Le «rêve saoudien» ou l'évolution des valeurs «par la base»

Le «rêve saoudien» ou l'évolution des valeurs «par la base»
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Le «rêve saoudien» ou l'évolution des valeurs «par la base»

Le «rêve saoudien» ou l'évolution des valeurs «par la base»
  • Étudier les sociétés arabes, et la société saoudienne en particulier, c’est forcément se positionner par rapport à la notion de famille
  • «Ma mère et mon oncle voulaient que je reste et que j’exerce ce boulot subalterne, mais j’ai choisi de suivre mon propre chemin»

Étudier les sociétés arabes, et la société saoudienne en particulier, c’est forcément se positionner par rapport à la notion de famille. Dans mes travaux académiques, j’essaie de définir la modernité arabe, qui serait une façon de s’émanciper, de se construire un avenir tout en respectant un certain cadre culturel typiquement arabe. C’est souvent ce que les observateurs occidentaux ont le plus de mal à comprendre: ils imaginent que la modernisation de l’Arabie saoudite passe forcément par une voie «occidentale», alors que, dans les faits, il n’en est rien: l’Arabie saoudite et les autres pays du Golfe trouvent leur propre chemin vers la modernité.

J’en veux pour preuve l’exemple de Mohammed al-Husseini, Saoudien de 36 ans, actuellement étudiant au sein du MBA de l’Arabian Gulf University (maîtrise en administration des affaires de l’université du golfe arabique) conduit en partenariat avec l’Essec. Quand il raconte son histoire, il illustre à merveille le «rêve saoudien». Élève moyen au lycée, il se retrouve à devoir travailler très tôt comme assistant, ayant trouvé un emploi très subalterne dans l’entreprise de son oncle. Son premier salaire à l’époque est de 1500 riyals (335 euros). Mais sa voie est tracée: sa famille le destine à continuer dans l’entreprise de son oncle et à grimper les échelons, petit à petit, tout au long de sa vie.

Sauf que ce n’est pas ainsi que l’histoire va se dérouler… Elle ressemble à celle de nombreux jeunes saoudiens: «Ma mère et mon oncle voulaient que je reste et que j’exerce ce boulot subalterne, mais j’ai choisi de suivre mon propre chemin: j’ai choisi de partir vers autre chose et de suivre ma propre voie», nous confie Mohammed.

Il part alors vers une grosse holding familiale, Al-Tamimi, où il ne connaît personne, décide de reprendre ses études en parallèle, devient spécialiste des ressources humaines, et évolue doucement dans la hiérarchie. Il va donc suivre son propre chemin et progresser jusqu’à devenir directeur des ressources humaines de cette entreprise.