Le déni règne au Moyen-Orient alors que les chances de parvenir à un accord s'amenuisent

Le déni règne au Moyen-Orient alors que les chances de parvenir à un accord s'amenuisent
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Le déni règne au Moyen-Orient alors que les chances de parvenir à un accord s'amenuisent

Le déni règne au Moyen-Orient alors que les chances de parvenir à un accord s'amenuisent
  • Nous traversons une période de déni qui ne laisse entrevoir aucune solution ou aucun équilibre réel
  • La confusion dans laquelle baignent les États-Unis plonge les autres pays dans le même embarras

Un porte-parole de la coalition internationale contre Daech dirigée par les États-Unis a démenti la semaine dernière toute attaque contre la base militaire d'Al-Tanf en Syrie. Le lieutenant-colonel Joel Harper a attribué l'explosion à des exercices que les forces armées effectuaient. De leur côté, les Iraniens ont nié avoir été visés par une attaque consécutive à l'explosion qui a secoué la zone située près de la centrale nucléaire de Natanz en Iran le 4 décembre dernier.

Vivons-nous actuellement une période de déni où les différentes parties augmentent les enjeux et les moyens de pression sans pour autant s'engager dans une véritable confrontation? En effet, les parties s'efforcent de consolider leur position de négociation en prévision de la signature d'un nouvel accord sur le nucléaire. Or, si tous les pays sont favorables à un accord, la menace d'un affrontement catastrophique se pose. 

Cette période de déni correspond également à une phase d’apaisement et de provocation à la fois. Une partie en provoque une autre, puis elle recourt à l'apaisement lorsqu'elle a l'impression de se rapprocher d'une confrontation. Si Israël menace de mener des frappes unilatérales et s’il poursuit ses attaques contre des cibles iraniennes en Syrie, les États-Unis, quant à eux, tentent de calmer l'Iran. On a ainsi appris la semaine dernière, via le directeur de la CIA, William Burns, qu'aucune preuve ne permettait d'affirmer que l'Iran avait décidé de développer un programme nucléaire militaire. Cette déclaration rassure Israël mais c'est aussi une façon de garder la porte ouverte aux négociations avec l'Iran, dans la mesure où les chances de parvenir à un accord s'amenuisent.

Nous traversons une période de déni qui ne laisse entrevoir aucune solution ou aucun équilibre réel; une période où les différentes parties cherchent à occulter leurs problèmes dans l'espoir de retrouver un semblant de tranquillité.

Le plus haut responsable de la sécurité des Émirats arabes unis (EAU) s'est rendu en Iran la semaine dernière. Il a été reçu par son homologue dans une initiative que les médias favorables à Téhéran ont applaudie. Cette rencontre marque un «tournant» dans les relations entre les deux pays, comme l'ont souligné les médias d'État. La déclaration officielle publiée à l'issue de la rencontre n'a pas précisé les sujets abordés et elle a plutôt évoqué la résolution de différends de longue date. Il est probable que les questions épineuses aient été écartées pour mettre en avant les aspects liés au commerce et aux intérêts mutuels.

Dans la même optique, les EAU se sont ouverts à la Turquie aussi. Le mois dernier, le prince héritier d’Abu Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyane, a abordé avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, des questions portant sur les échanges commerciaux et sur d'autres sujets plus vastes. Le principal sujet de discorde – soit les relations avec les Frères musulmans – n’était probablement pas à l’ordre du jour.

Nous traversons donc une période où les pays passent outre les véritables problèmes et préfèrent se couvrir, ce qui explique leur comportement consistant à accepter leurs désaccords.

Une nouvelle dynamique gouverne désormais le Moyen-Orient. La région traverse en effet une phase d'incertitude. Il ne fait aucun doute que les États-Unis s'en retirent, mais que va-t-il se passer ensuite? Qui succédera aux États-Unis? Force est de reconnaître que Washington continue de s'intéresser au Moyen-Orient, même si son rôle dans cette région du monde devient de plus en plus restreint. La confusion dans laquelle baignent les États-Unis plonge les autres pays dans le même embarras. De ce fait, il incombe aux différentes parties prenantes de décider de la manière dont elles pourront éviter les risques. Pour y parvenir, elles doivent fermer les yeux sur les questions qui les préoccupent et ne se concentrer que sur les aspects positifs.