La Turquie marche sur la corde raide en Libye

La Turquie marche sur la corde raide en Libye
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La Turquie marche sur la corde raide en Libye

La Turquie marche sur la corde raide en Libye
  • La France et les EAU ont fait des déclarations s’opposant à l’avancée des forces gouvernementales en direction de Syrte
  • La Turquie et le GNA pensaient que si un cessez-le-feu était accepté, Haftar profiterait de cette opportunité pour modifier l’équilibre militaire en sa faveur en faisant entrer de nouveaux mercenaires

Lorsque l’aide militaire turque a aidé le Gouvernement d’Union Nationale (GNA) à repousser l’Armée Nationale Libyenne de Khalifa Haftar et à changer le cours des évènements sur le terrain, Ankara a cru que le nouveau rapport de forces en sa faveur deviendrait permanent.

Les forces du GNA menaçaient de reprendre le port de Syrte stratégiquement important et la base aérienne de Al-Jufra qui le protège sur plusieurs centaines de kilomètres vers le sud. La prise de ces deux importantes cibles militaires était considérée par le gouvernement de Tripoli comme une priorité absolue en vue d’assurer le flux régulier des revenus pétroliers dans le budget national. Elles espéraient également que la prise à nouveau de Syrte se ferait en quelques semaines, sinon en quelques jours, mais cela ne s’est pas concrétisé, en raison des vives réactions des pays ayant d’importants intérêts en Libye.

La France et les EAU ont fait des déclarations s’opposant à l’avancée des forces gouvernementales en direction de Syrte. L’Egypte s’est faite plus précise. Le Président Abdel Fattah El-Sisi a déclaré que tout mouvement des forces du GNA pour prendre Syrte et Al-Jufra représentait une ligne rouge pour Le Caire. Il s’est rendu auprès des unités militaires égyptiennes présentes à la frontière libyenne et s’est réuni avec les chefs des tribus libyennes pour leur demander leur appui. Il a ensuite obtenu l’autorisation du parlement égyptien pour l’envoi de troupes à l’étranger.

Le Premier Ministre Libyen Fayez Al-Sarraj a déclaré que le gouvernement était déterminé à repousser les forces mercenaires de Haftar hors du pays. Ces protestations réciproques ont duré plusieurs jours.

Conformément à une règle militaire qui affirme que “si vous voulez la paix et la stabilité, préparez la guerre,’’ la Turquie a continué à renforcer ses positions dans les bases aériennes se trouvant sous le contrôle du GNA. Elle a installé des missiles antiaériens Hawk sur la base de Al-Watiya proche de la frontière tunisienne. Le Ministre de la Défense Hulusi Akar s’est rendu à Tripoli le mois dernier, et s’est longuement entretenu avec les autorités libyennes.  

Les principales parties prenantes en Libye ont considéré que de nouvelles effusions de sang seraient inévitables si le GNA poursuivait son objectif de reprendre Syrte. La Russie a notamment prodigué de grands efforts pour aboutir à un cessez-le-feu.

La Turquie et le GNA pensaient que si un cessez-le-feu était accepté, Haftar profiterait de cette opportunité pour modifier l’équilibre militaire en sa faveur en faisant entrer de nouveaux mercenaires. Malgré les réticences initiales de la Turquie, la Russie a en définitive persuadé Ankara de faire un communiqué conjoint annonçant un cessez-le-feu en Libye le 22 juillet. Cela ne peut être considéré comme un véritable accord international, cependant qu’un calme précaire prévalait sur le terrain après cette déclaration commune.