Le Hezbollah dans une position précaire avant le verdict sur l’attentat Hariri

Le Hezbollah dans une position précaire avant le verdict sur l’attentat Hariri
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Le Hezbollah dans une position précaire avant le verdict sur l’attentat Hariri

Le Hezbollah dans une position précaire avant le verdict sur l’attentat Hariri
  • Le mois dernier, la visite au Liban du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a abouti à un clash avec le Premier ministre, Hassan Diab, qui a refusé l’appel français aux réformes
  • « La colère populaire s’est installée et le Hezbollah s’est souvent retrouvé à défendre une position indéfendable »

Après la gigantesque double explosion de mardi qui a totalement détruit le port de Beyrouth – y compris les silos à grain qui renfermaient environ 85% du stock de céréales du Liban –, le Liban doit désormais compter sur le port de Tripoli. Celui-ci n’est pas équipé pour subvenir aux besoins d’une nation qui survit grâce à ses importations.

C’est un moment tragique pour le Liban. Mais ce moment tragique survient au milieu de tensions sans précédent. L’explosion a eu lieu à trois jours du jour tant attendu par tout le pays : le verdict du Tribunal international sur l’assassinat en 2005 de l’ancien Premier ministre Rafik Hariri. Bien que le jugement n’ait toujours pas été rendu, on s’attend à ce que le président syrien, Bachar al-Assad, et son allié, le Hezbollah, soient incriminés. Le Hezbollah est sur un terrain instable depuis un certain temps au milieu d’une opposition de plus en plus vive. L’opposition flagrante la plus récente venait du patriarche maronite, le cardinal Mar Bechara Boutros al-Raï, qui le mois dernier a accusé le Hezbollah d’entraîner le Liban dans une crise régionale et a appelé à la neutralité du pays.

Le Hezbollah perd en popularité et il est confronté à une résistance croissante depuis l’année dernière. D’abord, c’était le groupe le plus alarmé par les manifestations qui ont éclaté le 17 octobre. La structure actuelle du pouvoir fournit au groupe la couverture nécessaire pour ses opérations. Tout changement vers un gouvernement transparent, non confessionnel et responsable pourrait affaiblir le Hezbollah.

Il était l’opposant principal aux manifestations. Les partisans de Hassan Nasrallah et de son allié, le mouvement Amal, sont descendus dans les rues pour battre les manifestants et les intimider, pendant que le gouvernement a mis l’armée sur la touche et l’a empêchée, à plusieurs reprises, de protéger les manifestants pacifiques. Le coronavirus (Covis-19) était un cadeau de bienvenue pour le gouvernement, puisque le confinement forcé a étranglé les manifestations qui se sont rapidement essoufflées. La fatigue et les conditions économiques désastreuses ont rendu chaque citoyen plus soucieux de satisfaire ses besoins alimentaires de base que de manifester pour le bien commun du pays.