier, un homme armé est entré dans une synagogue de Colleyville, au Texas, et a pris en otage quatre personnes
- Nous avons besoin que les dirigeants des communautés juive, musulmane et chrétienne se réunissent et repensent le dialogue afin de pouvoir engager un débat politique