La Chine et l’Occident: ennemis jurés ou alliés prospères?

La Chine et l’Occident: ennemis jurés ou alliés prospères?
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La Chine et l’Occident: ennemis jurés ou alliés prospères?

La Chine et l’Occident: ennemis jurés ou alliés prospères?
  • Si Pékin a l’intention de mener une invasion armée pour réintégrer Taïwan dans la Chine et si Washington envisage sérieusement une action militaire pour empêcher cela, la confrontation ne sera plus qu’une question de temps
  • Le récent sommet du G7 a cherché à adopter une approche intermédiaire de «réduction des risques», selon laquelle les entreprises occidentales ne se désengageraient pas complètement de la Chine

L’accord négocié par la Chine en mars pour rétablir les relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et l’Iran a pris la planète entière au dépourvu – non seulement en raison des répercussions sur les réalignements au Moyen-Orient mais aussi du fait du rôle de médiateur évident de Pékin. Des pays comme les États-Unis étaient à peine conscients de l’ampleur de ce qui se jouait. C’était un signal sans équivoque que la Chine avait définitivement émergé comme une puissance mondiale diplomatique, avec des ambitions claires de réaliser des avancées bien plus décisives.

Il fut un temps où la Chine semblait à peine avoir une politique étrangère allant au-delà des vagues déclarations sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres. L’initiative «La ceinture et la route» a profondément changé la stratégie chinoise, grâce à des investissements considérables dans les infrastructures au sein de multiples États asiatiques et africains. Alors que de nombreux pays en développement ont énormément bénéficié des routes, des ports, des ponts et des voies ferrées conçus par la Chine, le revers de la médaille est que des États lourdement endettés comme le Pakistan, le Sri Lanka et l’Angola se sont retrouvés enfermés dans le carcan de la domination chinoise.

En Afghanistan, les diplomates chinois ont exploité le retrait de l’Occident pour devenir l’un des rares États à s’engager systématiquement auprès des talibans. La Chine a également accepté d’investir 400 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) dans l’économie iranienne en échange de pétrole iranien à prix fortement réduit – l’un des nombreux facteurs qui ont poussé les intérêts de Téhéran, Moscou et Pékin à s’entremêler de plus en plus étroitement. La coopération économique et politique entre Pékin et les États arabes du Golfe a prospéré, la Chine devenant désormais le plus grand marché d’exportation de l’Arabie saoudite.

La Chine, une puissance économique

La Chine est une puissance économique inégalée. Au cours des dernières décennies, les dirigeants chinois ont impitoyablement eu tendance à donner la priorité à une expansion économique rapide par-dessus tout, créant chaque année des millions d’emplois pour de très nombreux jeunes diplômés des écoles et des universités. En une décennie seulement, le revenu moyen des ménages chinois a augmenté de 400%.

Mais avec la suppression des limites constitutionnelles des mandats présidentiels et le début du troisième mandat, les prédilections autoritaires de Xi Jinping pour la sécurité sont incontestablement passées au premier plan. Avec des politiques qui ont eu un effet dissuasif sur les relations commerciales internationales, comme les mesures punitives contre certaines entreprises étrangères, le risque pour les dirigeants chinois est que le ralentissement économique qui en résulte puisse alimenter un mécontentement important au sein de sa population.

Le conflit en Ukraine a tiré la sonnette d’alarme, indiquant que les invasions étrangères majeures ou les affrontements mondiaux entre superpuissances n’étaient pas seulement une relique du XXe siècle. Cette prise de conscience a dramatiquement incité les États de l’Otan à réévaluer leur sécurité collective – mettant particulièrement en lumière les défis auxquels fait face la Chine, qui a un PIB dix fois plus élevé et une population dix fois plus importante que la Russie.