La crise en Israël est loin d’être terminée

La crise en Israël est loin d’être terminée
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La crise en Israël est loin d’être terminée

La crise en Israël est loin d’être terminée
  • Benjamin Netanyahou, menacé par une procédure judiciaire pour corruption, voulait impérativement revenir au pouvoir pour s’en protéger, ce qu’il a d’ores et déjà fait
  • Les opposants avaient fini par rassembler beaucoup de monde, notamment dans les milieux économiques et politiques

Benjamin Netanyahou a sûrement bien fait de décréter une pause dans son ambition de réformer la Cour suprême israélienne en vue de mettre fin à son indépendance et de lui retirer le droit de juger de la conformité au droit des lois votées par le Parlement. L’engagement de ce projet à marche forcée, comme il l’avait promis pendant sa campagne électorale, lui avait certes valu le soutien de l’extrême droite religieuse et du parti Force juive, raciste antiarabe, représentant le milieu des colons de Cisjordanie, qui lui ont apporté des voix décisives pour former une coalition disposant d’une majorité législative. 

Mais les opposants avaient fini par rassembler beaucoup de monde, notamment dans les milieux économiques et politiques. Et même du côté de Tsahal, l’armée israélienne, les choses s’étaient mises à bouger de façon franchement inquiétante. Certains observateurs commençaient à évoquer un risque de guerre civile. Ainsi, l’affaire a été reportée après les vacances parlementaires de la Pâque juive en mai prochain. «Une pause pour le dialogue», a dit M. Netanyahou. 

Mais la pause dont il s’agit ne doit pas faire illusion: ce n’est que partie remise. À M. Smotrich, le ministre des Finances, chef de l’extrême droite religieuse, Benjamin Netanyahou a promis que le débat reprendrait dès la reprise des travaux de la Knesset. Et à M. Ben-Gvir, chef du parti Force juive, nommé ministre de la Sécurité nationale, il a proposé la création d’une «garde nationale», placée sous son autorité et formée de volontaires pour protéger les colonies juives de Cisjordanie, une sorte de milice antiarabe, plus ou moins privée et moins regardante sur les principes que l’est la hiérarchie policière. C’est tout dire.