Le raid mené pendant quarante-huit heures en ce début juillet par un détachement israélien fort d'un millier de soldats dans le camp de réfugiés de Jénine a fait douze morts (au moins) et près de cent vingt blessés du côté palestinien et un soldat israélien mort. Il éclaire d'une lumière crue la situation en Israël et en Palestine.
Côté israélien, Benjamin Netanyahou et ses partenaires de la coalition du parti religieux et de l'extrême droite – ses sbires, devrait-on dire –, MM. Smotrich et Ben-Gvir, iront jusqu'au bout. Le Premier ministre, on le sait, est un homme habile: il cherche à finasser pour diviser ses opposants et pour amadouer les autorités américaines; mais il est décidé à briser la résistance de la Cour suprême, sans tenir sérieusement compte ni des avertissements de l'armée ou des milieux d'affaires ni des manifestants de Tel-Aviv.
Cela fait, la prise de contrôle et, bientôt sans doute, l'annexion de la totalité de la Cisjordanie seront menées à terme, les colons ayant désormais quartier libre pour développer des implantations existantes, en créer de nouvelles, et régler leurs comptes avec les protestations palestiniennes comme ils ont commencé de le faire récemment dans plusieurs localités telles que Huwara, Umm Safa ou Turmus Ayya. Bezalel Smotrich, le suprémaciste juif, ministre des Finances, également chargé de l'administration des territoires occupés, a été très clair sur son ambition de porter la population des colons de cinq cent mille à un million.
Itamar Ben-Gvir, le ministre de la Sécurité nationale, ne dit pas autre chose. En visite dans la colonie d’Evyatar, il a déclaré: «Nous devons coloniser la terre d'Israël et en même temps lancer une opération militaire, détruire des immeubles, éliminer les terroristes. Pas un ni deux, mais des dizaines, des centaines, des milliers s'il le faut!»

