La voiture du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a récemment grillé un feu rouge et percuté un autre véhicule, blessant deux personnes. Cela symbolise parfaitement la carrière politique de Ben-Gvir et le mal qu’il cause, même lorsqu’il est assis sur la banquette arrière. Que dire alors lorsqu’il s’empare des rênes de l’un des ministères les plus sensibles du pays?
L’accident de la route s’est produit alors qu’il se rendait à son énième entretien télé. Cet homme politique suprémaciste juif est, dans une large mesure, le produit de l’occupation de la Cisjordanie par Israël et de son oppression du peuple palestinien. Mais il est également le produit des médias, qui lui ont donné, ainsi qu’à ses opinions déplorables, un temps d’antenne disproportionné et excessif bien avant qu’il soit au cœur de la politique.
Pour les producteurs et les présentateurs d’émissions télévisées, il était considéré comme un ovni, un ultranationaliste qui ajoutait du piquant au débat, mais il n’y avait aucun danger que ses opinions se reflètent dans les politiques officielles du gouvernement.
Ils avaient tout à fait tort. Ces apparitions l’ont rendu célèbre. Il n’est plus simplement le voyou, le colon, qui renverse les étals palestiniens sur le marché d’Hébron et dit à l’un des commerçants: «Allez en Syrie. Nous sommes les seigneurs du pays ici» ou qui participe à ce qui est désormais connu sous le nom de «Mariage de la haine». Il s’agit d’un événement au cours duquel des hommes et des enfants dansent et chantent: «Ô Dieu, s’il te plaît, donne-moi la force nécessaire afin que je puisse me venger des Palestiniens.»
Il est désormais membre du gouvernement, sa politique est tout simplement une politique d’apartheid et il la présente sans scrupules ni honte.
Ces dernières semaines, les propos antipalestiniens des représentants d’extrême droite à la Knesset et au gouvernement sont devenus encore plus malveillants. Il existe une forte corrélation entre les niveaux d’incompétence démontrés par la plupart des membres du gouvernement actuel dans l’exercice de leurs fonctions et le langage au vitriol qu’ils lancent à l’encontre de leurs rivaux politiques, de la minorité palestinienne en Israël et, plus fréquemment encore, de celle de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Il s’agit d’une tactique classique et déplorable de la part de ceux qui ont de fortes tendances fascistes pour dévier du simple fait que le populisme qui les a menés jusqu’au pouvoir n’est guère utile ou applicable lorsqu’ils font effectivement partie du gouvernement.
Il serait difficile de trouver des personnes moins qualifiées pour les postes de ministre de la Sécurité nationale et de ministre des Finances que Ben-Gvir et Bezalel Smotrich respectivement; et dans le cas de ce dernier, il est également très peu qualifié pour son rôle de ministre de la Défense, avec des pouvoirs étendus sur les questions civiles en Cisjordanie qui lui permettent d’y consolider la politique expansionniste d’Israël tout en contrecarrant les projets de développement palestiniens.
Dans sa dernière crise depuis son cadre favori – un studio de télévision – Ben-Gvir affirme sans détour et sans vergogne: «Mon droit, le droit de ma femme et de mes enfants de se déplacer en Judée et en Samarie est plus important que la liberté de mouvement des Arabes.»
On n’assiste à aucune condamnation de la part du Premier ministre Benjamin Netanyahou ou de tout autre membre du gouvernement ou de la coalition. Leur silence peut uniquement être interprété comme un acquiescement quant à la politique de Ben-Gvir.

