Cela fait bien longtemps que le régime iranien semble désespérément souhaiter, et de manière flagrante, relancer l'accord sur le nucléaire connu sous le nom de «Plan d'action global conjoint» (PAGC). Cette volonté découle des contraintes financières qui pèsent sur le régime, mais aussi de la lourde pression qu'il subit dans son pays.
Dans le sillage des pressions exercées sur le régime iranien par l'ancienne administration Trump lorsque ce dernier s'est retiré du PAGC en 2018, les mollahs ont été confrontés à deux soulèvements majeurs dans le pays. Désormais ruiné sur le plan politique et économique, le régime iranien prévoit d'organiser le 18 juin une élection présidentielle factice, avec des candidats soigneusement sélectionnés et approuvés par le Conseil des gardiens du Guide suprême, Ali Khamenei.
De surcroît, le régime iranien éprouve d'énormes difficultés pour continuer à financer ses milices et ses forces, tant à l'intérieur du pays qu'au-dehors. Ainsi Hassan Nasrallah, le dirigeant du Hezbollah – un mandataire de l'Iran désigné comme organisation terroriste par les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Ligue arabe, Israël ainsi que par d'autres pays – a-t-il appelé la population à faire des dons à son groupe. C’est en 2019 que Nasrallah a lancé cet appel, pour la première fois en plus de trois décennies.
Par ailleurs, le rial iranien a chuté à plus de la moitié de sa valeur en 2020. En raison de cette baisse, la devise iranienne compte aujourd’hui parmi les moins prisées du monde. Jeudi dernier, le rial était échangé sur les marchés parallèles à 240 500 pour 1 dollar américain (1 dollar = 0,83 euro). Les mollahs au pouvoir se trouvent eux aussi confrontés à l’un des pires déficits budgétaires depuis leur prise de pouvoir voici quatre décennies – un déficit estimé à 200 millions de dollars (166 millions d’euros) par semaine. Cette situation est susceptible d’aggraver l'inflation et de dévaluer davantage la monnaie nationale.
Tous ces éléments combinés laissent présager que le régime a cruellement besoin de l'accord sur le nucléaire, dans la mesure où ce dernier permettrait de lever les sanctions primaires et secondaires que les États-Unis imposent en Iran aux secteurs de l'énergie, des banques et du pétrole. Le retour à l'accord sur le nucléaire se traduirait par un afflux de plusieurs milliards de dollars dans la trésorerie du régime de Téhéran, ainsi que par un renforcement du commerce avec l'Union européenne et des investissements occidentaux dans le pays.
C’est une première: Khamenei lui-même a reconnu mercredi que Téhéran avait besoin de conclure un accord. Lors de son discours qui marquait le début du ramadan en Iran, il a déclaré: «Nous devons faire bien attention à ce que les négociations ne deviennent pas érosives. Cela ne doit pas devenir un moyen pour certaines parties de traîner en longueur, ce qui serait nuisible au pays.»

