Avec le retour imminent des négociations nucléaires entre le régime iranien, l'Allemagne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU – le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine, la Russie et la France –, il est clair que tous les membres du P5+1 n’ont pas la même position concernant l'accord.
La Chine et la Russie sont plus susceptibles de s'aligner sur Téhéran en raison de leurs intérêts stratégiques et économiques. Il est donc essentiel que les Occidentaux, en particulier les États-Unis, abordent la table des négociations en position de force. Pour que cela se produise, l'Occident doit comprendre que le régime iranien cherche désespérément une relance de l'accord nucléaire pour son impact financier, allégeant les finances de l’État iranien et atténuant les sanctions.
Il est devenu clair au cours des trois années écoulées, depuis que l'administration Trump a retiré les États-Unis de l'accord sur le nucléaire, que personne ne peut complètement protéger Téhéran des sanctions américaines. Par conséquent, Téhéran a besoin de l’aval des Américains. Le journal iranien Arman-e-Meli, contrôlé par l'État, a d’ailleurs reconnu de manière surprenante samedi qu’«aucun pays, ni la Chine ni la Russie, ne pourra sauver notre économie. Nous devons essayer d’obtenir une levée des sanctions. Le moyen de sortir des pressions internes et de la (mauvaise) situation économique est de se débarrasser de la question des sanctions, qui sera résolue avec l’accord sur le nucléaire.»
Depuis que l'administration d'Ebrahim Raïssi est arrivée au pouvoir en août, elle a tenté d'accroître l'influence du gouvernement dans les négociations en faisant rapidement avancer le programme nucléaire du pays.
Cependant, la réalité sur le terrain est que le régime est à genoux et a désespérément besoin de relancer l'accord nucléaire. Il a récemment demandé aux États-Unis de débloquer 10 milliards de dollars (soit environ 8,9 milliards d’euros) pour relancer les pourparlers nucléaires. D'après un article publié par le Financial Tribune, le déficit budgétaire du régime iranien est «en passe d'atteindre 4 640 trillions de rials (soit environ 15 milliards d’euros) au cours de l'exercice 2021-2022, tandis que le gouvernement est confronté à un déficit non financé d'environ 30 %, soit 3 830 trillions de rials».

