Pendant des décennies, le régime théocratique répressif en Iran a fait preuve de zéro tolérance envers tout signe de dissidence, quelle que soit son origine, et a réprimé sans pitié les manifestants.
Depuis son arrivée au pouvoir en 1979, la direction du régime iranien a témoigné d’un mépris total pour les droits humains de son peuple, et ceux des femmes ont été bafoués avec un zèle particulier.
Depuis plus de deux semaines maintenant, le régime iranien montre toute son atrocité en réprimant plusieurs milliers d’Iraniens, principalement des femmes, qui ont envahi les rues pour protester contre la mort de Mahsa Amini, 22 ans. Arrêtée à Téhéran le 13 septembre par la police des mœurs iranienne, sous prétexte qu’elle portait son hijab de manière inappropriée, elle a ensuite été conduite dans un «centre de rééducation». Elle est décédée trois jours plus tard alors qu’elle était en garde à vue.
Assisterait-on à un moment historique où les femmes iraniennes prennent en main leur destin, et celui du pays, pour réformer l’Iran et peut-être même renverser le régime?
Les manifestations se sont propagées dans au moins quarante villes du pays, dont la capitale Téhéran, sous le slogan «Femme, vie, liberté». Les manifestants exigent la fin de la violence et de la discrimination à l’égard des femmes. Jusqu’à présent, selon Iran Human Rights, un groupe de surveillance basé en Norvège, 154 personnes ont été tuées à travers l’Iran et des milliers arrêtées par les forces de sécurité qui ont fait preuve d’une forme de brutalité jamais vue depuis plusieurs années au sein du pays.
Le gouvernement iranien adopte le seul moyen qui lui soit familier et confortable: la violence extrême contre des civils innocents, pour la plupart, des femmes, et qui ne sont plus prêts à se plier aux ordres d’un régime dominé par les hommes avec une idéologie oppressive n’ayant rien à voir avec la religion. Il s’agit plutôt d’un outil pour répandre la peur au moyen d’un contrôle absolu pour parvenir à la conformité et à l’obéissance.
Il est impossible de prédire pendant combien de temps ces manifestations pourront perpétuer l’énergie et la détermination nécessaires face à tant de morts et d’arrestations, mais une chose est sûre: la réaction excessive du gouvernement au soulèvement est une démonstration de faiblesse et de peur, sans parler de lâcheté.
Le régime a peur parce qu'il sait que la colère des femmes iraniennes, contre un système gangréné par la misogynie et la masculinité toxique, a atteint un point de non-retour et leurs protestations résonnent parmi tant d’autres à travers le monde, se mobilisant en force pour exprimer leur soutien.
Dans le passé, nous avons vu de nombreux Iraniens descendre dans la rue pour protester contre la répression, la mauvaise gestion de l’économie et la corruption. Ils ont été confrontés à une brutalité répressive extrême de la part du gouvernement et de ses agents.
Serait-ce donc une phase de transformation, au moment où de nombreux Iraniens, en particulier les femmes du pays, sentent qu’ils n’ont plus rien à perdre et sont donc prêts à poursuivre leur résistance jusqu’à ce que le régime se réforme ou s’effondre complètement?

