La danse macabre en Syrie laisse de sombres perspectives de paix

La danse macabre en Syrie laisse de sombres perspectives de paix
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La danse macabre en Syrie laisse de sombres perspectives de paix

La danse macabre en Syrie laisse de sombres perspectives de paix
  • La guerre syrienne, vieille de dix ans, est toujours d’actualité et il n’y aura pas de résolution rapide des intérêts divergents des principaux acteurs
  • Durant tout le mois de janvier, tous les fronts de guerre étaient en feu et chaque faction était en conflit avec les autres

Le «petit groupe» de 45 membres du Comité constitutionnel syrien, composé de représentants du gouvernement, de l’opposition et de la société civile, s’est réuni à Genève sous les auspices de l’Organisation des nations unies (ONU) la semaine dernière pour discuter des «principes de base» de la nouvelle Constitution syrienne. Par la suite, tout ce que l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, dira, c’est que certains «points communs» potentiels étaient apparus, confirmant que les discussions étaient encore loin d’être achevées.

En marge de ces pourparlers, les membres du processus de paix d’Astana – la Russie, l’Iran et la Turquie – ont appelé au respect de la souveraineté de la Syrie, une réprimande aux États-Unis pour leur soutien aux Forces démocratiques syriennes kurdes séparatistes (FDS) dans le nord-est du pays. Lors d’une session extraordinaire du Conseil de sécurité de l’ONU vendredi, le représentant permanent syrien a condamné «le terrorisme, l’agression, l’occupation étrangère et les mesures coercitives unilatérales» des États-Unis et de l’Union européenne dans son pays.

Ces initiatives diplomatiques ont été éclipsées par des combats généralisés en Syrie. Durant tout le mois de janvier, tous les fronts de guerre étaient en feu, et chaque faction était en conflit avec les autres. Ces affrontements meurtriers rappellent vivement au nouveau président américain, Joe Biden, que la guerre syrienne vieille de dix ans est toujours d’actualité et qu’il n’y aura pas de résolution rapide des intérêts divergents des principaux acteurs.

La Turquie a défié les FDS dans une nouvelle zone du nord-est: Aïn Issa. Cette ville se trouve à 45 km de la frontière turque et, par conséquent, en dehors de la «zone de sécurité» de la Turquie. Aïn Issa est importante, car elle est située sur l’autoroute M4. Elle est également le siège de l’administration kurde locale. Le plan de la Turquie est de perturber l’autorité kurde et d’affirmer son propre contrôle sur l’autoroute. Les bombardements turcs auraient conduit plusieurs milliers de résidents à fuir vers Raqqa, à environ 55 kilomètres au sud.

Dans une autre province du nord-est, Hassaké, les FDS ont combattu les forces gouvernementales afin de diluer la présence du régime dans les territoires kurdes. Cette impasse a contraint les Russes, qui ont favorisé un rapprochement entre le gouvernement et les Kurdes, à maintenir la paix dans la région en déployant leurs propres forces.

La Syrie est également confrontée aux menaces d’une grande variété de forces extrémistes et de groupes dissidents avec des objectifs différents. Le rajeunissement des cadres de Daech dans l’est de la Syrie a été confirmé par une vague d’enlèvements contre rançon et de meurtres dans les campagnes autour de Deir Ezzor. L’agence de presse Amak, liée à Daech, a affirmé qu’en 2020 elle avait lancé 600 attaques, au cours desquelles plus de 1 300 personnes avaient été tuées. Si la plupart des attaques ont eu lieu dans la région de Deir Ezzor, d’autres ont eu lieu à Raqqa, Alep, Homs, Hassaké et Dara’a.