Contrairement à de nombreuses prévisions, le redressement du monde après la pandémie de Covid-19 n’est pas une transition en douceur vers la normalité prépandémique. Les crises énergétiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les pénuries de puces et la menace persistante d’une reprise épidémique menacent de faire basculer le monde.
En conséquence, la menace qui pèse sur le plan d’action mondial de lutte contre le changement climatique est encore plus importante, car ce dernier repose sur une transition des économies mondiales vers les énergies renouvelables avec le moins de perturbations possible.
Supposons que les crises existantes – comme les chaînes d’approvisionnement mondiales qui ne se rétablissent pas avant 2022 ou les liaisons aériennes régulières qui ne reprennent pas avant une demi-décennie – continuent de compliquer les reprises post-pandémiques. Dans ce cas, les objectifs communs seront mis en danger au moment où des ambitions plus grandes et des actions plus audacieuses sont nécessaires.
La détermination de la région et du reste du monde ne devra pas faiblir. Nous devons considérer les crises actuelles comme une preuve de la nécessité de renforcer la résistance des chaînes d’approvisionnement, des transitions énergétiques et des transformations économiques mais aussi de favoriser une coopération approfondie contre les menaces communes pour anticiper les futures crises mondiales.
Malgré tous ses défis et ses failles, la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (Mena) se trouve au cœur de ces récentes évolutions, compte tenu de sa situation géographique unique, du monopole qu’elle exerce sur les goulets d’étranglement maritimes, des ressources en carburants fossiles, des déserts riches en soleil et des populations relativement jeunes, pour ne citer que quelques caractéristiques.
Cependant, exploiter ce potentiel nécessite un autre type de leadership et d’engagement, étant donné les innombrables complications – provoquées ou non par l’homme – qui poussent le monde au bord du gouffre.
Les gouvernements précédents et les sociétés du monde arabe disposaient en quelque sorte d’une position privilégiée, qui leur permettait de reporter des interventions critiques de peur de bouleverser des contrats sociaux de longue date, élaborés sur la base de compromis précaires entre des données démographiques, des intérêts et des influences disparates. Cependant, tous les futurs scénarios post-Covid-19 ont radicalement changé, entravant les reprises indispensables.

