Le nouvel accord sur le nucléaire iranien peut favoriser un climat de détente dans la région

Le nouvel accord sur le nucléaire iranien peut favoriser un climat de détente dans la région
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Le nouvel accord sur le nucléaire iranien peut favoriser un climat de détente dans la région

Le nouvel accord sur le nucléaire iranien peut favoriser un climat de détente dans la région
  • Il convient d'inclure dans l'accord nucléaire une clause imposant à tous les pays de la région de renoncer à attaquer les installations nucléaires, sur le modèle de l'accord conclu entre le Pakistan et l'Inde en 1988
  • L'Iran a tout intérêt à adhérer à un accord qui porte sur la région tout entière, y compris Israël, dans la mesure où un tel accord protégerait ses installations

Les États-Unis et l'Iran souhaitent certes retourner à l'accord sur le nucléaire. Mais tous deux se montrent suspicieux, si bien que les négociations ont été reportées à la mi-août, après l’entrée en fonction du président élu iranien, Ebrahim Raïssi.

Si Washington s'inquiète des connaissances techniques acquises par l’Iran au cours des deux dernières années concernant la technologie nucléaire, Téhéran, quant à lui, craint que ne se reproduise le scénario de Donald Trump qui s’est retiré unilatéralement de l'accord initial. En revanche, l'accord nucléaire peut contribuer à jeter les bases d'un climat de détente dans la région.

Les négociations de Vienne ont exclu toutes les autres questions, telles que le dossier du Yémen, du Liban, de la Syrie ou de l'Irak. L'Iran a en effet exigé d'aborder la question nucléaire indépendamment du reste des sujets. Téhéran a par ailleurs refusé d'inclure les pays arabes du Golfe dans les négociations, et a fait la sourde oreille aux appels demandant d'élargir la portée des discussions pour y intégrer son programme de missiles balistiques. L'Iran a pourtant intérêt à inclure les acteurs régionaux dans les pourparlers, s’il souhaite garantir la sécurité de ses installations nucléaires, visées par le passé. C'est l'Irak de Saddam Hussein qui a lancé les premières attaques contre la centrale nucléaire de Bouchehr dans les années 1980.

L'installation d'enrichissement d'uranium de Natanz a plus récemment été visée par des cyberattaques en 2010, en 2012 et en avril de cette année. En effet, toute attaque contre une installation nucléaire iranienne ne peut que nuire à l'écosystème de la région du Golfe, que se partagent les pays situés sur les deux rives.

Toutefois, l'Iran est loin d'être le seul pays de la région du Golfe ou du Moyen-Orient dans son ensemble à posséder des installations nucléaires. Israël est une puissance nucléaire depuis les années 1960, et les Émirats arabes unis (EAU) possèdent un réacteur nucléaire actif. En 2017, des membres de la milice houthie ont affirmé avoir lancé un missile de croisière en direction du site émirien de Barakah. La Turquie, l'Arabie saoudite, l'Égypte et la Jordanie prévoient de rejoindre le club des pays dotés de centrales nucléaires. Ainsi, il convient d'inclure dans l'accord nucléaire une clause imposant à tous les pays de la région de renoncer à attaquer les installations nucléaires, sur le modèle de l'accord conclu entre le Pakistan et l'Inde en 1988.

L'Iran a tout intérêt à adhérer à un accord qui porte sur la région tout entière, y compris Israël, dans la mesure où un tel accord protégerait ses installations. Il est également envisageable de conclure un autre accord parallèle, sous les auspices des Nations unies, qui obligerait les pays concernés à s'abstenir d'attaquer les installations nucléaires.