Les citoyens iraniens ne se sentent pas en sécurité chez eux

Les citoyens iraniens ne se sentent pas en sécurité chez eux
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Les citoyens iraniens ne se sentent pas en sécurité chez eux

Les citoyens iraniens ne se sentent pas en sécurité chez eux
  • Selon le sociologue Amir Mahmoud Harirchi, un Iranien sur trois souffre de dépression et de troubles mentaux
  • Les autorités iraniennes accusent les médias ou les ennemis du pays de diffamer l'Iran et de donner au monde une image erronée d'un pays en proie à l'insécurité

Les gens doivent se sentir en sécurité pour que les sociétés progressent et restent stables. Ces deux facteurs permettent aux individus de se concentrer sur les contributions ou les services qu'ils sont susceptibles de fournir pour favoriser le succès de leur patrie ainsi que la production humaine mondiale.

À l'inverse, le sentiment d'insécurité affecte la société de multiples façons. Les pays qui souffrent de guerres civiles ou d'agressions étrangères sont bien conscients de la valeur de la sûreté et de la sécurité – du fait de leur absence. Ils travaillent sans relâche, par tous les moyens possibles, pour parvenir à la sécurité personnelle et sociale. La situation se complique lorsqu'une société estime qu'elle n'est pas en sécurité alors que l'État et les institutions gouvernementales se présentent comme un modèle du genre, affirmant qu'ils contribuent à la réalisation de ces facteurs clés dans la zone géographique qu'ils contrôlent, comme c'est le cas du modèle iranien.

Face à l'augmentation des vols et de la criminalité, les Iraniens achètent des armes pour se défendre, selon le journal Javan. La possession d'une arme à feu sans permis est un crime en Iran. Or, l'achat d'armes illégales est le seul moyen possible d'y accéder pour se défendre. Certains Iraniens cherchent à se procurer des armes à feu en ligne, malgré les difficultés qu'ils rencontrent.

Le rédacteur en chef du journal écrit: «Lorsque j'ai appelé un numéro de téléphone supposé appartenir à une annonce pour l'achat d'un pistolet Browning, le marchand a affirmé qu'il vivait dans l'une des villes de l'ouest de l’Iran et que, de là, il vendait des pistolets dans tout le pays.» En ce qui concerne la manière d'obtenir les armes à feu et de transférer l'argent, les criminels se rapprochent de leur objectif. La personne avec laquelle je me suis entretenu m'a dit qu'elle percevrait un million de tomans à l'avance et 24 millions de tomans au moment de la livraison de l'arme [1 toman = 0,00022 euro]. Le point important dans ces affaires est le dépôt de la somme initiale sur un compte bancaire fourni par le marchand à l'acheteur. Dès que l'argent est déposé sur le compte, les marchands ne répondent plus aux appels de l'acheteur. Le criminel – le marchand d'armes – est donc parvenu à ses fins et l'acheteur n’a plus de recours. Il ne peut pas porter plainte puisqu'il sait pertinemment qu'il sera jugé pour recel d'armes. Il décide donc d'oublier la somme qu'il a versée au départ.»

Compte tenu de cet exemple limpide de risque financier, pourquoi les citoyens iraniens sont-ils encore prêts à risquer leur argent durement gagné pour avoir accès à des armes à feu? En 2022, le Global Peace Index a classé l'Iran au 141e rang sur 163 pays dans le monde, ce qui reflète le faible sentiment de sécurité de la société iranienne. Selon le journal iranien Shargh, le nombre de meurtres a augmenté au cours de l'année écoulée. Le général de brigade Mohammed Ghanbari, chef de l'administration des enquêtes criminelles dans la province du Sistan-et-Baloutchistan, a enregistré 543 décès en quarante-quatre jours, soit une moyenne de 12 décès par jour entre le 16 mars et le 28 avril 2022.

Le taux de vol, quant à lui, a bondi de 340% entre 2016 à 2021. Il a atteint plus d’1,4 million d'incidents en 2021, avec plusieurs signalements relatifs aux vols de plaques d'égout, de câbles électriques et de communication, ainsi que de panneaux de signalisation. De son côté, le journal fondamentaliste Javan a déclaré en février 2017 que les citoyens iraniens possédaient plus de 3 millions d'armes.

En 2015, selon une étude nationale sur les conditions sociales, culturelles et morales de la société iranienne, seulement 52% des personnes interrogées ont déclaré se sentir en sécurité. Le sondage susmentionné montre à quel point les normes morales de la société se sont détériorées aux yeux des citoyens. Environ 72% des individus sollicités ont déclaré que le mensonge était répandu dans la société, 65% ont estimé que l'hypocrisie et la prétendue piété prévalaient, 68% ont déclaré que la fraude et la tromperie étaient courantes, tandis que 66% ont indiqué que la flatterie était utilisée comme moyen de persuasion. Par ailleurs, 52% des personnes interrogées estiment que la méfiance est monnaie courante et 55% se plaignent d'une forme d’usure au sein de la société.