Kazemi à Washington face au «modèle» iranien

Kazemi à Washington face au «modèle» iranien
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Kazemi à Washington face au «modèle» iranien

Kazemi à Washington face au «modèle» iranien
  • Tout cela s’est passé au moment où la capitale irakienne était le lieu de pourparlers entre des responsables saoudiens et iraniens qui avaient pour but de faire baisser les tensions entre les deux pays
  • C’est une bataille de longue haleine qui vise à arracher petit à petit le pays des mains de l’Iran qui vise à le modeler à son image

Demain (Lundi) le premier ministre irakien Moustapha Kazemi atterrira à Washington, pour entamer des pourparlers avec le président Joe Biden sur les modalités du prochain retrait des forces américaines, qui devrait avoir lieu à la fin de l’année, ainsi que sur l’avenir de la coopération avec les États-Unis surtout sur le plan militaire. Le retrait américain fait suite à une décision prise par le prédécesseur de Biden, Donald Trump, et devrait survenir après le retrait de l’Afghanistan.

C’est une décision lourde de conséquences au niveau stratégique, qui créera d’une manière ou d’une autre un vide que les acteurs régionaux seront amenés à combler, tant que l’Irak n’a pas réussi à mettre fin aux ingérences étrangères dans ses affaires internes. À ce niveau l’Iran est pointée du doigt pour être la partie la plus impliquée dans les affaires irakiennes, ce par l’entremise des milices, notamment chiites du « Al Hached - Al Chaabi » qui sont considérées comme étant majoritairement à la solde du corps militaire iranien des « Gardiens de la révolution ».

Ce développement hautement important est l’occasion de remettre sur le tapis la question des pays arabes qui subissent les méfaits de l’ingérence iranienne dans leurs affaires internes. Il est vrai que M. Kazemi œuvre courageusement avec les moyens du bord à améliorer sa marge de manœuvre vis-à-vis des deux acteurs les plus influents en Irak, l’Iran et les États Unis, mais il se heurte régulièrement aux tentatives des milices pro-iraniennes d’empiéter sur le terrain du gouvernement, tout en essayant de mener des vendettas contre des militants anti iraniens. Sur un autre plan le premier ministre irakien joue la carte de la réconciliation arabe. En fait il a entamé des visites officielles dans les pays du Golfe, surtout à Riyad et Abu Dhabi, enfin il a reçu fin juin à Bagdad le président égyptien Abdel Fatah al Sissi et le roi de Jordanie Abdallah II pour un sommet tripartite.

Tout cela s’est passé au moment où la capitale irakienne était le lieu de pourparlers entre des responsables saoudiens et iraniens qui avaient pour but de faire baisser les tensions entre les deux pays. On pourrait dire que le premier ministre irakien qui fait face à l’influence iranienne par proxy, joue un jeu pragmatique tout en tenant fermement ses positions de chef de l’exécutif œuvrant à étendre la souveraineté de la loi sur l’appareil de l’État. C’est un véritable équilibriste qui manœuvre tout en préparant les prochaines élections d’octobre prochain. Ces élections devraient être l’occasion de permettre l’émergence d’une nouvelle classe politique patriote attachée à la souveraineté de la loi, ainsi que la suprématie de l’État au détriment des milices pro-iraniennes armées jusqu’aux dents. 

C’est une bataille de longue haleine qui vise à arracher petit à petit le pays des mains de l’Iran qui vise à le modeler à son image. C’est une bataille contre un modèle que Téhéran tente par tous les moyens d’imposer partout où s’étend son influence.