La Tunisie doit remédier à son système éducatif déficient

La Tunisie doit remédier à son système éducatif déficient
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La Tunisie doit remédier à son système éducatif déficient

La Tunisie doit remédier à son système éducatif déficient
  • Pendant des décennies, les autorités tunisiennes ont investi de manière substantielle dans l'éducation, créant un précieux capital humain qui distinguait ce pays de ses homologues régionaux
  • Aujourd'hui, près de 80% des Tunisiens sont insatisfaits du niveau d’instruction dans le pays, une proportion plus élevée que dans tout autre pays d'Afrique du Nord

Si l'on demandait aux jeunes Arabes quelles étaient leurs ambitions d'avenir, la plupart parleraient de leurs attentes en matière de changements fondamentaux dans la politique et la gouvernance, de la protection des droits humains, du développement économique et d'un désir de paix durable dans les points chauds de la région, pour n'en citer que quelques-unes.
Dans l'esprit des jeunes de la région, les déficits structurels dans un certain nombre de secteurs, en particulier dans la santé et l'éducation, empêchent continuellement les progrès vers l'amélioration de leur vie ou de leurs moyens de subsistance et, par extension, les conditions économiques, politiques et sociales dans la région arabe dans son ensemble.
Il s'agit là d'un réquisitoire frappant contre le fossé grandissant entre les promesses de changement des régimes successifs et une triste réalité presque universelle: un cycle asphyxiant qui commence par le manque d’accessibilité, l’absence de priorité et le sous-financement de l'éducation, qui contribuent à un chômage des jeunes à deux chiffres ainsi qu'à la précarité, toutes générations confondues, et aboutissent en fin de compte au fait que les membres de la population la plus nombreuse de la région sont confrontés à un sombre avenir.
Si le monde arabe veut réussir à transformer un paysage marqué par des décennies d'échecs passés et la conflagration de crises qui menacent aujourd’hui de l'engloutir, la clé réside dans la réforme de l'éducation, l'intégration et la participation d’une jeunesse désabusée.
Cela est absolument vital dans des pays comme l'Algérie, la Tunisie, la Libye et le Liban, qui sont aux prises avec des problèmes multiples qui vont en s’aggravant, dus en partie à des opérations ayant échoué à remédier à des systèmes éducatifs défaillants.
En Tunisie, par exemple, la tendance des priorités parmi les jeunes est une orientation vers la recherche de réformes économiques, loin du malaise politique actuel, pour infléchir la dégradation des conditions actuelles et transformer la population en membres actifs et utiles à la société.
Cependant, l'accent mis sur les questions économiques, bien que nécessaires de toute urgence, éclipse les graves problèmes du système éducatif tunisien, autrefois considéré comme l'un des meilleurs du monde arabe.
Pendant des décennies, les autorités tunisiennes ont investi de manière substantielle dans l'éducation, créant un précieux capital humain qui distinguait ce pays d'Afrique du Nord de ses homologues régionaux, et offrait à ses citoyens des opportunités uniques de possibilités d’avancement.
Malheureusement, l'état actuel du système éducatif du pays est bien loin de cet âge d’or des mesures, encore et toujours saluées, du président Habib Bourguiba visant à créer une force de travail postcoloniale instruite et responsable en promouvant un programme d'éducation intégratif, mixte, bilingue et laïc, privilégiant la qualité plutôt que la quantité.
Malgré une faiblesse des inscriptions au niveau universitaire, la plupart des diplômés du secondaire avaient accès à une formation professionnelle et technique de qualité qui les préparait à participer à l'économie.
Plus important encore, le programme de Bourguiba visait à prévenir une tendance régionale inquiétante dans laquelle l'éducation devenait de plus en plus un outil visant à recueillir allégeance et légitimité en transformant le système en un programme de récompenses clientélistes. Former les jeunes esprits avec une pédagogie rigide teintée de propagande nationaliste, de dogmes et de discours d'exclusion a aidé à écarter toute «menace» de discussion ou de critique des personnes au pouvoir dans la plupart des sociétés arabes postcoloniales. En tout état de cause, les programmes mettant l'accent sur l'apprentissage machinal, la mémorisation et l'acceptation des vérités absolues finiront par causer des ravages en produisant des classes diplômées mal équipées pour s'engager dans un monde ayant déjà changé, et toujours en évolution.