Les calculs qui sous-tendent les élections allemandes aboutissent à un pays dénué de politique

Les calculs qui sous-tendent les élections allemandes aboutissent à un pays dénué de politique
Short Url

Les calculs qui sous-tendent les élections allemandes aboutissent à un pays dénué de politique

Les calculs qui sous-tendent les élections allemandes aboutissent à un pays dénué de politique
  • Au début de l'été, le verdict des urnes semblait clair : les Verts de centre-gauche, en plein essor, seraient probablement distancés de peu par la CDU, parti au pouvoir depuis de longues années
  • À la fin du mois d'août, une enquête menée par l'institut de sondage Forsa, à un mois du scrutin, a révélé que le SPD devançait la CDU-CSU pour la première fois en 15 ans

A quelques semaines des élections allemandes prévues le 26 septembre, leur issue semble évidente, en termes de risque politique: L'Allemagne se dotera d'une coalition tripartite encombrante et rien ne bougera. En effet, pour déterminer le résultat de ces élections, il convient de procéder à des calculs mathématiques au lieu de se fier à la course de chevaux qui est lancée.
Mais comment suis-je à même de prévoir avec autant de certitude le résultat de ce scrutin qui décidera de la politique du pays le plus important d'Europe ? À mon avis, il faut mettre de côté la course de chevaux et se pencher sur la façon dont l'Allemagne est en réalité gouvernée.
Les actes d'auto-sabotage spectaculaires commis par Armin Laschet, candidat de la coalition de l'Union chrétienne-démocrate et de l'Union chrétienne-sociale (CDU-CSU du centre-droit), et Annalena Baerbock, candidate du Parti vert (centre-gauche), ont fait couler leurs deux partis dans les sondages ; ils sont les seuls à blâmer. Les scores médiocres des deux candidats favoris nécessitent la formation d'une coalition tripartite, pour la première fois en plus de 60 ans. En effet, c'est la seule chance de parvenir à une majorité au pouvoir, dans la mesure où aucun parti ne bénéficie du soutien de plus d'un quart de l'électorat.
Au début de l'été, le verdict des urnes semblait clair : les Verts de centre-gauche, en plein essor, seraient probablement distancés de peu par la CDU, parti au pouvoir depuis de longues années, et les deux partis devaient former une coalition stable et puissante. Mais le bon sens conventionnel ne prévoyait pas les tendances suicidaires de Laschet et Baerbock.

Laschet – l'incolore ministre-président de la grande puissance industrielle qu'est la Rhénanie-du-Nord-Westphalie – a battu de justesse son rival plus populaire, Markus Soeder de la CSU, pour devenir le candidat de la coalition CDU-CSU au poste de chancelier. Inutile de rappeler que, tout au long de la campagne, Laschet a su affirmer les raisons qui expliquent son impopularité. En juillet dernier, Laschet a été filmé hilare lors d'un hommage aux 180 victimes des récentes inondations qui ont frappé la ville d'Erftstadt, dans sa province natale.

Pendant plusieurs jours, ce comportement inapproprié a fait la une des journaux télévisés du pays. Il a montré un Laschet froid, insensible et profondément égocentrique. Impossible d'effacer cette image déplaisante, qui a semblé afficher le visage très laid de l’homme sans son masque de politicien. Ainsi, la cote de popularité de Laschet et de la CDU est tombée en chute libre.