La représentante du Michigan, Rashida Tlaib, a proposé ce mois-ci une résolution appelant le Congrès américain à reconnaître la Nakba, au cours de laquelle des terroristes juifs préisraéliens ont massacré des civils palestiniens et forcé des chrétiens et des musulmans à fuir leurs maisons. C’est la première fois qu’une résolution du genre est soumise au Congrès qui, souvent, ressemble plus à un rassemblement pro-israélien qu’à un espace où règnent la vérité, la liberté et la démocratie.
Contrairement aux affirmations vicieuses selon lesquelles la résolution est antisémite, la proposition de la représentante est intitulée «Reconnaître la Nakba et les droits des réfugiés palestiniens» – une demande aussi honorable que toutes celles qui ont jamais été présentées dans les salles biaisées du Capitole américain.
Les comités d’action politique pro-israéliens dépensent des centaines de millions de dollars pour intimider les membres du Congrès afin qu’ils votent comme bon leur semble au risque de subir leur colère au moment des élections. Urban Empowerment Action, un comité d’action politique qui défend le gouvernement d’Israël, a annoncé la semaine dernière qu’il prévoyait de dépenser un million de dollars (1 dollar = 0,93 euro) pour tenter de renverser la représentante Tlaib lors des élections primaires démocrates du 2 août.
Les ennemis de Rashida Tlaib ont également pris pour cible un rassemblement que l’activiste propalestinienne a organisé ce mois-ci pour soutenir la reconnaissance des droits et de la liberté des Palestiniens à Jérusalem-Est et contrer les récits biaisés et unilatéraux dans lesquels les droits des Palestiniens sont dénigrés et faussement taxés d’antisémites.
Le terme antisémite n’a plus aucun sens dans le lexique américain, puisqu’il a été complètement déformé et détourné de sa véritable signification de préjugé contre les juifs. Il a été transformé en instrument politique contre quiconque critique les politiques racistes et d’apartheid du gouvernement d’Israël.
Dans son discours lors du rassemblement, la représentante du Michigan a légitimement dénoncé le gouvernement d’apartheid d’Israël et appelé les Arabes, les musulmans et les Palestiniens à porter haut la cause palestinienne aux élections de cette année pour contrer le parti pris pro-israélien. Cependant, les médias pro-israéliens se sont concentrés sur les commentaires d’Oussama Siblani, qui est l’un des journalistes les plus professionnels de la communauté arabo-américaine et l’éditeur du seul hebdomadaire arabo-américain. La plupart des rivaux de son journal ne peuvent résister aux calomnies qui sapent leur capacité à vendre de la publicité pour couvrir leurs frais de publication.
S’exprimant lors du rassemblement pour la Palestine et Jérusalem, M. Siblani a fait l’éloge des Palestiniens qui ont résisté à la violence de l’armée israélienne et du mouvement raciste des colons juifs. Il y a deux semaines, des tireurs d’élite israéliens ont abattu la journaliste chrétienne palestino-américaine Shireen Abu Akleh. Après avoir initialement imputé le meurtre à des tirs palestiniens perdus, les responsables israéliens ont finalement reconnu qu’il a été commis par leurs soldats. Cependant, ce meurtre est écarté des gros titres par des militants pro-israéliens qui pensent contrôler suffisamment les médias américains pour empêcher les Américains de reconnaître l’importance qu’un pays étranger puisse tuer des citoyens américains.
M. Siblani a exhorté les militants à «se battre dans la mesure de leurs moyens» pour une Palestine libre. Ses propos ont été sortis de leur contexte par les ennemis antiarabes qui ont suggéré qu’il encourageait les gens à se tourner vers la violence. En réalité, M. Siblani essayait, à juste titre, de mettre en garde les militants qui risquent d’être abattus comme la journaliste Abu Akleh. Il les incite à se défendre et à résister à la violence d’Israël. Aucun des articles attaquant la représentante Tlaib et M. Siblani ne détaille comment les soldats israéliens tuent des Palestiniens, y compris des enfants, lors de raids délibérés chaque semaine.
Tout Palestinien qui utilise un langage cru pour critiquer Israël ou protester contre la brutalité du gouvernement israélien est qualifié de «terroriste» aux yeux de ces personnes. Cette accusation est incontestée dans la plupart des médias d’information occidentaux biaisés, tandis que la distorsion du contexte est un autre thème récurrent. La rhétorique des Arabes et des musulmans est exagérée et la rhétorique plus violente des dirigeants israéliens et juifs est ignorée.

