Le président américain, Joe Biden, a bien fait de publier le rapport de la CIA sur le meurtre de Jamal Khashoggi.
Son ancien patron, le président Barack Obama, a également bien fait de publier les vingt-huit pages du rapport de la Commission du 11 septembre, que le président George W. Bush avait classé secret.
Ceux qui s’attendaient à trouver des preuves de la complicité de l’Arabie saoudite dans l’affaire du 11 septembre ont été profondément déçus: il n’y en avait aucune.
Cette révélation récente remet en question l’hypothèse de ses auteurs.
Cette hypothèse évoque le fait qu’il est «tout a fait improbable que des responsables saoudiens aient mené une opération de cette envergure sans l’autorisation du prince héritier Mohammed ben Salmane». C'est comme si je disais que, en raison de la fameuse discipline des forces armées américaines, il totalement improbable que les auteurs des atrocités commises dans la prison d'Abou Ghraib les aient perpétrés sans l'autorisation du secrétaire à la défense Donald Rumsfeld ou du général Peter Pace. Après tout, selon le chef du bureau du webzine Salon, Sidney Blumenthal, c'est le général William G. Boykin qui, sous les ordres de Rumsfeld, a conseillé au chef du Camp X-Ray à Guantanamo, le général Geoffrey Miller, d’appliquer les mêmes méthodes de torture à Abou Ghraib et au système pénitentiaire irakien.
Boykin est tristement célèbre pour avoir dit : «Mon dieu était plus grand que le sien. Je savais que mon dieu était un vrai dieu et que le sien était une idole», faisant référence à Allah. Rumsfeld a défendu Boykin, le décrivant comme «un officier au parcours exemplaire dans les forces armées américaines».
Ceux qui ne connaissent pas les méthodes employées au Camp X-Ray devraient lire le livre Guantanamo Diary de Mohamedou Ould Slahi ou voir le film inspiré du livre et intitulé The Mauritanian.
Le livre comme le film détaillent les tortures qu'il a subies, notamment l'isolement, les humiliations sexuelles, les coups et les menaces de mort. Il y a été détenu pendant quatorze ans sans inculpation ni procès.

