La Turquie joue un rôle de premier plan dans l’équilibre Est-Ouest

La Turquie joue un rôle de premier plan dans l’équilibre Est-Ouest
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La Turquie joue un rôle de premier plan dans l’équilibre Est-Ouest

La Turquie joue un rôle de premier plan dans l’équilibre Est-Ouest
  • Le rapport de force qui prévalait en mer Noire grâce à la Convention de Montreux de 1936 s’est maintenu pendant plus de quatre-vingts ans, principalement grâce aux apports de la Turquie et de la Russie
  • La guerre russo-ukrainienne prendra fin tôt ou tard, mais seulement après que des dizaines de milliers de jeunes hommes – voire des centaines de milliers – auront été tués

Malgré les efforts de la communauté euro-atlantique, on a l’impression que la crise ukrainienne se trouve dans une impasse. Les États-Unis et l’Allemagne font de leur mieux pour maintenir la pression sur la Russie, mais jusqu’à présent, aucune percée n’a été constatée.

Les membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), en particulier les États-Unis, envoient des messages forts à Moscou, affirmant qu’ils continueront d’augmenter la pression, mais on ne sait pas si la Russie finira par céder.

Bien que l’Otan se considère comme une alliance défensive, certains analystes estiment qu’il s’agit d’un outil américain pour répartir la part de responsabilité des crises à travers le monde. Avec la crise ukrainienne qui bat son plein, la solidarité de l’alliance va certainement s’accroître et, tant que la menace russe continuera de peser, cette solidarité risque de perdurer.

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a annoncé la semaine dernière que l’alliance avait, jusqu’à présent, livré à l’Ukraine suffisamment d’armes pour équiper neuf brigades blindées bien entraînées. Les Ukrainiens estiment, à juste titre, que c’est moins que ce dont ils ont besoin. En comparant cette aide à la taille de l’armée russe, on se rend compte que ce n’est qu’un effort symbolique. Le vide restant doit être comblé par la détermination des troupes ukrainiennes.

Les lacunes de la Russie dans le domaine de la défense sont visibles, mais cela ne signifie pas que le pays n’est pas préparé pour une guerre prolongée. Personne ne sait quels étaient les objectifs de la Russie au départ. Les premières déclarations de Moscou donnaient l’impression que le pays allait se contenter d’annexer Donetsk et Louhansk, affirmant qu’il y avait une forte minorité russophone dans ces deux provinces. Selon les chiffres ukrainiens, cependant, seuls 38% des habitants de Louhansk et de Donetsk utilisent le russe comme première langue. Dans plusieurs autres provinces, ce pourcentage est beaucoup plus faible.

Après avoir lancé une attaque majeure le 24 février 2022, la Russie a envahi de vastes étendues de l’Ukraine et occupé près de 27% de son territoire, mais elle a ensuite dû se retirer de plusieurs provinces. Les territoires ukrainiens occupés par la Russie sont désormais réduits à 17%, y compris la Crimée. Expulser la Russie de certaines de ces régions, comme Donetsk et Louhansk, ne sera peut-être pas facile. Plus la guerre s’enracine, plus il sera difficile de déraciner les forces russes. Par conséquent, la Russie préfère voir la situation actuelle s’aggraver.

Il est irréaliste de présumer que la Russie est au bord de l’effondrement. Elle couvre une superficie considérable. Elle compte 143 millions d’habitants. Elle dispose d’une énorme quantité de ressources naturelles. Si nécessaire, elle peut imposer des mesures d’austérité pour contraindre le peuple ou le persuader.