Le Hezbollah veut-il provoquer une confrontation entre l’armée et les Forces libanaises?

Le Hezbollah veut-il provoquer une confrontation entre l’armée et les Forces libanaises?
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Le Hezbollah veut-il provoquer une confrontation entre l’armée et les Forces libanaises?

Le Hezbollah veut-il provoquer une confrontation entre l’armée et les Forces libanaises?
  • Les affrontements de Tayouné ont eu lieu tout simplement parce que les citoyens normaux en ont eu assez des démonstrations de force du Hezbollah
  • Nabil Halabi, avocat et militant des droits de l’homme au Liban, écrit dans un tweet que le Hezbollah se servirait de l’incident de Tayouné pour faire pression sur la justice afin qu’elle abandonne l’enquête sur la double explosion du port de Beyrouth

Alors que les Libanais parlent de Samir Geagea comme de celui qui a «mis une claque» au Hezbollah, la réalité pourrait être autrement plus complexe.

Au cours d’un entretien télévisé, le présentateur Marcel Ghanem a indiqué à Samir Geagea que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lui a offert une cote de popularité sur un plateau d’argent, un argument que le leader des Forces libanaises (FL) s’est empressé de rejeter.

Un peu partout dans le pays, des portraits de Samir Geagea ont fleuri, car il est considéré comme étant celui qui a enfin fait face au Hezbollah. Mais ce n’est pas lui qui a amorcé ce mouvement. Avant lui, des citoyens ordinaires de Khaldé et Chowaya avaient commencé à élever la voix contre ce groupe. Les affrontements de Tayouné ont eu lieu tout simplement parce que les citoyens normaux en ont eu assez des démonstrations de force du Hezbollah, qui impose constamment ses vues dans la manière de gérer le pays. Et celui-ci détient les armes nécessaires pour se faire respecter.

En mai 2008, le groupe a prouvé qu’il était en mesure de faire usage de la force pour imposer sa volonté sur tous. Il a forcé un changement de gouvernement et réussi à faire revenir le gouvernement sur des décisions stratégiques concernant la sécurité de l’aéroport. Cependant, au fur et à mesure que le temps passe et que la situation se dégrade, le mur de la peur est en train de tomber. Les citoyens sont prêts à dire non au Hezbollah, et c’est ce qui a mené aux confrontations, tant à Khaldé et Chowaya qu’à Tayouné.

Pour rappel, Hassan Nasrallah a récemment tenu un discours de deux heures dans lequel il a tiré à boulets rouges sur les FL, les accusant d’être une milice qui a pour objectif de provoquer une guerre civile. Il a aussi précisé que le sang de ses martyrs ne sera pas versé en vain et a implicitement formulé des menaces à l’encontre de ceux qui empêcheraient que la justice soit faite.

Toutefois, une vidéo montre clairement un soldat de l’armée tirer contre un combattant armé du Hezbollah qui pointait une roquette antichar en direction d’un immeuble. Si ce soldat est traîné en justice, alors plus aucun soldat n’osera s’opposer ni au Hezbollah ni à aucune autre milice. Un procès pareil n’aura pour effet que d’affaiblir l’armée et renforcer le groupe chiite. Le problème est que le Hezbollah et Amal (parti politique) ont tous deux beaucoup d’influence sur le tribunal militaire. D’ailleurs, cet organe n’est pas soumis à la hiérarchie militaire. Et même si l’enquête n’est pas encore bouclée, il se répète dans les rues de Beyrouth que deux des trois victimes ont été tuées par les balles de l’armée.