Les principes égalitaires de la République française suggèrent que l'État est aveugle aux croyances et aux convictions personnelles de ses citoyens. Pour la plupart, c'est correct. Sa forme très particulière de laïcité approuvée par l'État renvoie une certaine image d'une république à laquelle tous ses citoyens ont un droit égal. Cependant, pour les musulmans qui représentent le deuxième groupe religieux de France, cette égalité générale est insuffisante.
Des décennies de marginalisation ont caractérisé leur expérience, mais depuis que le gouvernement s'est engagé dans une lutte contre ce qu'il appelle le «séparatisme islamiste», de nombreux musulmans français estiment que la xénophobie et la discrimination auxquelles ils sont confrontés sont devenues courantes.
La «laïcité» (sécularisme) dont les décideurs français sont si obsédés impose une délimitation stricte entre l'État et la sphère privée des croyances personnelles. Ce mur entre les deux visait à l’origine à protéger les citoyens de l’intrusion de l’État et de l’État contre les influences religieuses, qui ont fréquemment surgi tout au long de l’histoire du pays. Cet arrangement est cependant devenu de plus en plus désordonné car l'État semble s'impliquer de plus en plus dans la vie de ses citoyens musulmans.
Depuis des décennies, les présidents français se sont plongés dans les codes vestimentaires islamiques, les besoins alimentaires et la pléthore d'institutions religieuses et de lieux de culte que la France moderne abrite. Avec une population vieillissante qui lutte pour faire face aux transitions sociétales de la France post-impériale, les dirigeants français ont cherché à se concentrer sur les musulmans du pays en tant que bouc émissaire électoral au lieu d’apporter les changements structurels audacieux qui sont si désespérément nécessaires.

