Le régime iranien semble être pris entre l’arbre et l’écorce: lever les sanctions imposées par les États-Unis à son establishment politique et aux principaux responsables de son gouvernement ou poursuivre ses objectifs nucléaires.
En effet, l’économie de la République islamique est plongée dans une profonde récession qui pèse lourdement sur la population. Cette inflation a considérablement réduit le pouvoir d’achat des citoyens. Selon les estimations, le taux d’inflation réel en Iran avoisine les 70%. Le quotidien contrôlé par l’État Jahan-e Sanat a signalé la semaine dernière que, «si l’on examine l’évolution de l’indice des prix à la consommation sur plusieurs années et compte tenu des taux d’inflation qui dépassent 30%, on constate que les familles iraniennes voient leur pouvoir d’achat diminuer de 20% en moyenne tous les ans. Les toutes dernières estimations fournies par le Centre des statistiques (Statistics Center) révèlent que la moyenne du taux d’inflation à la fin du mois de juin a atteint 43%». Selon le quotidien, «Ehsan Soltani fait partie des experts qui estiment que le taux d’inflation réel était de 71% en juin, un taux calculé en adaptant les statistiques annoncées aux réalités du marché».
Par ailleurs, les mollahs qui détiennent le pouvoir affrontent actuellement l’un des plus gros déficits budgétaires de leurs quarante ans d’histoire. Le déficit budgétaire s’élevait à 200 millions de dollars par semaine l’année dernière. Ces trois dernières années, la valeur de la devise iranienne, à savoir le rial, a chuté à des niveaux records. Ainsi, le dollar américain équivaut aujourd’hui à environ 250 000 rials, alors qu’il correspondait à environ 35 000 rials en novembre 2018. Selon Sima, qui travaille à la banque iranienne Pasargad, «les salaires n’ont pas bougé ces dernières années, alors que les prix des produits de base comme la nourriture, le transport, le loyer et les médicaments ont plus que doublé».
Il en va de même pour les milices pro-iraniennes, qui reçoivent dorénavant moins de financements. Ce manque à gagner pourrait expliquer pourquoi le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a fait en 2019, pour la première fois en plus de trente ans, une déclaration ouverte dans laquelle il a appelé les gens à faire des dons d’argent à son groupe: «Les sanctions et les listes d’organisations terroristes sont une forme de guerre contre la résistance et nous devons leur faire face. J’annonce aujourd’hui que nous avons besoin du soutien de notre base populaire. Il incombe à la résistance libanaise, à sa base populaire, à son entourage (de combattre ces mesures)», a-t-il expliqué.

