Cette semaine marque le 12e anniversaire du déclenchement de la première guerre civile libyenne, mais il n’y aura ni fanfare ni grands discours pour commémorer ce qui a été le début de la fin du régime de Mouammar Kadhafi.
L’occasion sera simplement marquée par des commentaires décourageants et des discours éclairés cherchant à démystifier la trajectoire déroutante du pays après l’année 2011 et sa transition bloquée.
Contrairement à une communauté mondiale impatiente devenue indifférente, qui semble satisfaite du chaos à l’intérieur des frontières du pays d’Afrique du Nord, la situation va de mal en pis pour les Libyens ordinaires.
Les divisions sont aussi variées que nombreuses, sur les plans politique, sociétal, sectaire et même géographique. Elles sont alimentées par des réclamations réelles et imaginaires. Alors que les tensions fluctuent dans un pays empli d’armes légères et de personnes lésées, le risque d’une nouvelle guerre ouverte reste élevé, une situation facilement exploitable par une ingérence malveillante au-delà des frontières libyennes.
Dans le même temps, l’absence d’État de droit signifie que même lorsqu’il existe des preuves irréfutables de violations flagrantes des droits de l’homme, les auteurs ne sont jamais punis, ce qui fait que les victimes ne prennent jamais la peine d’exiger que justice soit rendue.
Les malheurs se succèdent sans fin et les aspirations manquées d’antan ont dégénéré en une impuissance permanente, laissant peu d’espoir quant à l’idée qu’un État stable et pleinement fonctionnel puisse naître des cendres et des débris du printemps arabe.
Une triste réalité s’est installée sur ce territoire figé pendant près du quart des quarante-deux ans de règne de M. Kadhafi. Cette réalité a peu de chances de changer, compte tenu des ambitions et des excès d’une élite politique bien trop préoccupée à s’emparer du pouvoir et à le conserver, plutôt qu’à l’exercer pour servir d’autres intérêts que les siens.
Douze ans plus tard, il est clair que la Libye ne va nulle part. Son sort demeure une énigme.
Avant le cessez-le-feu, il y a un peu plus de deux ans, il était facile de simplement désigner la violence épisodique comme le principal obstacle à la démocratisation de la Libye. Cependant, la fin de la guerre ouverte n’a pas convaincu une élite politique, divisée entre l’ouest et l’est du pays, de rechercher la réunification, le désarmement des acteurs non étatiques, la restauration des institutions étatiques, des élections démocratiques et, à terme, la stabilité.
Au contraire, les parties en conflit vont jusqu’à tenir des discussions avec des objectifs ambitieux et déclarés comme l’intégration des nombreux groupes armés libyens en une seule force policière et militaire, dans le but de redonner à l’État son monopole sur l’usage de la force.
La transition en Libye est laborieuse, à dessein
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La transition en Libye est laborieuse, à dessein

- Les malheurs se succèdent sans fin et les aspirations manquées d’antan ont dégénéré en une impuissance permanente, laissant peu d’espoir quant à la mise en place d’un État stable et pleinement fonctionnel
- L’ouverture soudaine à la réconciliation a toutes les caractéristiques d’un stratagème visant à marginaliser l’ONU, qui semble déterminée à relancer la voie électorale présentée comme la seule solution crédible