Le président américain, Joe Biden, s'est rendu la semaine dernière à Jérusalem dans le cadre d'une visite éclair (assortie d'une escale à Bethléem). Il s'est rendu par la suite à Djeddah pour une visite de deux jours, vendredi et samedi. L'humeur de la communauté internationale n'a pas facilité ses efforts ou ses aspirations. Yaïr Lapid s'est prononcé en termes énigmatiques sur cette courte visite, après le départ de M. Biden pour Djeddah. Le Premier ministre israélien a en effet déclaré que celle-ci avait permis «de réaliser des avancées dont nous ne pourrons parler avant des années». Nous serons tous impatients de comprendre quelles sont ces réalisations.
Même si cette visite a fait couler beaucoup d'encre pendant de longs mois, ses résultats restent méconnus. L'administration Biden fait fi depuis bien longtemps du projet chouchou de l'ancien président Donald Trump, en l'occurrence les accords d'Abraham. Au moment où ces accords ont été initiés par Donald Trump, ils ont pris l’allure d'une Otan arabe. Cependant, le Moyen-Orient n'est pas prêt à accueillir ce genre d'idées. Cette question a été reléguée au second plan lors de la visite de M. Biden.
En effet, l'administration américaine est confrontée à un véritable casse-tête: l'invasion de l'Ukraine par la Russie et la flambée des prix du pétrole. M. Biden a été contraint de supplier le plus grand producteur de pétrole du monde, à savoir l'Arabie saoudite, pour qu'il augmente sa production de pétrole de manière à pallier l'insuffisance des livraisons russes.
Lors de sa visite, M. Biden a réitéré son soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Ce sujet a retenu l'attention des pays arabes. Cependant, le problème réside dans les détails de cette question centrale. En effet, le président Biden a la réputation de servir généreusement les intérêts des Israéliens, ce qui risque de déplaire aux pays arabes. Si la position américaine aboutissait à la confiscation des territoires palestiniens en Cisjordanie, il serait probable que de nombreux pays arabes réagissent.
Rien ne laissait présager que M. Biden inverserait la décision de Donald Trump de transférer l'ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem. Par cette mesure, les États-Unis ont changé de cap à l'égard de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qu'ils avaient pourtant appuyée en 1947. La résolution 181 prévoit la partition de la Palestine en deux entités (un État arabe et un État juif) et accorde à Jérusalem le statut spécial de corpus separatum (terme latin du droit international appliqué à une ville ou une région à laquelle est donné un statut juridique et politique spécial, différent de son environnement, mais qui ne peut être une entité politique souveraine ou une cité-État indépendante, NDRL), ce qui lui confère le statut de cité-État indépendante.

